Jacques Barbeau : le chantre des souvenirs (hommage)
Paroles : Denis Girard. Musique : René Béchard. Voix : Élyse Béchard, René Lefebvre.
Le peintre vit dans ses souvenirs Il met les voiles sur ses toiles
Le peintre vit dans ses souvenirs Au cœur de ce petit village Où la magie dessinait les images De la vie d’un peuple sage Qui grandissait sans ambages Sous l’œil du curé qui veillait Ses ouailles qui pêchaient le plaisir De l’évêque drapé dans sa prestance Avec grâce et fière contenance La vie était faite de dimanches Où le bonheur chantait au jubé
Son pinceau sait le rajeunir Ouvrir les chemins des étoiles
Le peintre parle de son village Quand la vie faisait bon ménage Le diable jouait les bedeaux Derrière la chaire pour les sermons Le curé prêchait comme un démon Le ciel tournait au bleu l’enfer au rouge La quête encaissait les dollars Le clergé veillait sur l’or et le grain Les bonnes sœurs en soutanes Angéliques sous leurs cornettes Se rendaient gaiement à la messe Les cloches sonnaient les saisons
Son chevalet sait le conduire Au-delà des masques et des voiles
Le peintre ricane avec malice Des péchés cachés sous la table Du printemps au sirop d’érable Des amoureux aux épousailles De la carriole qui se rend à l’office Des chevaux dansant en cadence Sur la neige blanche du matin Il suit l’habitant au bout du champ Posant la fourche après les foins Goûte la miche du bon pain Récite le chapelet à genoux Court les hôtels avec les filous
Il parle en ombres et en lumière Devine les figures et les signes
Le peintre construit des énigmes Son pinceau trace les lignes Cache les rêves et les secrets Il raconte les joies et les drames De toutes ces bonnes âmes Qui accouchent de ses mains Il fait jaser sur ses toiles L’oiseau et la feuille de l’arbre Construit le calme et l’harmonie Il connaît de Dieu les largesses Donne la vie avec noblesse S’abandonne au pire des courroux Tue celui qu’il désavoue
Il perce les regards des pierres S’abreuve aux célestes vignes
Le peintre s’abandonne à l’ivresse Des jolies filles que la nuit caresse Le violon met le cœur en liesse Les hommes dévissent les flacons On trinque à la bonne récolte Aux petits qui entrent à l’école Aux promesses folles de l’avenir Demain comblera tous les désirs La voix de l’orgue monte à l’église Les vieilles filles grignotent complices Les plus belles réputations
Le peintre chante ses souvenirs Sur une musique de satyre
Le peintre mène la jacquerie Contre la violence et la bêtise La vie de demain lui semble grise La sagesse du passé lui sourit Le peintre étale sa palette Le temps bascule par la fenêtre C’est le voyage dans le temps Il voit son père et le village Sa mère dresse la table Ça sent la terre et le printemps Soudain le peintre a vingt ans Tout le monde l’attendait pour la fête La musique monte dans sa tête Il est minuit il va renaître Entre les cuisses d’une beauté Le peintre est ressuscité
Le peintre vit dans ses souvenirs Il met les voiles sur ses toiles Son pinceau sait le rajeunir Ouvrir les chemins des étoiles Son chevalet sait le conduire Au-delà des masques et des voiles Il parle en ombres et en lumière Devine les figures et les signes Il perce les regards des pierres S’abreuve aux célestes vignes Le peintre chante ses souvenirs
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Des bonbons pour les fous présente les textes et chansons de Denis Girard.
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