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Inédites
Candide Envoyer

Paroles _ Denis Girard (janvier 2012)

Il en faudrait bien davantage
Des chevaliers de la confiance
Comme des aveugles derrière leur chien
Qui s’abandonnent et goûtent leur chance
Sans jamais se méfier de rien
Les pépins les pires catastrophes
Qui traversent le quotidien
Devant toi jamais ne se portent
Car tu es sûr que tout va bien

Refrain
Debout seul sur le bord du gouffre
Le long du cortège des souffrances
Tu crois que tout va pour le mieux
Face à la faucheuse qui rôde
Tu changes la mort en vacances

Tu as le cœur le plus candide
Et toutes les ronces de mon jardin
Deviennent si petites soudain
Quand tes canulars y fleurissent
Comme des drapeaux sur un parcours
Pour souligner nos belles conquêtes
Laissent la paix sur ma maison
Comme ces vieux films américains
Où le bonheur gagne à la fin

Je veux apprendre de ton regard
À croire que j’ai le grand pouvoir
De faire pencher la folle balance
Qui guide la couleur du destin
Vers les continents de la chance
Le cœur agit comme un aimant
Sur les deux pôles de l’avenir
Et le secret du devenir
Dépend du poète qui s’invente

Mis à jour le Lundi, 23 Janvier 2012 22:35
 
Kayak Envoyer

Paroles _ Denis Girard (janvier 2012)

Dans cette vie chacun son kayak
Comme un beau cadeau à la naissance
On pleure dans la première descente
Du ventre si doux de sa maman
On apprend vite à le faire flotter
Sur les durs rapides de l’école
Le cœur détraqué par la violence
La fine cruauté et le mépris

Dans cette vie chacun son kayak
Comme une frêle coquille dans la famille
Dans les orages de l’adolescence
Quand la méchanceté y fourmille
Blindé dans la prison des silences
En rêvant du troublant corps des filles
Notre kayak chavire et se brise
Sous la chaude guimauve de l’amour

Dans cette vie chacun son kayak
On le croit à jamais fait pour deux
Et l’on étire notre frêle voilier
Qui doucement s’envole éthéré
On invente même les plus beaux enfants
Et capitane du bel équipage
On file toutes voiles dehors vers le large
Vers l’azur bleu et le beau temps

Dans cette vie chacun son kayak
Soudain l’esquif chargé se déchire
La femme quitte la première le navire
Le capitaine calcule les dégâts
Les enfants préparent leurs neuves croisières
Les deux parents retrouvent leurs affaires
Ils rapiècent seuls leurs vieilles voilures

Dans cette vie chacun son kayak
Les amis nous réchauffent le coeur
Ils partagent les voyages les conquêtes
Pour chaque kayak un seul modèle
Son grain de peau, sa coque, sa voilure
Comme figure de proue la signature
De cet authentique grand inventeur
L’homme seul génie de sa folle vie

Dans cette vie chacun son kayak
On sait la force des vents des marées
Les récifs éventrent tant de bateaux
Que le vieux loup vogue l’œil aux aguets
Le grand océan tellement l’attire
À chaque voyage le large le grise
Se savoir seul avec des milliers
Ému de son audace d’être lui

Dans cette vie chacun son kayak
L’amour l’a envoyé par le fond
Et tant mieux si la romance le brise
La passion vaut cent fois la dérive
On sourit quand on coule à la fin
Tous les visages défilent sur les vagues
Et puis le vide prend sa grande place
La mort frappe comme un violent baiser

Mots clés: dragée spleenétique
Mis à jour le Mercredi, 18 Janvier 2012 23:05
 
Blue tango Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Refrain :
Le doux baiser volés
Les promesses de ta peau
Nos regards déchaînés
Toi et moi blue tango

L’amour est une danse une cadenc’ un tempo
Dès les premières mesures sur la pist’ on se lance
D’un seul regard homm’ et femme se mélangent
Pour le slow hot la folle samba le grand tango

Le slow dure une nuit, la samba des années
Le tango c’est l’instant, on se donne et on prend
Deux cœurs qui s’improvisent, tu me saoules, je te grise
Sans arrêt, tu me guides, je te suis, on dérive

Refrain

Il n’y a rien d’interdit chaque pas nous crie
C’est le rythme qui conduit cett’ marche démente
Il est beau et racé, elle troublante, révoltée
Tout est perdu, rien n’est gagné, la musiqu’ danse

Les je t’aime, les je te veux, les encore c’est mieux
Les ruptures la jalousie les traîtris’ au lit
Les insoumis les passionnés inassouvis
Joue le tout pour le tout la belle dernièr’ chance

Refrain

Il n’y a jamais d’gagnants, pas plus de perdants
Un seul vainqueur c’est l’engouement pour la danse
C’est merveilleux la romanc’ de ces cœurs qui tanguent
Insouciants et vibrants enlacés qui s’élancent

Tu me livres toutes tes suav’ pensées à nue
Tu me chevauches sous une lune violacée
Je me laisse totalement soumettre possédé
Je fracasse d’une gifle ton piège doré

Refrain

Mis à jour le Dimanche, 30 Octobre 2011 23:29
 
Quelque chose qui manque Envoyer

Paroles _ Denis Girard (juillet 2011)

J’ai pas d’homme
Juste des cons
Qui m’ennuient
Comme c’est long
Des messieurs
Mal barrés
Qui ont peur
D’s’engager

Elle avait connu des hommes trop petits,
Ils l’avaient aimée certes mais pas assez
D’autres l’avaient entourée de douceurs
Mais sans y mettre vraiment tout leur cœur
Elle avait pensé un jour se marier
Mais les deux familles s’en étaient mêlées
Et las le tourtereau l’avait plaquée
Elle trop orgueilleuse n’avait pas rappelé

Y a plus d’homme
Des enfants
Qui voudraient
Une maman
Comment faire
Pour trouver
Un vrai mec
À aimer

Dans sa vie elle n’a jamais eu de chance
Pour les hommes toujours quelque chose qui manque
Un amant qui a peur de s’engager
Un actif qui ne peut pas s’arrêter
Un parleur qui ne sait pas écouter
Un logique qui a peur d’ses sentiments
Elle ne sort jamais le bon numéro
Quand elle y pense juste des gros zéros

Y’a pas d’homme
Pas d’homme
Pas d’homme
Juste des femmes
Des bonnes femmes
Qui s’pavanent
Qui s’désâment
C’est un drame

À chaque jour c’est l’amour qui lui manque
Et tous ces amis qui veulent la gâter
Ces frères, ces sœurs là pour bien l’ entourer
Ne pourront jamais la réconforter
Il n’y a qu’elle qui peut se le donner
Et dès qu’ils partent elle se sent désertée

Y a son père
Occupé
Et son coeur
Enfermé
Pas un mot
Le silence
Une fillette
Délaissée

 
Piqûre Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Y a des humains qui courent après la gloire
Qui donneraient tout pour passer à l’histoire
D’autres qui font des heures sup pour le pognon
Pour mettre un jour la main sur leur million

Y en a qui luttent pour sauver la planète
Pour mettre un peu de vert dans leur assiette
Y en a qui cherchent le vrai sens de la vie
Et méditent en silence sur un tapis

Y en a qui se nourrissent de connaissances
Pour éloigner un peu leur ignorance
Y en a qui cherchent les idées de génie
Et trouvent soudain en tombant de leur lit

Mais moi je suis vraiment très très modeste
Je prends ça comme ça vient sans trop de stress
Je suis le soleil à tous les matins
Et j’apprécie ce qui m’tombe sous la main

J’ai eu la piqûre quand j‘étais jeunot
J’évite autant que je peux les problèmes
Je suis à mon meilleur quand y fait beau
Et quand ça se gâte je rigole quand même

Je suis un grand jouisseur de la bonne bouffe
Mon bonheur suit le chemin de ma bouche
Je goûte autant les fleurs que les gigots
Je suis épicurien c’est mon défaut

Faut pas trop s’en faire pour les bidules
Pour toutes ces machines qui nous calculent
Y a que le plaisir qui nous fait du bien
Et dès qu’on a une chance on fait pu rien

Les plaisirs de l’amour je le confesse
Ramène son homme sur ses fesses
Mais seul l’amour le comble et le soutient
C’est ce qui le distingue de son chien

Mis à jour le Mardi, 07 Juin 2011 15:51
 
Invisible Envoyer

Paroles _ Denis Girard (Avril 2011)

Tu peux te maquiller et faire rougir tes lèvres
Asperger tout ton corps du plus doux lait de chèvre
Suivre ces régimes qui te promettent la beauté
Endosser ta belle robe te parer de colliers

Ce que j’aime de toi
Se voit les yeux fermés
C’est l’odeur de ta voix
Le goût de ton sourire
Le bruit de ta peau douce
La musique de ton souffle

Tu peux partir le jour pour mener tes affaires
Revenir à la nuit épuisée et blessée
Manger comme un oiseau trimer comme une bête
Vivre pour tes enfants t’oublier sur le carreau

Ce que j’aime de toi
Me fait changer de tête
Me fait rire des malheurs
Cultiver le présent
Cracher le nez en l’air
Chanter le mauvais temps

Tu peux défier la mort donner ton sang ta force
Perdre tes richesses donner mon temps aux loups
Caresser tes projets rénover tous nos murs
Déménager sur Mars repartir au matin

Ce que j’aime de toi
Ne me quitte jamais
C’est un peu dans ma voix
Perdu dans mes cheveux
Personne ne le voit
Une seule le devine

Vous ne savez rien d’elle pas même sa silhouette
Elle n’aime pas les fouineurs repousse les amitiés
Elle s’approche si près pour tout dire à l’oreille
Que le plus grand secret scelle notre intimité

Ce que j’aime de toi
C’est difficile à croire
Un roman inconnu
Une histoire inventée
Tellement invisible
Qu’on ne peut le voler

Ce que j’aime de toi
Se voit les yeux fermés
C’est l’odeur de ta voix
Le goût de ton sourire
Le bruit de ta peau douce
La musique de ton souffle

Mis à jour le Dimanche, 24 Avril 2011 19:23
 
Comme une éclaircie Envoyer

Paroles _ Denis Girard (avril 2011)

Comme une éclaircie, un endroit béni
Baigné de lumière au milieu des bois
Un coin isolé de tous ignoré
Un chemin perdu enfoui disparu
J’ai vu des instants de précieux moments
Surgir dans ma vie comme des soleils
Au coin d’une rue, au bout d’une nuit
Déchirer le voile de ma petite vie
Comme la clef perdue de ma drôle d’histoire
Révélée soudain dans sa vérité
Tellement nourrissante de simple beauté

Là pour une minute une éternité
J’ai su le pourquoi un jour j’étais né
Je me suis promis de n’pas l’oublier
J’ai su mes erreurs, mes pas égarés
J’ai vu ma fureur pour le temps gâché
J’ai fait des projets j’ai même juré
Et puis la routine le grand quotidien
M’a fermé les yeux de ses petits riens
J’ai fait mon devoir comme un petit chien
Qui suit la parade un peu comme ça vient
J’ai fait un travail pour qu’on m’aime bien

Mais ces rendez-vous de mon existence
Où j’ai découvert de ma vie le sens
Me traque aux détours de ma vie d’absence
Me force à crier pour montrer l’urgence
De choisir la vie de l’homme courageux
Cette belle folie qui dort dans nos yeux
Ce projet absurde lourd et ténébreux
Dont seul on comprend le prix et l’enjeu
Toute la nature cette chère complice
Vient nous proposer comme pour un fils
De faire comme l’arbre debout sous le ciel
De pousser sa sève vers ses blancs soleils

Le seul rendez-vous qui sait nous attendre
Dort au fond de nous au creux de nos ventres
Il est toujours temps de se décider
À faire le chemin qu’on avait rêvé
Même le destin ne peut rien y faire
Il s’agit enfin de nous satisfaire
Cette histoire d’amour finit toujours bien
Comme un grand cadeau caché dans sa main
La magie de vivre éclate dans nos veines
Ce bel univers de notre vie même
Vouée à un rêve unique sous les cieux
Une porte ouverte sur le merveilleux
Celui qui décide devient-il son dieu

Mis à jour le Jeudi, 28 Avril 2011 09:51
 
Mon terrible amour Envoyer

Paroles _ Denis Girard (mars 2011)

Mon terrible amour, je tremble à te regarder
Je sens rugir en toi les vieux monstres d’hier
Je me force à sourire pour ne pas t’inquiéter
Mais je crains ta fureur contre la trahison
Cette marée de mensonges éclabousse mon nom
Et j’ai peur de périr pour les crimes de mes pairs

Je sens toute ta méfiance collée à mes regards
Le coureur de jupons qui jure qu’il est fidèle
Ta mémoire te commande de ne plus jamais croire
Ces petits séducteurs assoiffés de conquêtes
J’ai été de ceux-là mais l’amour me transforme
Mon âme plaide pour moi tes blessures me condamnent

J’ai peur de toi comme un drogué au paradis
Des artifices de cet amour qui me nourrit
Tu m’ fais planer au-dessus de mes bourbiers
De solitude de désespoir de faussetés
Comme la géante maîtresse de mon pays de nains
C’est la tourmente quand tu t’ lèves chaque matin

Au début comme un idiot je t’ai désirée
Au creux de ton lit j’ai goûté le sublime
J’ai flotté insouciant enivré de plaisir
Tu parlais sentiment tournée vers l’avenir
Avec dans tes cheveux un goût d’éternité
J’étais prêt au grand saut ému ensorcelé

Ma redoutable femme plus libre qu’une gitane
Je goûte ta jeunesse comme un fruit défendu
Moi qui me sens si vieux devant tous tes amis
Qui s’amusent de bons mots que j’ai déjà compris
Je te vois me quitter dans une prochaine vie
Et je sais déjà pourquoi tu seras partie

J’ai peur ah comme j’ai peur que soudain tu te fatigues
De mon rire,de ma tête de mes bouffonneries
De ma façon de dire je t’aime comme on supplie
Moi qui ne serai jamais l’homme qui te séduit
Je ne suis qu’un comédien tombé amoureux
De cette jolie petite qui m’a crevé les yeux

Mis à jour le Vendredi, 25 Mars 2011 20:13
 
Ma belle douleur Envoyer

Paroles _ Denis Girard (mars 2011)

Oh toi ma folle douleur
C’est toi qui m’as mis au monde
Tes cris tes plaintes ta peur
Raisonnent au fond de ma tête
Forcent le rythme de mon cœur
Tu m’as forcé à me battre
À braver ma frayeur
Parmi la horde d’étrangers
À reconnaître l’ami

Toi ma précieuse douleur
Mon fils porte bien ta marque
Sa sagesse se nourrit
De la lumière que tu jettes
Sur nos cœurs endoloris
Il sait la valeur des choses
Le lourd prix de la beauté
Il guette tes vagues ta tempête
La faiblesse de ta colère

Toi ma secrète douleur
Ma femme a les yeux meurtris
La souffrance sur elle se lit
Je l’ai trouvée la plus belle
Tellement fière insoumise
Sous les duperies des gredins
Tu m’as dit c’est ta promise
Son sourire tendre et mutin
Parle des offenses en son sein

Oh ma puissante douleur
Quand reposée assouvie
Tu laisses poindre le bonheur
Tu tiens la terre dans tes mains
Elle tremble sous la guerre la faim
Toi mère de l’humanité
Tu tortures pour enseigner
Le prix qu’il nous faut payer
Pour apprendre à nous aimer

Toi ma plus noble douleur
C’est la grande fête dans ma tête
Mon amour va arriver
Les poignards dans son ventre
Une autre ignoble maladie
Que s’épuisent le jour la nuit
Endors-toi la belle douleur
Laisse-nous encore quelques heures
Laisse passer un clair de lune
La joie file s’évanouit

Mon omnisciente douleur
Tu célèbres ta victoire
Au début en fin de vie
Les larmes tes fruits les plus doux
Toutes les vérités en prime
Les vieux sages te chantent leurs hymnes
Tous ces gens unis ensemble
La paix dans ces yeux humains
La souffrance est une amie

Mis à jour le Dimanche, 27 Mars 2011 19:18
 
Le moine Envoyer

Paroles _ Denis Girard et Hugo Blouin (janvier 2011)

Il vivait comme un moine qui a perdu son Dieu
Seul dans la maison où il revoyait ses filles
Jouer autour de lui affairé aux fourneaux
Le cœur en miett’s déchiré par la trahison
Révolté d’avoir cru à un semblant d’amour

Et cette froideur dans ses yeux quand elle est partie
Comme si tout était faux depuis le tout début
Le plaisir le désir les frissons le bonheur
Il sentait le poids des briques s’écrouler sur lui
Comme une maison effondrée sous les murs pourris

Il vivait comme un moine qui en voulait à Dieu
Seul sur son vélo, il s’entraînait, arpentait
Filait la route en tissant sa rancœur sèche
Cœur aux lèvres, larme au poing, la haîne au corps
Déchiré de ses chaînes qu’il ne pouvait quitter

Et cette froideur dans ses yeux quand il marchait
Comme si tout était trop depuis le tout début
Le plaisir le désir les frissons la douceur
Il sentait qu'elle ne l'avait jamais trouvé beau
Comme un gars effondré sous les voeux trahis

Il vivait comme un moine, mais revenait sur terre
Seul sous sa tristesse il voyait sa petite fille
Qui souriait, son petit-fils sur ses genoux
Le plaisir les p’tits rires les frissons le bonheur
Il dev'nait si heureux à jouer la nounou

Et cette froideur dans ses yeux revenu chez lui
Comme si tout était faux depuis le tout début
Le plaisir le désir les frissons le bonheur
Il sentait le poids des briques s’écrouler sur lui
Comme une maison effondrée sous les murs pourris

Mis à jour le Lundi, 24 Janvier 2011 19:51
 
La gueulante du chercheur d’or Envoyer

Paroles _ Denis Girard et Hugo Blouin (novembre 2010)

Brav’s gens, je suis un chercheur d’or
Et l’or ça ne court pas les rues
Les voleurs pillent les coffres-forts
Aux yeux des gens sur les avenues
Politiques collectant pots de vin
En sifflotant au coin des rues
Financiers volant leurs clients
À coup de millions sans être vus

Les pauvres gens vont à la guerre
Les terroristes, brûlent les trains
Et moi je cherche sous notre terre
De quoi arroser le bon grain
Je suis l’plus fou des optimistes
De l’or bleu coule dans ce pays
Aux yeux des hommes dans ceux des femmes
Qui creusent, qui coulent, qui chantent ici

Brav’s gens, je suis un chercheur d’or
Mon or je sais comment l’trouver
J’commence par juste un peu d’espoir
Au creux du ventre et puis croyez
Je pense que j’ai queq’part un fils
Qui cherche son or sans s’inquiéter
Comme s’il y avait au fond du trou
Le courage de recommencer

Brav’ gens, creusez, coulez, trimez
Quand trinquent bandits et policiers
Il doit y avoir, au fond du nous
La folie de recommencer

Mis à jour le Vendredi, 19 Novembre 2010 15:43
 
Les hommes ne se parlent pas Envoyer

Paroles _ Denis Girard (octobre 2010)

Les hommes ne se parlent pas
De père en fils le silence
Le cœur fermé comme les poings
Fais ce que dois et fais-le bien

Les hommes ne se parlent pas
Ils s’observent sans qu’ça se voie
Ils ricanent de la douleur
Ils bravent ce dont ils ont peur

Les hommes ne se parlent pas
Ils crient dans leurs gestes las
Ils attaquent d’un seul regard
Ils pleurent quand c’est trop tard

Les hommes ne se parlent pas
Les sentiments dans le ventre
Comme une gale sur un doigt
Une faiblesse indécente

Les hommes ne se parlent pas
Ils rient de toute maladresse
En la désignant du doigt
Avec du mépris dans le geste

Les hommes ne se parlent pas
Torse bombé regard fier
Maître de leur univers
La dignité c’est la loi

Les hommes ne se parlent pas
Ils radotent des évidences
La température le sport
Les jolis culs la finance

Les hommes ne se parlent pas
Ils habitent leur solitude
Ils travaillent comme des fous
Et ils se soûlent comme des trous

Les hommes ne vous parlent pas
Ils ignorent ce que vous êtes
Envoûtés comme des bêtes
Ils se taisent encore une fois

Les hommes ne vous parlent pas
Ils font l’amour comme des ânes
De performances ils se pâment
Trois petits tours et puis rien

Les hommes parlent quelquefois
Quand l’amour soudain les brise
Ils apprennent même à sourire
Ils viennent au monde ce jour-là

Mis à jour le Lundi, 01 Novembre 2010 21:57
 
Jacques Barbeau : le chantre des souvenirs (hommage) Envoyer

Paroles : Denis Girard.
Musique : René Béchard.
Voix : Élyse Béchard, René Lefebvre.

Le peintre vit dans ses souvenirs
Il met les voiles sur ses toiles

Le peintre vit dans ses souvenirs
Au cœur de ce petit village
Où la magie dessinait les images
De la vie d’un peuple sage
Qui grandissait sans ambages
Sous l’œil du curé qui veillait
Ses ouailles qui pêchaient le plaisir
De l’évêque drapé dans sa prestance
Avec grâce et fière contenance
La vie était faite de dimanches
Où le bonheur chantait au jubé

Son pinceau sait le rajeunir
Ouvrir les chemins des étoiles

Le peintre parle de son village
Quand la vie faisait bon ménage
Le diable jouait les bedeaux
Derrière la chaire pour les sermons
Le curé prêchait comme un démon
Le ciel tournait au bleu l’enfer au rouge
La quête encaissait les dollars
Le clergé veillait sur l’or et le grain
Les bonnes sœurs en soutanes
Angéliques sous leurs cornettes
Se rendaient gaiement à la messe
Les cloches sonnaient les saisons

Son chevalet sait le conduire
Au-delà des masques et des voiles

Le peintre ricane avec malice
Des péchés cachés sous la table
Du printemps au sirop d’érable
Des amoureux aux épousailles
De la carriole qui se rend à l’office
Des chevaux dansant en cadence
Sur la neige blanche du matin
Il suit l’habitant au bout du champ
Posant la fourche après les foins
Goûte la miche du bon pain
Récite le chapelet à genoux
Court les hôtels avec les filous

Il parle en ombres et en lumière
Devine les figures et les signes

Le peintre construit des énigmes
Son pinceau trace les lignes
Cache les rêves et les secrets
Il raconte les joies et les drames
De toutes ces bonnes âmes
Qui accouchent de ses mains
Il fait jaser sur ses toiles
L’oiseau et la feuille de l’arbre
Construit le calme et l’harmonie
Il connaît de Dieu les largesses
Donne la vie avec noblesse
S’abandonne au pire des courroux
Tue celui qu’il désavoue

Il perce les regards des pierres
S’abreuve aux célestes vignes

Le peintre s’abandonne à l’ivresse
Des jolies filles que la nuit caresse
Le violon met le cœur en liesse
Les hommes dévissent les flacons
On trinque à la bonne récolte
Aux petits qui entrent à l’école
Aux promesses folles de l’avenir
Demain comblera tous les désirs
La voix de l’orgue monte à l’église
Les vieilles filles grignotent complices
Les plus belles réputations

Le peintre chante ses souvenirs
Sur une musique de satyre

Le peintre mène la jacquerie
Contre la violence et la bêtise
La vie de demain lui semble grise
La sagesse du passé lui sourit
Le peintre étale sa palette
Le temps bascule par la fenêtre
C’est le voyage dans le temps
Il voit son père et le village
Sa mère dresse la table
Ça sent la terre et le printemps
Soudain le peintre a vingt ans
Tout le monde l’attendait pour la fête
La musique monte dans sa tête
Il est minuit il va renaître
Entre les cuisses d’une beauté
Le peintre est ressuscité

Le peintre vit dans ses souvenirs
Il met les voiles sur ses toiles
Son pinceau sait le rajeunir
Ouvrir les chemins des étoiles
Son chevalet sait le conduire
Au-delà des masques et des voiles
Il parle en ombres et en lumière
Devine les figures et les signes
Il perce les regards des pierres
S’abreuve aux célestes vignes
Le peintre chante ses souvenirs

Mis à jour le Lundi, 01 Novembre 2010 21:58
 
Les bébés rageurs Envoyer

Paroles _ Denis Girard (octobre 2009)

Ces grands adolescents qui refusent de vieillir
Tellement émouvants qu’on voudrait vite rajeunir
Pour pouvoir les choyer une nouvelle fois
Les aider à guérir blottis entre nos bras

Ces beaux rois fainéants assis devant leurs jeux
Qui exigent de nous toujours plus toujours mieux
Se font tirer l’oreille pour se pencher les yeux
Sur les mille problèmes qui ne parlent pas d’eux

Ils sont si pathétiques à souffrir le martyre
Pour une petite corvée un ménage à finir
Il faut tant supplier pour qu’ils lèvent le doigt
Qu’on fait tout étonné qu’ils ne protestent pas

Et pour leur pardonner on accuse souvent
Le grand vide provoqué par tous ces faux parents
Qui essaient de soigner leurs blessures d’enfants
Sous un ciel de jupons ou une pluie de glands

Tout ce que nos parents ont voulu nous montrer
Les nobles sentiments la générosité
Le plaisir de donner sans attendre en retour
Apparaissent à leurs yeux des rêves de troubadour

Toutes les générations tentent d’évoluer
En cassant la figure à leurs pauvres aînés
On met à la poubelle leurs nobles expériences
En cachant sous l’humour toute l’indifférence

Ces beaux effarouchés qu’on a privés d’amour
Sont parfois délinquants révoltés au cœur lourd
Ils veulent réinventer un monde où les parents
Ne détruisent jamais les châteaux des enfants

Ces grands bébés rageurs quand ils tombent en amour
Inventent des vérités qu’ils défendront toujours
Contre tous les petits au chaud dans leurs girons
Qui riront à leur tour de leurs belles convictions

Les sottes étiquettes veulent figer les couleurs
Bébés rois ou téflons, X, Y ou boomers
On apprend à aimer dans des bras imparfaits
Et pour tout réparer on donne ce qu’on voulait

Mis à jour le Mercredi, 13 Octobre 2010 11:48
 
Dans le ventre de maman Envoyer

Paroles _ Denis Girard (juillet 2001)

Je suis amoureux d’une femme
Qui me porte au creux de son âme
Je suis en elle, elle est en moi
Jamais elle ne me quittera

Je suis gâté, logé, nourri
Dans un ballon super joli
Je suis dans le ventre de ma maman
Tout est facile, c’est épatant

Je suis dans un supermarché
Où tout est doux, tout est mouillé
J’ai deux mamelons pour me gaver
Je suis gonflé, je suis comblé

Je suis couché toute la journée
Je nage un peu pour m’amuser
Et quand j’ai le goût d’manger
J’ai rien à faire, j’suis connecté

Ma mère est mon vaisseau spatial
Je suis son passager spécial
Je flotte dans l’apesanteur
Dans le doux plasma d’son cœur

Je flotte dans une maison rose
Où j’imagine mille choses
Hier, j’ai inventé mon coeur
Je me construis de l’intérieur

Demain, je me ferai des yeux
Je crois bien que je suis un Dieu
Et puis il me faudra des mains
Je les dessinerai demain

Je suis au tout début du monde
Je grandis à chaque seconde
Dans l’usine de la galaxie
Je fais mon corps, je fais ma vie

Mais tout à coup ma maison tremble
Un ouragan qui se déclenche
On dirait qu’on veut m’expulser
Maman faut pas m’laisser tomber

Je suis amoureux d’une femme
Qui m’a chassé loin de son ventre
Je prends son sein entre mes mains
Je m’endors et je me souviens.

Mis à jour le Samedi, 16 Octobre 2010 17:21
 
Bordel Envoyer

Paroles _ Denis Girard (5 avril 2005)

Rien qu’une musique de bordel
De lieux mal famés de boxons
Des filles de petite vertu
Des maquereaux en pleine action
Tous les alcools de contrebande
Quelques maffiosi mélomanes
Voilà la très jolie maison
Du jazz de la tour de Babel

Le péché Mortel est de mise
L’infidélité coutumière
La plus grande extase est promise
Par ces amoureuses ouvrières
Le piano sonne la passion
La fine lingerie lui sert
De langoureuse évocation
De l’interdit de ce concert

Le jazz fait du libertinage
Favorise l’improvisation
Les instruments du bavardage
Le saxophone des vibrations
La contrebasse donne le rythme
Pousse la trompette vers l’évasion
Cette musique est née du sexe
Pousse la vie vers la fusion

Le jazz de la tour de Babel
Naquit un jour de perversion
Plus pure plus noble et plus rebelle
Que les classiques productions
Le jazz ne connaît pas de maître
Mais ses amis sont par millions
Jouer un peu pour vous connaître
Chaque musicien a sa façon

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Lundi, 20 Septembre 2010 10:50
 
La bière Envoyer

Paroles _ Denis Girard (5 août 2001)

En ouvrant ma toute première bière
Je me suis trouvé des amis
On riait de tout on claquait nos verres
Et on criait « Québec mon pays »

Le gros Pierre chantait Mexico
Avec la voix de Tino Rossi
Le Bougon nous parlait de jupons
De sexe fou et de séduction
Jean-Paul se voyait sur la grande scène

Sous les ovations et les bravos
Moi je rêvais d’amour et de filles
Sur les ailes de mon stylo à bille
Les politiciens sont tous des vendus
Pour un peu d’argent ils sourient à la reine
Les politiciens sont tous des vendus
Pour beaucoup d’argent ils lui embrassent le…

Dans cette taverne devenue brasserie
La bière faisait ses tours de magie
Gros Pierre devenait très sûr de lui
Le Bougon le grand Roi des charmeurs
Jean-Paul s’inventait des mélodies
Moi j’écrivais de grandes poésies

Après trois heures le cœur dans la bière
On était prêts pour aller draguer
Sous les bruits sourds de la discothèque
Avec au fond le besoin d’aimer

Et coule, coule la grosse bière
Pour nous donner un peu de chaleur
Quand au matin le cœur peu fier
On mentait pour sauver l’honneur

La fille était la plus jolie
Elle était merveilleuse au lit
Et blablabli et blablabla
On est si seul quand on fait ça

Les garçons sont tous des tordus
Pour un peu d’respect ils s’inventent des reines
Les garçons sont tous des tordus
Pour beaucoup d’respect ils leur prennent le …

Mis à jour le Lundi, 20 Septembre 2010 10:50
 
Le doux mensonge Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Je me raconte un doux mensonge
Quand je ne me sens pas très bien
Quand ma vie tourne au mauvais songe
Quand je me noie dans mes chagrins

Je suis le plus heureux des hommes
À chaque seconde de ma vie
J’aime une belle sauvageonne
Elle dort bien au creux de mon lit

Je l’amène tout droit vers le sud
Sur ces plages où il fait si beau
Elle marche habillée d’un chapeau
La mer verdoie sur sa peau
Nue

Je la guette assis à la table
Après le travail à cinq heures
Elle raconte ses longues batailles
Ses grandes victoires et ses douleurs

Nous ouvrons un bon vin corsé
Le jazz chuchote seul en secret
La truite exhale ses fumets
Son rire nous fait tout oublier

Nous faisons de longues ballades
Dans les sentiers au fond des bois
Nous lavons nos pensées malades
Dans le blanc soleil qui rougeoie

Nous rêvons de faire ce voyage
Dans tous ces pays merveilleux
La Grèce l’Italie et l’Irlande
Les poches pleines le cœur joyeux

Je serai toujours son trésor
Son élixir de belle vie
Nous habiterons dans son corps
Sur l’île de la fantaisie

Le bonheur n’est plus un mensonge
Lorsque nous y croyons tous deux
Il se moque si bien des songes
Sous la fureur de ses grands yeux

Mis à jour le Samedi, 14 Août 2010 14:57
 
Les secrets de famille Envoyer

Paroles _ Denis Girard (mai 2010)

Les secrets de famille
Qu'on a toujours cachés
Il n'aurait pas fallu
les dire à la Camille
C'est un panier percé
Tout l'monde saura en ville
Avant que la semaine
ne soit toute achevée
Et quand les gens sauront
Faudra vous expliquer
Et vous paierez la note
Devant tout le comté

Qu'est-ce qu'une fille peut faire
Quand son tchum l'a plaquée
Pour une petite cocotte
Avec un beau body
Elle se met en colère
Et pense à se venger
Contre François Lemaire
Et la belle Camille
Elle va placoter
Bien sûr elle va tout dire
Les vertes et les pas mûres
Eh oui ça va faire dur

Il n'y a rien de mal
À dire la vérité
François baise une mineure
René boit comme un trou
Julien est une Julienne
Julie aime les filles
Le père est su'l BS
La mère danse au poteau
Jean-Paul a tout perdu
En jouant au casino
Lucille a sa page web
Dans un p'tit site porno

Les gens de La Patrie
Ne savent pus quoi penser
Monsieur François Lemaire
Avocat réputé
Fréquenterait une fille
Qui travaille au marché
Elle paraît ses 20ans
Mais elle n'en a que seize
Son père est mal à l'aise
Couches-tu avec lui
Qu'il lui a demandé
Elle s'est mise à brailler

Monsieur Roger Ménard
Truckeur de profession
A frappé M'sieur Lemaire
Hier chez l'épicier
C'est à cause de sa fille
Sonia son pt'it bébé
Il sortait avec elle
Depuis une bonne année
Il a entendu dire
Qu'il l'aurait abusée
Même si c'était pas vrai
Il l'a bien arrangé

Les secrets de famille
Peuvent parfois nous aider
À nous faire justice
Quand on est au supplice
Avec un courailleux
Qui vous a humiliée
La famille des Lemaire
Tous des collets montés
N'osent plus sortir dehors
Personne veut leur parler
L'avocat en prison
Y vont déménager

Mis à jour le Vendredi, 02 Juillet 2010 11:31
 
Sisyphe Envoyer

Paroles_ Denis Girard (Novembre 2009)

Le ciel me tombe sur la tête
Des tonnes de feuilles comme une tempête
Yen a partout. ça m’rend malade
J’passe mon temps à les ramasser
Le vent les souffle de mon côté
La fin d’semaine va y passer
Quand est-ce que ça va arrêter

On dirait une malédiction
Venue du ciel comme de raison
La nuit je rêve que j’roule une pierre
Jusqu’en haut d’une montagne de verre
Quand je pense que j’suis arrivé
Là à déboule de l’autre côté

Dans deux mois ça va être l’hiver
Avec la neige la même affaire
J’ai toujours détesté pelleter
Ça va faire comme l’année passée
Le jour de la plus grosse bordée
Ma maudite souffleuse va péter
Pis là le cave y va rusher

Pourquoi les hommes sont condamnés
A toujours toute recommencer
Dans les amours et au travail
On s’fait souvent donner not’ bleu
Là on se retrouve les larmes aux yeux
Mais une fois qu’on a tout perdu
On regarde d’l’autre côté d’la rue

Le bon Sisyphe très très patient
Ramasse toutes ses feuilles en chantant
Fait des montagnes pour les enfants
Et quand il voit l’hiver venir
Heureux il se met à courir
Dans les entrées de ses voisins
Il aime déblayer le chemin

Après quelques centaines d’années
Le vieux Sisyphe a tout pigé
La vie prend plaisir à défaire
Les Titanic construits en fer
Toutes les illusions des humains
Qu’ils peuvent contrôler leur destin
Il fait son lit à chaque matin

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Mardi, 08 Juin 2010 13:12
 
L'homme trahi Envoyer

Paroles_ Denis Girard (Mars 2010)

Bien installé dans l’éden
A la belle aube des temps
Adam dominait sans peine
Sa femme et tous les vivants
Il vit le fruit défendu
Êve couchée toute nue
Et sa supériorité
Tout d’un coup s’est écroulée
Devant les jolies rondeurs
De sa belle divinité
Et la femme prit le pouvoir
Et l’homme refusa d’y croire

Dieu, je suis un homme trahi
Par la sale géométrie
Ma femme possède l’arme fatale
Toutes ses courbes sont géniales
Je suis idiot quand je dis
Que mon coup droit c’est ma vie
Ma femme sait se déhancher
Pour totalement me troubler
Alors elle prend le contrôle
Et je la couvre de roses
Pour qu’enfin je puisse entrer
Dans le cercle des voluptés

Et me voilà qui exhibe
Tous mes attributs virils
Comme si c’était mon pouvoir
Qui fait glisser son fermoir
Car en amour pour grandir
Ma femme doit me secourir
J’ai beau jouer des biceps
Faire de la musculation
Même la plus belle érection
Peut s’écrouler d’un coup sec
L’étalon n’impressionne plus
Dès que madame n’en veut plus

Debout devant son miroir
Elle se dévêt chaque soir
La douce rondeur de ses seins
Ses hanches qui roulent si bien
Et lorsqu’elle pivote sans bruit
Deux sphères parfaites rosées
D’un seul coup viennent m’enjôler
Comment faire pour dominer
Le summum de la beauté
C’est Satan qui a créé
Ces boules ensorcelées
Qui savent nous aguicher

Un soir j’ai bien eu l’idée
De diviser pour régner
Je me suis pris une maîtresse
Une jolie blonde aux grandes tresses
Mais le triangle amoureux
M’a fait perdre mes cheveux
J’étais jaloux de l’amant
Qu’elle a pris en souriant
Il me fallait pour bander
Imaginer ses nénés
Sans elle je suis fini
Ma prestance ramollit

Je suis un pauvre homme trahi
Par la sale géométrie
Euclide avait tout compris
Le sexe m’a rendu zombi
A chaque jour de ma vie
J’écoute ma femme et je suis
Ma mère l’avait pourtant dit
N’écoute pas ton zizi
Un homme n’est plus rien sur terre
S’il ne mène pas ses affaires
Mais je suis un Québécois
Vive le matriarcat

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mardi, 08 Juin 2010 13:07
 
Ti-Poil Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Avril 2010

Ti-poil, ti-poil merci ti-poil
Pour le Québec et le P.Q.
Un grand pays imaginé
Un grand combat, presque gagné
Et tous nos gens en changement

C’était d’la marde la politique
Des magouilles et des pots de vin
Avant tes p’tits cours théoriques
Avec ton émission le point
Ça devenait clair tout d’un coup
L’idée de nationaliser
L’électricité dans nos mains
Et des tarifs moins élevés

C’ta cause de toé mon bon René
Toé le premier des Québéquois
Si tout un peuple s’est retrouvé
Fier de parler sa langue chez soi
Fier des produits créés ici
De son savoir de son génie
Et on s’est mis à s’épauler
Heureux à s’fêter comme des rois

Pis y a eu les référendums
Tu le voulais tant not’ pays
Les libéraux te l’ont volé
Le fédéral nous a trompés
Mais ça fait rien mon cher Ti-poil
J’m’habille le cœur de not’drapeau
Fier de savoir ce que l’on vaut
La fleur de lys pour seule étoile

Tu avais de très bonnes idées
L’équipe pour les réaliser
Mais notre peuple partait de loin
Les bons curés et leurs p’tits pains
La confiance c’est long à construire
Et tellement facile à détruire
Il suffit d’un autre libéral
Plus faux que l’bonhomme carnaval

La plus belle des révolutions
Tu l’as réussi sans canons
Juste à parler d’une nation
De travailleurs sans concessions
Dans les usines dans les bureaux
On s’est senti un peu plus beau
Tu nous as fait un vrai cadeau
Qu’on peut léguer à nos enfants

Sur not drapeau la fleur de lys
C’est un cadeau des rois français
Un vieux symbole qui leur restait
Avant que les anglais les câlissent
En dehors d’ la pauvre Amérique
Depuis c’temps-là on est colon
Avec les anglais comme patron
Merci encore mon bon René
Pour leur avoir rivé le nez

Cette chanson n’en finit plus
Comme le combat de cette nation
On n’en parle plus sus l’coin des rues
On rêve de promesses d’élection
Et on brandit le gros squelette
De la vieille et laide pauvreté
On r’met not’av’nir à demain
Sous la vieille peur d’être ruiné

Tu sais ti-poil y a beaucoup d’jeunes
Qui n’ont jamais eu froid aux yeux
Qui savent rêver sans avoir peur
De prendre leur place le cœur heureux
Ils se moquent des oiseaux d’malheur
Qui lèchent le derrière des anglais
Ils choisiront eux la bonne heure
Pour se faire un pays un vrai

Il manque souvent juste un ti poil
Pour changer les choses qu’on voulait
Pour travailler la tête haute
Pour parler français à Montréal
Pour libérer les libéraux
De ses menteurs de ses idiots
Pour sortir un nouveau Québec
De sa terre de froid et d’échecs

Mis à jour le Mercredi, 19 Mai 2010 15:31
 
L’oubli Envoyer

paroles _ Denis Girard
Novembre 2006

J’oublie mes mots, je perds mes gestes
La porte reste-t-elle ouverte
Ai-je payé ces comptes-là
Je guette chacun de mes pas

La course folle des journées
Le bon repas à préparer
Le four rougit de mon erreur
Tout allumé pendant des heures

Le travail est fait de consignes
D’informations entre les lignes
Il faut écrire son souvenir
Pour l’empêcher de se mourir

La fatigue et les troubles du cœur
Brouille le temps de leur lourdeur
Les phrases ne se terminent plus
Les sujets errent dans les rues

Pour retrouver mes mots perdus
Les pas, les gestes décousus
La vie fait des répétitions
C’est le théâtre de la raison

Qu’il est triste de s’oublier
Comme vieux soulier sur le pavé
Les doux secrets sans la lumière
Des gouttes d’eau sur le désert

Mots clés: dragée spleenétique
Mis à jour le Mardi, 04 Mai 2010 20:20
 
Marabout Envoyer

paroles _ Denis Girard
Avril 2010

T’as toujours l’air marabout
Comme un chien enragé
T’as l’air en christ contre tout
On n’ose pas te regarder

As-tu frappé une badluck
Que tu m’as pas conté
C’t’assez clair que t’as ton truck
Parles-en avant d’péter

Ta femme a-tu pris la porte
Ton gars est-tu pd
Ton boss t’aurait-tu clairé
Y a des fois tu capotes

Prends pas ça trop au sérieux
Y a tellement de niaiseux
De pas d’allure de sans-cœur
Qui crient d’avoir trop peur

Un grand verre à moitié vide
La vie mon chum c’ pas ça
Un beau verre à moitié plein
Ça mène un peu plus loin

Si tu souris juste un peu
T’auras pas l’air téteux
On va déconner twé deux
Rire de tous les nerveux

Je l’sais que ch’uis toujours en farce
Pas sérieux pour cinq cennes
Le smile étampé dans face
J’me pousse devant mes peines

T’as raison d’être en fusil
Y a d’la scrap dans nos vies
Les trous d’ cul font des millions
Pis crachent dessus les p’tits

Mais j’veux pas refaire le monde
J’ai déjà essayé
Si j’ fluschais tous les airs bêtes
Je s’rais seul pour chialer

Prends une bière mon marabout
La broue ça fait chanter
À la santé des vieux fous
Qui croient à l’amitié

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Vendredi, 07 Mai 2010 15:57
 
Chicouk Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Interprète _ Julie Béchard

Quand je peux plus jouer avec personne
Que j’ai plus d’ami au téléphone
Que c’est plate à la télévision
Que je m’ennuie tout seul à la maison
Quand papa et maman sont partis
Je vais retrouver mon meilleur ami

Refrain :
Il s’appelle Chicouk et moi je le vois
Il raconte des histoires à dormir debout
On joue à des jeux et on fait les fous

Mon père a dit qu’il n’existe pas
Que c’est moi qui invente tout ça
Et ma mère veut le voir pour le croire
Mais moi je ne raconte pas d’histoire
Ils sont bien trop grands pour me comprendre
Ils sont trop sérieux pour l’entendre

Refrain

Il m’a dit que l’auto de mon père
C’est beaucoup plus sans en avoir l’air
Que soudain au milieu de la nuit
À minuit quand tous les chats sont gris
Elle se transforme en vaisseau spatial
Elle s’envole vers les étoiles

Refrain

Ce soir quand tout l’monde dormira
Chicouk et moi on s’envolera
Et quand viendra le petit matin
Et quand viendra le petit matin
Papa et maman ils verront bien
Papa et maman ils verront bien

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mercredi, 14 Avril 2010 07:45
 
Le perroquet Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Interprète _ Julie Béchard

Je vis dans la chambre
D’un petit garçon
Il s’appelle Alexandre
Il aime les bonbons
Je suis son ami
Et comme son ourson
Je suis son jouet
Son beau perroquet

Perroquet, Placotis
Que sais-tu de la vie
T’es devenu très savant
À écouter les gens
Répète, répète
C’que tu connais des planètes

Je sais que la Grande Ourse
N’est pas un animal
Qu’elle peut faire la course
Plus vite qu’un orignal
Que sur la Voie lactée
Ce n’est pas laid du tout
Et qu’autour de Saturne
On a fait des anneaux
C’est pour rouler à vélo

Perroquet, Placotis
Que sais-tu de la vie
T’es devenu très savant
À écouter les gens
Répète, répète
C’que t’as fait comme découvertes

Je sais que dans la mer
Au plus profond des eaux
Y a des bateaux pirates
Et des requins marteaux
Que la baleine à bosses
Chante mieux que les oiseaux
Que tous les chiens de mer
N’ont ni niche ni collier
Et ne savent pas japper

Perroquet, Placotis
Que sais-tu de la vie
T’es devenu très savant
À écouter les gens
Répète, répète
Tous tes trucs et tes cachettes

Je sais que les fantômes
Les sorcières les dragons
Les lutins et les gnomes
C’est pour les cornichons
Que les affreux vampires
Portent des fausses dents
Que tous les animaux
Ont appris à parler
Dans les bandes dessinées

Perroquet, Placotis
Viens plus près de mon lit
Si j’te donne mon secret
Tu l’répèteras jamais
Jure-le moi, jure-le moi
Ou je donne ta langue au chat

Je vis dans la chambre
D’un petit garçon
Il s’appelle Alexandre
Il aime les bonbons
Je suis son ami
Et comme son ourson
Je connais son secret
Et je l’répèterai jamais

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mercredi, 14 Avril 2010 07:44
 
Minimynimots (1) Envoyer

paroles _ Denis Girard (2005)

Musicien

Mi ni my ni mots
Pas besoin des mots
Les mots sonnent faux
Les mots pèsent trop
Mi ni my ni mots
Les mots sont trop sots
Laisse parler ta peau
Écoute le tempo
Ta dou di dou do
Y a rien de plus beau
C’est toujours nouveau
La clé des châteaux

Chanteuse

Mi ni my ni mots
Personne pour parler
Les portes sont fermées
Bien fermées à clés
Depuis des années
A dit aie dit Oh
Mon père envolé
Ma mère trépassée
La rue m’a aimée

Mini mini mots
Des mots pour chanter
La peur sous mes pieds
Ma voix pour voler

Dit ma vie les mots
En moi c’est la rage
Pour briser la cage
Tous les mots me jasent
Mes mots déménagent
Je ne suis plus sage
Je fais un carnage
C’est mon cri qui jazze

Mots clés: fondant à l'absinthe
Mis à jour le Mercredi, 31 Mars 2010 14:28
 
Ne t'en fais pas bonhomme Envoyer

paroles _ Denis Girard (2004)

Ne t’en fais pas bonhomme, si t’as moins le goût
De parler aux hommes aux chiens et aux loups
Les amis ne sont pas toujours en saison d’amour
Les amantes écoutent quand on leur fait la cour
Les bêtes sont fidèles mais ne peuvent plus rien
Contre ce mal étrange qui te cambre les reins

Ne t’en fais pas mon gars, si t’as moins la force
De te lever chaque matin avec la faim
De faire une journée dont on se souvient
D’abattre du boulot vite en t’amusant
De tout reconstruire pour le seul plaisir
De sentir la vie vibrer et grandir

Ne crains rien toi le mec, si tu ne ris plus
Des politiciens, des bouffons et des fous
Qui font la manchette dans tous les médias
De jolis scandales de sang et de sous
De grandes vies gâchées sens dessus dessous
La belle pirouette des cons et des minettes

Ne t’en fais pas mon vieux si comme l’automne
Tu aimes les ciels de sombres grisailles
Les crépuscules turquoise qui n’espèrent plus rien
Les fêtes orgiaques de feuilles rouges jaunies
Le froid qui frappe toute vie un matin

Ne t’en fais plus mon petit si le monde du travail
Te semble rouler trop vite là-bas sur ses rails
Si la solitude s’est pendue dans sa chambre
Si la performance se vend le gros prix
Si les mots disent moins les trésors des gens
Je sais une rengaine, secrète et lointaine
Qui parle du chagrin d’être rendu à bout
Viens me la chanter au creux de mon cou

Mots clés: paparmane
Mis à jour le Mercredi, 31 Mars 2010 14:27
 
La cage de mots Envoyer

paroles _ Denis Girard (2010)

Tu as fait couler un peu de ton âme mon père
De la tienne dans la mienne, une lignée ancienne
Et si je marche droit c’est ton pas qui me guide
Tu as fait couler un peu de ton âme Ma mère
De la tienne dans la mienne de caresses en je t’aime
Et quand par bonheur j’aime c’est par tes yeux ta voix
Comme une signature inscrite au fond de moi
Je deviens homme tu vois comme on suit un chemin
Et si je fais les choses comme personne avant moi
Cette neuve manière C’est l’empreinte de nos doigts
Mes gènes ne gênent pas Ils sèment dans la terre là
Et la nouvelle moisson sera bonne tu verras

Je parle souvent trop peu j’aime bien mieux écouter
Je souris et j’attends je n’aime pas me presser
Je l’ai tant fait jadis à l’heure bête du travail
Où je voulais donner le savoir au bétail
Qui beuglait d’impatience devant cette abondance
De ces biens inutiles qui promettent le plaisir
Ces jolies cartes magiques aux couleurs du désir
Ils voulaient le premier elles voulaient le meilleur
Comme s’ils pouvaient tirer ce fameux numéro
Qui leur donne toutes les clés des plus grands rêves idiots
Un passeport éternel vers la facilité
Comme si faire des efforts était calamité

Il est devenu poète comme ça sans le vouloir
Comme cet étrange matin où une belle contrebasse
Se laissa trémousser sous le jeu de ses doigts
Il n’a de la jeunesse que la fougue l’apparence
Cette force tranquille qui défie le silence
Cette folle conviction que l’on peut tout risquer
Et toute cette tristesse devant la cruauté
Les saccages journaliers de l’eau du feu du pain
Tous ceux qui en ont trop et qui changent leurs mains
Pour des griffes acérées des langues de venin
Pour cet environnement abandonné aux chiens
Financiers ignorants torves politiciens

Un jour tu, je et il se retrouvent en pensée
Dans une cage de mots se promettent plus d’amour
Pour hier

Pour demain

Mis à jour le Mardi, 16 Mars 2010 11:24
 
L'armure Envoyer

Texte _ Denis Girard

J’ai fabriqué une armure
Pour continuer à travailler
J’étais couvert de blessures
De toute une vie d’hostilités

Le mépris de mes collègues
Pour mes années d’ancienneté
La rage pour les privilèges
Qu’ils veulent sans les mériter

J’ai caché mon cœur sous le fer
J’ai même ganté mes mains d’acier
J’ai bien refermé la visière
Sur tous ceux qui peuvent approcher

Le chevalier s’en va en guerre
Dans la société des guerriers
On se bat pour un coin de terre
La richesse, la prospérité

Les armes sont très meurtrières
Les mots et les regards fermés
Les autres sont de grands mystères
Qu’on tue à tant les ignorer

J’ai jeté le casque et l’armure
J’ai trop de mal à respirer
J’aime mieux mourir à l’air pur
Les combats peuvent continuer

J’ai mis mon habit de tendresse
Et mes regards d’humanité
J’offrirai mon cœur tout en liesse
Ma forte et bonne volonté

Mots clés: pastille médicinale
Mis à jour le Mercredi, 27 Janvier 2010 12:09
 
Je sais bien quelque chose Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Novembre 2009

Je sais bien quelque chose
Que je ne peux pas dire
Ça vous gênerait si j’ose
J’aimerais mieux mourir

Les filles rêvent de jobs
Réservées aux garçons
De belles garde-robes
De sexe et de frissons

Les garçons se maquillent
Et portent des bijoux
Ils rêvent de famille
D’enfants sur leurs genoux

Les ministres s’engraissent
En vendant des contrats
Les profits dans leurs caisses
Personne ne le saura

Les pauvres vont à la guerre
Les riches vendent les fusils
Une industrie prospère
L’honneur et les profits

L’Amérique est en crise
Les banques perdent de l’argent
Les gens perdent leurs chemises
Les grands aident les grands

L’argent pille la nature
En goujat en cochon
La vie paie la facture
L’eau devient un poison

Les nations font la guerre
Pour protéger la paix
La mort et la misère
Les ruines et les déchets

Le salaire minimum
Nourrit les ouvriers
Les patrons vont à Rome
Ils l’ont bien mérité

Les Québécois renient
Les rêves de leurs aînés
Ils vendent leurs paradis
And speak money money

Je garde le silence
Sur les couchers d’soleil
Les plages chaudes et immenses
Les riches y vont pareil

Il y a parfois des choses
Qu’on ne peut retenir
C’est sérieux je suppose
Trop triste pour en rire

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Mardi, 22 Décembre 2009 10:35
 
Le marcheur Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Octobre 2009

Je marche tout seul à chaque jour
Je marche pour sortir de ma cour
Je marche pour sauver ma raison
Je marche pour mieux dormir la nuit
Je marche pour faire taire ma colère
Je marche pour oublier mes peines
Je marche pour voir la lune blême

Comme un chameau perdu dans le désert
Je marche pour oublier l’enfer
De vivre sans une once d’amour
Je marche pour fuir tous les vautours
Les profiteurs chacun pour soi
Je marche pour retrouver la voie
Des rêves de paradis perdus
Je marche parce que je n’en peux plus

Je bouffe des milles de pavé
Sur mon vélo ou bien à pied
Je me parle pour me rassurer
Je crie, je pleure sans déranger
Sur les trottoirs de liberté
Je blâme tous ceux qui m’ont triché
Les amoureuses par intérêt
Les lèche-culs à bon marché
Je cherche un beau ciel étoilé
Pour enfin me recommencer

Si Dieu existe en vérité
Pourquoi m’a-t-il persécuté
J’aime mieux maudire le hasard
Le con destin vil charognard
La route est belle dans le silence
La mort doit être douce je pense

De toutes les joies tous les plaisirs
Mes enfants sont ma joie de vivre
Voir babiller ma petite fille
Les bras tendus vers son papou
Je remercie la belle vie
Pour mon vieux cœur cent fois meurtri
Je me laisse tomber à genoux
La douleur ne me rendra pas fou.

Je marche comme un petit soldat
Je fuis toutes les guerres à grands pas
Je marche pour la paix du cœur
La seule la vraie c’est mon bonheur
Sur ma route il y a l’amitié
Pour rire de tous les constipés
Excusez-la mes bons seigneurs
On se reverra d’l’autre bord asteur.

Mots clés: dragée spleenétique
Mis à jour le Lundi, 07 Décembre 2009 11:56
 
Le phare Envoyer

Paroles _ Denis Girard
2005

Aimer c’est la seule chose qui tienne
Qui tienne lieu d’humanité
Toute la vie on s’y entraîne
Sans vraiment y arriver

On croit aimer père et mère
Eux qui nous ont tout donné
Et puis on se fait sévère
Devant les fautes du passé

On croit aimer de jeunes femmes
Sur les ailes rouges du désir
On se consume comme des cierges
La passion coule comme la cire

Et puis on aime une personne
Pour tout son être et son agir
On risque de tout se promettre
Dans une maison faite pour grandir

Et puis on perd tout par maladresse
Elle nous quitte pour un plus beau
Un plus jeune plus prolifique
En illusions et en châteaux

On reprend la chasse aux chimères
Un autre amour sur les bras
On abandonne une terre prospère
Étourdi de ne se connaître pas

Enfin avec beaucoup de chance
On a des enfants à son tour
On apprend à donner du sens
Aux beautés de chaque jour

On comprend la complexité d’un être
Qui mène ses combats glorieux
On cherche à lui faire la fête
De tendres soins et de doux vœux

Au bout du chemin de la quête
Si l’on est aimé des dieux
On aime à nouveau une comète
Et l’on se perd dans ses cheveux
On a plus besoin de promesses

La vie c’est elle comme un cadeau
Chaque jour la chaleur nous pénètre
Au fond de l’âme au creux des os
On s’ouvre enfin à tout connaître

Les mains ouvertes comme des étoiles
Le cœur allumé comme un phare

Mis à jour le Mercredi, 25 Novembre 2009 17:52
 
Yukon Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Yukon, Yukon, on, you qu’on n’é
Tout est couleur d’éternité
J’vois pas où commence la journée
C’est tu icitte que je suis né

Tiens bien la bride au cheval blanc
Sur tes chemins aux quatre vents
La boussole ne connaît que le nord
La lumière monte dans ton corps

Chasseur d’azur et d’infini
La beauté calme ta douleur
Les phoques te prennent pour l’un des leurs
Les pingouins ne dorment plus la nuit

Tu trouveras pour t’assoupir
Une fille aux iris de glacier
Le corps finement ciselé
Par un inuit en plein délire

La musique n’a pas de frontière
La peur jazze en plein désert
La contrebasse fait son chemin
Le rythme est de plus en plus faim

Les montagnes se laissent dominer
Voler leurs cimes inexplorées
L’abîme se cache dans nos souliers
Le voyage vient de commencer

Ch’ te vois courir le bout du monde
À travers tes mots de cristal
Je sens un froid transsidéral
Je lance mon cœur comme une sonde

Tout mon amour autour de toi
L’ancien habite un ours gris
Qui t’enlace et te sourit
Dans son igloo de rêveries

Mis à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 09:56
 
Thetford Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Faut pas s’r’trouver comme Job
Pauvre lui y a perdu sa d’job
Son patron l’a sacré dehors
Y a perdu sa maison son char

Y’avait une bonne job à mine
Asteure y fait des jobines
Y’avait même pu de syndicat
Les boss ont jamais aimé ça

Y’é même retourné à messe
Le p’tit Jésus les promesses
Mais Dieu l’a même pas écouté
Y’a dit d’arrêter de chialer

Mais Job a beaucoup d’enfants
L’hypothèque et les paiements
Il a d’mandé à Lucifer
Parce qu’il savait pu comment faire

Job a fini son chômage
Pardu sa femme son ménage
Satan lui a sauvé la vie
Lui a tout prêté à crédit

Job est devenu fermier
Dans un rang très éloigné
Y passe ses journées dans sa grange
C’est ben payant mais c’est étrange

Y’l’ont arrêté hier
Y’ont saisi toutes ses affaires
Des gros plants de pot dans sa grange
Cachés dans des sacs de vidanges

Me’v’la rendu pauvre comme Job
Moi aussi j’ai perdu ma job
Y’ont toute fermé la Magnola
On aurait jamais pensé ça

Mais qu’est-ce qui fait le gouvernement
Y coupe partout c’est écoeurant
Les villes se brisent en mille morceaux
J’ai peur que ça saute à nouveau
Mots clés: paparmane
Mis à jour le Lundi, 12 Octobre 2009 14:52
 
On cache Envoyer
On cache si bien sa détresse
Sous le travail quotidien
Qui nous tient en laisse
On n’est jamais déprimé
Le sourire toujours affiché
Aux quatre coins de nos journées
Quelle noblesse

On connaît de l’amour la déesse
Jolie avec presque rien
Qui nous met en liesse
On coule les plus belles années
Dans un paradis de beauté  
On le paie de sa liberté  
Le bas blesse

On mène une carrière pittoresque
Des défis herculéens
Qui vite nous oppressent
On voudrait tant être aimé
Pour le meilleur qu’on a donné
On rêve de nous voir retraités
Quelle allégresse

On a femme enfants et collègues
Noués au fil de nos mains
Quand parfois on s’arrête
Les devoirs et les beaux soupers
La magie qui part en fumée
Nos rêves qu’on a mis de côté
Quelle richesse

On prend par dépit une maîtresse
Un jupon fleur du matin
Qui nous prend aux fesses
On espère tout recommencer
Tout en préservant le passé
On finit par tout se gâcher
Quelle défaite

On se cache si bien sa détresse
On a le cœur sur la main
Qui toujours nous déserte
On se sent seul exilé
Quand l’amour nous est refusé
Par un ami, un étranger
Quelle faiblesse

Un soir vient nous coincer la détresse
Une tristesse nous étreint
Sauvage et secrète
On a envie de fracasser
La tête contre les rochers
Engourdir le feu des pensées
S.O.S.

On endort si bien sa détresse
On se fait croire qu’on est bien
On comprend on espère
Que la blessure est fermée
Que le vieux dur s’est réparé
Et l’on se jette dans la mêlée
Quelle prouesse

Paroles _ Denis Girard
Mis à jour le Mercredi, 06 Juillet 2011 12:22
 
Les imbéciles Envoyer
Les imbéciles ne font que travailler
Les crétins sont toujours bien fatigués
Les nonos ont pas l’temps de respirer
Les idiots sont souvent découragés

Ils passent leur vie assis d’vant la télé
Sourient un peu d’être enfin libérés
De leur travail qu’ils font pour se payer
Une p’tite vacance au soleil chaqu’année

Les gagnants sont toujours grassement payés
Les brillants réalisent toutes leurs idées
Les futés payent moins cher pour bien manger
Les bollés s’font payer pour s’amuser

Ils se lancent dans la vie sans hésiter
Gaspillent un peu d’argent pour mieux gagner
Font avaler aux autres leur vérité
Remportent des gros lots très bien placés

Les gagnants aiment bien jouer les imbéciles
Passer pour les pires de tous les crétins
Se conduire en idiot pour être bien
Nonos dans leur joli condo tranquille

Les imbéciles rêvent qu’ils seront gagnants
La loto c’est jamais très très brillant
Les idiots prennent un beau p’tit air futé
S’écoutent un peu parler comme les bollés

Quel joli miroir que la société
Un plus petit que soi à mépriser
Un plus puissant que soi à dénigrer
Un bel emmerdeur pour philosopher

Paroles _ Denis Girard
Mis à jour le Mardi, 07 Juin 2011 15:54
 
Les bons amis Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Les bons amis que la mort a surpris
Sont toujours avec nous
Dans la douce lumière qui enveloppe nos gestes
Dans la feuille rougie abandonnée au vent
Les amis disparus habitent l’air du temps

On voudrait leur parler
Quelque part sur un banc
Surprendre leurs regards
Dans une foule au hasard
Retrouver les odeurs
De ces tendres moments
Qui nous comblaient le cœur
Les fous rires d’antan

Tant les frères que les sœurs
Les complices les parents
Ceux qui nous devinaient
Celles qui nous prévoyaient
Les beaux adolescents
Tous les amis de cœur
Ne nous quittent jamais

Ils ont bien des moyens
Pour nous tendre la main
Il faut guetter leur pas
L’invisible fracas
Le vent qui s’attarde
Les instants immobiles
Où une grande paix
Si fragile et si vraie

Les amis qui la vie
Aimaient passionnément
Toutes ces âmes meurtries
Sous la bêtise du temps
Vivent toujours en nous
Gonflant nos souvenirs
Inventant notre chance
Un peu de notre ardeur
À nommer la beauté
À endiguer la peur

Les amis disparus
Nous suivent dans la rue
Comme des compagnons
D’anciennes saisons
Ils sont notre mémoire
D’une très belle histoire
Ils refusent la mort
Sans nous

Mis à jour le Mercredi, 28 Octobre 2009 10:22
 
L'homme de sable Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Arrangements _ René Béchard

Ma maison est de sable
Et je ne sais comment
Lutter contre les vagues
Les pluies et les courants
Je me cache dans la tour
La plus haute qui soit
Mais toujours les vents lourds
Et les colères du temps
Attaquent ma cachette
Et me frappent violemment
Je tremble dans ma tête
Et ris comme un enfant

Je construis des châteaux
Pour beaucoup de clients
Je les fais les plus beaux
De mémoire d’océan
Ils me font des reproches
Ils le voulaient plus grand
Plus petit ou plus proche
Du ciel et du beau temps
Je ne sais trop que dire
Je pleure au fond de moi
Je les laisse médire
Et soigne mon désarroi

Les rigueurs de l’hiver
La neige et les grands froids
Poudrerie et tempête
Glace noire et verglas
Fissurent mes pauvres murs
Abattent mes cloisons
Arrachent ma toiture
Ébranle ma maison
Je suis si épuisé
Je ne sens plus mon corps
Je vais me retaper
Je me battrai à mort

Je trouverai un matin
Le plan d’un beau bateau
Qui voguera dans les airs
Et volera sur l’eau
La voilure sera fine
Les mâts grands et puissants
Je ferai ma cabine
À l’épreuve des gens
Et pour mes bons amis
J’inventerai des châteaux
Contre les jours trop gris
Les pieuvres, les cachalots

Mots clés: pastille médicinale
Mis à jour le Mardi, 29 Septembre 2009 10:56
 
Les assassins modernes Envoyer

Paroles _ Denis Girard

À Vincent Jones, à Earl Lacroix et à tous leurs semblables.

Les assassins modernes n’ont plus de pistolet
Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets
Ils ont de bonnes manières un sourire discret
Convoite les tirelires et les porte-monnaie

Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux
Conseillers financiers et monteurs de bateaux
Ils donnent des garanties de haute moralité
Et montent des combines pour nous entourlouper

Et quand vient le grand jour de dire la vérité
Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger
Dans des comptes très surs secrets numérotés
Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés

Les assassins modernes vont toujours en prison
Pour une ou deux semaines pour la comparution
Les meilleurs avocats invalident les lois
Et les font évader dans l’hôtel de leur choix

Les victimes blessées s’en arrachent les yeux
Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux
Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps
Ils se voient condamnés à des travaux forcés

La vie n’a plus pour eux la plus petite joie
L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids
Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie
Ils guettent sa venue révoltés et ravies

Les assassins modernes n’ont plus de pistolets
Ils vous tuent en  volant votre porte-monnaie
Vos rentes vos placements et vos économies
Oyez frères humains la belle tragédie
Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)

À Vincent Lacroix, à Earl Jones et à tous leurs semblables.

Les assassins modernes n’ont plus de pistolet

Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets

Ils ont de bonnes manières un sourire discret

Convoite les tirelires et les porte-monnaie

Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux

Conseillers financiers et monteurs de bateaux

Ils donnent des garanties de haute moralité

Et montent des combines pour nous entourlouper

Et quand vient le grand jour de dire la vérité

Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger

Dans des comptes très surs secrets numérotés

Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés

Les assassins modernes vont toujours en prison

Pour une ou deux semaines pour la comparution

Les meilleurs avocats invalident les lois

Et les font évader dans l’hôtel de leur choix

Les victimes blessées s’en arrachent les yeux

Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux

Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps

Ils se voient condamnés à des travaux forcés

La vie n’a plus pour eux la plus petite joie

L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids

Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie

Ils guettent sa venue révoltés et ravies

Les assassins modernes n’ont plus de pistolets

Ils vous tuent en volant votre porte-monnaie

Vos rentes vos placements et vos économies

Oyez frères humains la belle tragédie

Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Mercredi, 30 Septembre 2009 11:01
 
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