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La lave lave |
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Paroles _ Denis Guépard (novembre 2011)
Je tremble à mille Sur l’échelle de misère La lave lave La vie contaminée Oubliez Dieu Il n’y a rien Que le parfum du souffre
Je suis le volcan Mort aux sourds À chaque fois la même inconscience Ça ne peut plus continuer Comme ça
Je crie haut et fort Je suis la blessure béante Ont-ils assez détruit aujourd’hui Profité du beau temps pour se raser Une forêt d’impudeur Ils ont bien ri hier au Ritz Tandis que coulait le mazout Dans une mer morte près de chez vous
Je suis la bouche de dégoût À chaque fois La même innocence Ça ne peut plus continuer Comme ça Ou autrement
Je tremble à mille Sur l’échelle de misère La lave lave La vie contaminée Oubliez Dieu Il n’y a rien Que le parfum du souffre
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Vertige |
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Texte _ Denis Girard (février 2011)
Je sens un vertige ça tourne et j’ai peur je cherche ma montre pour l’heure. Je fige comme si j’avais perdu, une idée sur le coin d’une rue je ne sais plus très très bien l’endroit le lieu et le chemin, où suis-je? ce n’est pas ma maison cet homme, mais quel est son nom, c’est mon fils comment avais-je oublié, dans mon ventre et toutes ces années, a-t-il lui aussi des enfants? combien? sont-ils petits ou grands? C’est magique de pouvoir reparler des gens après tant d’années. Le fil de l’intimité renaît pour lui raconter ce qui est vraiment arrivé, repenser et retrouver ce qui m’avait échappé, la panique. J’ai si peur de mourir. La nuit quand va-t-elle finir j’ai d’la misère à respirer mon cœur va-t-il me lâcher cette chambre je ne la connais pas. J’entends du bruit et des pas, les portes sont-elles bien barrées va-t-on venir m’attaquer? C’est pénible j’ai mal à mes jambes, j’essaie un peu de me lever les crampes je vais m’écraser, la marchette vient de me sauver. J’ai la vie, il fait si beau aujourd’hui, la belle tranquille, la vie facile, ma fille me sert à dîner je suis comblée et rassurée encore une belle journée, je chante, elle rit, elle fait tout pour me gâter quelle chance j’ai d’être entourée je suis fière j’ai réussi ma vie. Le fil défile raconte mon destin je lui parle de ce dont je me souviens ma famille comme les doigts de ma main trois fils tous bien instruits une fille ma meilleure amie un seul homme mon amour mon mari. Parti de l’autre côté d’la vie. Hier il m’a tellement adoré, en fou durant toutes ces années il n’était pas facile à vivre mais c’était l’homme du grand livre le livre de ma belle vie, ma place est vraiment ici un vrai supplice, tous ces médicaments, le prix pour mes beaux moments. On me dit que j’ai encore vieilli mais l’âge ne m’a jamais rien dit, j’ai l’âge doux de mon cœur pourquoi est-ce que l’on meurt je suis inquiète ça m’agace et m’embête pendue au dessus de ma tête l’horloge j’ai peur qu’elle s’arrête qu’y a-t-il après la vie, et si Dieu m’avait trahie. Ne me parlez pas d’espoir il n’y a que la vie. Ah ce vertige, je tombe dans le vide un trou si grand c’est terrible personne pour me retenir je prie qu’on vienne me secourir ma chute ne va jamais finir des heures peut-être des années je cherche des yeux que je connais des vieux des jeunes des sœurs des curés. Mais il n’y a que des étrangers. Qui me sourient comme des amis, je les ai jamais vus de ma vie mais peut-être les ai-je déjà rencontrés ailleurs il y a des années je deviens folle partout tout est noir un mur de nuit quelque part je crie pas le moindre espoir personne ne m’a entendu savent-ils que j’ai disparu? ils vont venir me chercher ils vont pas me laisser tomber. Je n’ai plus mal nulle part, ça c’est pas normal un peu bizarre ça ne m’est jamais arrivé, les pilules m’ont-elles droguée, il faut attendre ne pas s’énerver et si c’était ça la mort, j’étouffe, je sens que je pars, mais non, je m’affole et j’ai tort. J’ai vraiment, vraiment peur. Tellement que c’est presqu’une douleur. Patience, je suis toujours vivante. Le vertige est là dans mon ventre.
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Mis à jour le Jeudi, 24 Février 2011 22:10 |
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Les murs |
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Texte _ Denis Girard (novembre 2010)
Les murs murmurent près des portes fermées Les murs susurrent leurs rêves cachés Les murs c’est bien connu Ont de larges oreilles Dressées tout en pointu Pour cueillir les merveilles Les secrets nébuleux Des hommes qu’on enferme Entre tous ces murs Qui s’érigent dans la pierre
Les murs même s’ils sont durs Bien plus durs que l’acier Finissent c’est bien sûr Un beau jour par tomber Il suffit parfois d’un concert de trompettes Qui tourne autour de soi Comme pour une conquête Ça dure parfois des années Avec des soldats à la guérite Et puis sous le concert des voix Ils s’égrainent et s’effritent
Les murs poussent autour des châteaux Et des gros bungalows Ils sèment la colère Pour tous les droits bafoués Les terres volées Les populations affamées De cruels injusticiers Les peuples lancent des jurons Et s’haïssent en silence Les rockettes et les kamikazes Explosent à pleins gaz Sur les places publiques
Les murs chantent les raisons Et commandent à foison D’autres immenses murs de béton Pour empêcher la guerre Ils n’ont jamais compris Que dans tous les pays Naît la soudaine envie Lorsqu’ils sont bâtis De les jeter à terre
Berlin Gérico Israël Rêvent de milliers de ponts Pour unir les maisons Au-delà des religions Qui emmurent la raison Et divisent les hommes Sur le pont d’Avignon Ou de Sarajevo Monte un chant nouveau De paix planétaire Les hommes sont fatigués Ne croient plus aux armes Des vies enfermées Ils ont trop vu de larmes Dans les villes fortifiées
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Mis à jour le Vendredi, 19 Novembre 2010 15:44 |
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Un homme tient un révolver |
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Texte _ Denis Girard (2010)
Dans un gros bourg cossu et florissant du nord de ce pays Où les gains de capital font rêver les tout-petits Un vieil homme tient fermement un revolver au bout de sa main Il se prépare depuis longtemps le choix de l’arme les cours de tir Il n’a rien laissé au hasard il a tout planifié minutieusement Il est dans son droit et ses intentions sont louables Il veut punir un salaud écraser un être méprisable Il met en joue un financier qui a ruiné beaucoup de petits travailleurs Il leur a volé leur retraite les efforts de toute une vie L’homme d’affaires vient de recevoir sa liberté conditionnelle Le vieil homme l’attendait à la porte de la prison Le vieil homme connaît plusieurs de ses victimes L’une d’entre elles s’est donné la mort découragée Cette personne était le père du vieil homme et il a décidé de le faire payer
Il ne croit ni à Dieu ni aux hommes Il n’a plus rien à perdre sa femme vient de le quitter pour toujours Il a décidé de faire quelque chose d’utile pour la vie Il va débarrasser la Terre d’une charogne Il ne ressent aucune culpabilité juste une joie secrète Comme quand on est sûr de faire le bien La justice laisse les crapules voler impunément les pauvres gens Il faut bien que quelqu’un s`en occupe vraiment Il se sent suffisamment généreux pour défendre cette cause Les voleurs de vie sont nombreux par ici
Un jeune homme le suit de loin une carabine à l’épaule Il a le doigt sur la détente il suit le vieil homme dans sa mire Il veut bien faire son travail de policier frapper au bon moment Il doit tirer son épingle du jeu, montrer ce qu’il sait faire Il sue tant il a peur il doit agir au plus vite Mais le temps s’étire à n’en plus finir Son téléphone vibre sans arrêt Est-ce son capitaine, un collègue qui sait Il peut tout perdre à répondre
Le suspect au bout du fusil Qui est au bout du fil Il est responsable de la surveillance La moindre erreur et son poste est perdu Tout peut changer en un instant Soudain le vieil homme appuie sur la détente Le financier s’écroule une balle en plein front Il n’a eu aucune chance mort sur le coup Le policier est atterré sa main tremble il doit faire quelque chose Il tire à son tour pour ne pas laisser le vieil homme s’échapper Le vieil homme se retourne en se tenant l’épaule Le policier fait feu à nouveau pour l’empêcher de fuir La balle traverse la poitrine du vieil homme qui s’écroule
Un jeune homme de 18 ans regarde le film à la télévision Il approuve la conduite des deux hommes Il y a des moments dans la vie où il faut agir Tuer parce qu’il faut punir un crime odieux On peut tuer quelqu’un si on a une bonne raison C’est une affaire de logique Il faut que justice soit faite à tout prix Ses parents viennent de divorcer Son père a abandonné sa mère pour une autre femme Dans sa religion c’est très mal une faute très grave Et sa mère ne cesse de pleurer depuis des jours et elle veut mourir Il ne sait plus quoi faire il a peur pour elle Sa jeune sœur de 14 ans a pris la défense de son père Elle refuse de consoler sa mère et elle l’accuse Ils s’engueulent et elle pleure et il essaie de raisonner sa soeur Elle se moque de lui et l’envoie promener Un soir après une chicane la sœur frappe sa mère au visage Elle s’enfuit dans sa chambre Le grand frère la force à ouvrir Il faut mettre de l’ordre Protéger sa mère de toutes ces blessures du monde de son père C’est une affaire de logique La raison est de son côté Le jeune homme prend son couteau et frappe sa sœur Elle s’écroule Le jeune homme ressent une immense paix Il ne regrette rien Il regarde le sang dans sa main et il pleure
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Mis à jour le Lundi, 06 Septembre 2010 09:05 |
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Le silence |
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C’est bon d’écouter le silence On a dit qu’on l’avait muselé Alors on est sûr de ne rien entendre Mais c’est surprenant au début Mais si on prend la peine de tendre l’oreille Sans se laisser distraire par les mouches qui volent C’est renversant de le constater Mais il parle le silence et Ce qu’il raconte on a beau se boucher les oreilles On est forcé de l’entendre
Il parle des gens qui courent sans trop regarder Ils ont une idée en tête et elle prend toute la place Ils veulent y arriver coûte que coûte, alors Ils foncent Tous ces gens qui se démènent et frappent les pavés pour arriver à temps Ça fait un bruit d’enfer, comme une armée marchant au pas vers le combat Et c’est normal car les soldats eux aussi ils se dépêchent Pour faire quelque chose qu’ils n’aiment pas Comme tuer des gens
Le silence observe et regarde ceux qui le brisent Et il se tord de rire, un rire de la tête qui passe inaperçu Un rire sur l’inutile, sur les bruits de l’existence Un rire sur les grimaces que font les gens lorsqu’ils font quelque chose qu’ils n’aiment pas Et il n’y a rien de plus facile que d’écouter la raison Et elle est forte la voix de la raison Elle veut toujours nous forcer à faire ce que l’on déteste Et elle gueule des ordres à tout rompre dans le fond de chaque conscience pour se faire écouter Et l’humanité l’écoute religieusement Et laisse les agendas contrôler la vie au rythme du tic-tac De l’horloge que l’on a greffée au bras de chaque personne humaine Pour contrôler le travail qui ne nous donne souvent rien Pour nous remplir le cœur et qui nous use au jour le jour
Le silence ouvre son œil immense sur la beauté de la lumière Il court les sous-bois et flâne à la surface des lacs Se laisse bercer par le vent dans la crinière des arbres Le silence est sourd comme un pot, rien ne peut l’atteindre Il ne reçoit d’ordres de personne Il ne se presse jamais pour répondre aux attentes des autres Il a tourné ses oreilles vers l’intérieur de lui-même Et vit au rythme du souffle qui monte en lui et redescend, inlassablement Rien ne vient bouleverser son rythme si ce n’est le secret de sa paix intérieure Le silence est amoureux, et c’est cela qui lui a bouché les oreilles à jamais Car tout le monde le sait, les amoureux sont seuls au monde et s’aiment en silence Au fond de lui, la passion le transporte et il tremble de plaisir devant tout ce qu’il découvre Il voudrait crier tellement son émotion est grande Mais il ne veut rien gâcher alors il se tait et reste bouche cousue Pour ne rien gâcher
La beauté l’a hypnotisé et il la regarde changer de forme à chaque seconde Ici c’est une jeune femme gracieuse fragile dans sa robe blanche Là un hibou aux yeux jaunes, immobile au milieu du bois Il connaît aussi la laideur qui surgit partout avec fracas Et brise l’harmonie avec le malaise qui la fait souffrir dans chaque parcelle de son corps Et il se sent si triste quand il lui fait face qu’il préfère ne rien dire Le silence voudrait parler de la mort qui est si semblable à tout ce qu’il connaît de la vie Il l’entend qui guette et ça l’inquiète Car il ne sait jamais quand elle va frapper
Alors il choisit de se moquer d’elle Car il connaît tous les petits bruits qui la trahissent Et il sait qu’il l’accompagnera partout où elle ira Et son rôle de témoin lui donne le pouvoir de celui qui sait Qu’elle n’a aucun plan aucune stratégie et qu’elle est un peu folle et Regrette toujours tous les gestes qu’elle pose et répète sans cesse que Ce n’est pas sa faute et Elle tente de se laver les mains, mais elle hurle lorsqu’elle aperçoit les taches rouges Du sang qui lui souille les mains
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Mis à jour le Samedi, 14 Août 2010 14:54 |
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Les mots vont me sauver la vie |
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Un seul mot Le bon mot Le mot juste Prononcé Sans penser Insensé Illogique Mais si vrai Qu’on savait Qu’il faudrait Le crier Pour tous ceux Qui se taisent
Les mots vont me sauver la vie comme une barque de sons sur les marées du silence Tangue, tangue les cris de ma démence Donnez-moi la clef maîtresse Celle qui ouvre les ciels gris Tous les royaumes ensevelis Les cités d’or et de lumière Les plus sûres de toutes les frontières Les secrets qui dorment écrits Sur la paume d’une reine morte Les mots font les histoires Gardent le plus pur de la mémoire Ils se connaissent tous entre eux Ils ingurgitent le pire et le mieux Susurrent des confidences Déclarent les guerres Signent les paix, avec la même confiance Crie la douleur et la jouissance, avec le même plaisir Comme si tout cela avait un sens Les mots n’écoutent pas ce qu’ils disent, renient ce qu’ils ont signé Les mots ont mauvaise conscience Vivent de trahison en exil Les mots vivent sur une île Sur une mer d’inconscience Les mots ne servent qu’un seul maître C’est lui qui les a inventés à son image et à sa ressemblance Les mots sont humains Il ne faut pas se surprendre s’ils ont un prix Celui que fixe la bourse de New York et de Tokyo Les mots voyagent en première Sur tous les continents de la terre Il faut travailler longtemps pour bien les connaître et pour les découvrir Les laisser vous envahir Il faut arrêter de penser et les laisser vous guider Croyez-moi ils vont décider Tous les écrivains sont des marionnettes Ils écrivent pour donner un sens à leur pauvre vie Comme moi menotté à ce clavier à croire et à espérer Retrouver quelques miettes de mon essence sous la sueur et l’encre
Les mots n’ont pas d’oreille Ils parlent sans s’arrêter Pour vite se libérer Du bâillon du silence
Les mots cherchent le sens Au fond sous la routine Les mots nous imaginent Libérés de nos panses
Les mots sont nos alliés Pour tout recommencer Au cœur de la nature Sans combat, sans rupture
Les mots sont magiciens Les solutions parfaites Les projets, les recettes Jaillissent de nos mains
Des mots automatiques Enchaînés mécaniques L’invention synthétique Des humains erratiques
Ils peuvent m’aider, je suis désemparé Je cherche un sens à ma vie Ne riez pas je suis meurtri De tous les silences de la terre Sur les plus lourds mystères Qui m’entourent et me tourmentent Toujours cette folle démence De ne pas savoir ni le comment ni le pourquoi de la vie Tous les désarrois les délits contre la nature humaine Sur les plaines immenses et lointaines Et puis tout près de moi la stupidité des lois Qui s’érigent souveraines pour protéger les rengaines De ce dieu très pourri La très sainte économie On ne peut pas être contre la richesse Florissante et proprette Tout habillée de blanc Vêtue de soie et d’ornements Toutes les vies de l’occident sacrifiées inutilement À entasser des vêtements, des bijoux et des cassettes Des voitures et des maisonnettes Le dernier cri des ordinateurs, dévalué après une heure Les pistolets de ces tueurs Les forces armées de la terreur Embrigadés contre la peur De voir le mal en habit noir Faire la course sur nos trottoirs Derrière le bien en froufrou blanc Pauvre victime de l’étranger Venu pour nous assassiner Et les étudiants très très sérieux Qui étudient de leur mieux Pour entrer sur le marché de la dépense La panse pleine on s’en balance De ceux qui se gaspillent dans la boucane La poudre blanche et la bière dense Il faut bien compter ses sous Se tailler une place bien à nous Un palais d’or sur une montagne Entouré de jolies femmes épatées et subjuguées Par ma riche virilité Tous les hommes que j’aurais vaincus Au jeu du marché et des écus Attachés comme des infidèles À mes pieds suppliant que j’épelle Une fois leur pauvre nom Pour les sortir de ce donjon Médiocre et sans lumière Des pauvres de la terre Qui n’ont pas su faire des affaires Où est le tiers monde Celui qui meurt de faim Qui se tire toujours dessus Celui qui n’en peut plus Mais qui possède des richesses naturelles Tellement immenses et tellement belles Qu’il y a toujours un bon samaritain Qui l’aide un peu comme ça pour rien Et se souvient soudain de la raison de sa venue Faire du blé au plus sacrant et repartir en riant Comment mettre à nu jusqu’à l’os Comment mettre à l’os nu Les complots les traquenards Les doubles faces et les cigares Les connivences les stratagèmes De toutes les races humaines Blanche, noire, rouge ou verte La couleur de la peau ne peut pas nous aider À retrouver la vérité Un semblant d’humanité Les loups sont dans la bergerie Tous les jours en plein midi Il faut fermer son cœur à clef Notre voisin est détraqué Paniqué, effrayé Comme moi comme nous Je cherche un homme avec une lampe à la main Au milieu d’un désert Le désert de la ville En plein soleil au milieu de la foule Parmi des étrangers sans yeux Je cherche un homme qui fait vraiment ce qu’il aime Le beau, le bien, le vrai, le pur Ouvert sur sa profonde nature Sans marcher sur les pieds de personne Au-delà du ça de l’ego et du surmoi Un être sûr de soi Sans trop l’être évidemment Et puis j’ai cinquante millions d’années Ça vous cogne sur le nez Et tous les pépères que je fréquente Pris de la tête ou bien du ventre Avec une litanie de petits maux Comme le plus lourd de tous les fardeaux Parlent de la retraite prochaine Délivrance souveraine Vers le vide et le repos Et la mort certaine Qui nous guette au tournant Comme Marc, François et Richard Qu’on a enterré en pleurant Sur notre propre misère Et il faut donc en profiter De l’argent qu’on a amassé Enfin le mot est lâché Avant que de crever Et c’est à cette heure de vérité Que toute la futilité Des grandes quêtes humaines Apparaît violente et soudaine Sous son plus triste jour Les mots ont un secret pouvoir De s’entrechoquer dans le noir De ma petite cervelle Et de rechercher sur le clavier Lumière et clarté La rime ne peut pas se tromper Elle ne sert aucun maître Elle peut autant faire apparaître La bêtise la plus charmante Et la profondeur la plus affolante Qu’on s’en vexe ou s’en enrage Les mots accouchent de trous noirs Dans la galaxie des espoirs humains.
Les mots vont me sauver la peau Je marcherai au fond des eaux !
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Mis à jour le Samedi, 14 Août 2010 14:58 |
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On ne peut échapper à la solitude |
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Texte _ Denis Girard (2004)
On ne peut échapper à la solitude C’est du genre humain la cruelle habitude On peut tendre la main Courir tous les chemins Un étrange destin Nous retient C’est le mien C’est le tien L’amour n’y peut rien L’amitié encore moins
Tu peux te lancer Dans des projets insensés Goûter de la vie Les plus merveilleux fruits Vivre en avant de ton temps Les plus précieux moments Sans jamais t’arrêter Chercher la vérité Elle t’attend Comme un vieux miroir Au fond de ta mémoire Insolent
On ne peut éviter de se retrouver Dans le silence Quand les derniers accords Résonnent encore Au creux de ton corps Vides de sens Quand les tendres mots Sonnent les plus faux Absence
On ne peut se consoler De la beauté gaspillée De ce talent étouffé De ces amis perdus Lorsque les souvenirs Viennent nous envahir Sans défense Les murs n’ont jamais d’oreille Les portes claquent le réveil D’un étrange sommeil L’existence Et l’on écoute les bruits D’une maison assoupie Et l’on se sent si seul Que la vieillesse nous semble Une solution
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Mis à jour le Jeudi, 14 Janvier 2010 16:57 |
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