Il en faudrait bien davantage Des chevaliers de la confiance Comme des aveugles derrière leur chien Qui s’abandonnent et goûtent leur chance Sans jamais se méfier de rien Les pépins les pires catastrophes Qui traversent le quotidien Devant toi jamais ne se portent Car tu es sûr que tout va bien
Refrain Debout seul sur le bord du gouffre Le long du cortège des souffrances Tu crois que tout va pour le mieux Face à la faucheuse qui rôde Tu changes la mort en vacances
Tu as le cœur le plus candide Et toutes les ronces de mon jardin Deviennent si petites soudain Quand tes canulars y fleurissent Comme des drapeaux sur un parcours Pour souligner nos belles conquêtes Laissent la paix sur ma maison Comme ces vieux films américains Où le bonheur gagne à la fin
Je veux apprendre de ton regard À croire que j’ai le grand pouvoir De faire pencher la folle balance Qui guide la couleur du destin Vers les continents de la chance Le cœur agit comme un aimant Sur les deux pôles de l’avenir Et le secret du devenir Dépend du poète qui s’invente
Dans cette vie chacun son kayak Comme un beau cadeau à la naissance On pleure dans la première descente Du ventre si doux de sa maman On apprend vite à le faire flotter Sur les durs rapides de l’école Le cœur détraqué par la violence La fine cruauté et le mépris
Dans cette vie chacun son kayak Comme une frêle coquille dans la famille Dans les orages de l’adolescence Quand la méchanceté y fourmille Blindé dans la prison des silences En rêvant du troublant corps des filles Notre kayak chavire et se brise Sous la chaude guimauve de l’amour
Dans cette vie chacun son kayak On le croit à jamais fait pour deux Et l’on étire notre frêle voilier Qui doucement s’envole éthéré On invente même les plus beaux enfants Et capitane du bel équipage On file toutes voiles dehors vers le large Vers l’azur bleu et le beau temps
Dans cette vie chacun son kayak Soudain l’esquif chargé se déchire La femme quitte la première le navire Le capitaine calcule les dégâts Les enfants préparent leurs neuves croisières Les deux parents retrouvent leurs affaires Ils rapiècent seuls leurs vieilles voilures
Dans cette vie chacun son kayak Les amis nous réchauffent le coeur Ils partagent les voyages les conquêtes Pour chaque kayak un seul modèle Son grain de peau, sa coque, sa voilure Comme figure de proue la signature De cet authentique grand inventeur L’homme seul génie de sa folle vie
Dans cette vie chacun son kayak On sait la force des vents des marées Les récifs éventrent tant de bateaux Que le vieux loup vogue l’œil aux aguets Le grand océan tellement l’attire À chaque voyage le large le grise Se savoir seul avec des milliers Ému de son audace d’être lui
Dans cette vie chacun son kayak L’amour l’a envoyé par le fond Et tant mieux si la romance le brise La passion vaut cent fois la dérive On sourit quand on coule à la fin Tous les visages défilent sur les vagues Et puis le vide prend sa grande place La mort frappe comme un violent baiser
Refrain : Le doux baiser volés Les promesses de ta peau Nos regards déchaînés Toi et moi blue tango
L’amour est une danse une cadenc’ un tempo Dès les premières mesures sur la pist’ on se lance D’un seul regard homm’ et femme se mélangent Pour le slow hot la folle samba le grand tango
Le slow dure une nuit, la samba des années Le tango c’est l’instant, on se donne et on prend Deux cœurs qui s’improvisent, tu me saoules, je te grise Sans arrêt, tu me guides, je te suis, on dérive
Refrain
Il n’y a rien d’interdit chaque pas nous crie C’est le rythme qui conduit cett’ marche démente Il est beau et racé, elle troublante, révoltée Tout est perdu, rien n’est gagné, la musiqu’ danse
Les je t’aime, les je te veux, les encore c’est mieux Les ruptures la jalousie les traîtris’ au lit Les insoumis les passionnés inassouvis Joue le tout pour le tout la belle dernièr’ chance
Refrain
Il n’y a jamais d’gagnants, pas plus de perdants Un seul vainqueur c’est l’engouement pour la danse C’est merveilleux la romanc’ de ces cœurs qui tanguent Insouciants et vibrants enlacés qui s’élancent
Tu me livres toutes tes suav’ pensées à nue Tu me chevauches sous une lune violacée Je me laisse totalement soumettre possédé Je fracasse d’une gifle ton piège doré
J’ai pas d’homme Juste des cons Qui m’ennuient Comme c’est long Des messieurs Mal barrés Qui ont peur D’s’engager
Elle avait connu des hommes trop petits, Ils l’avaient aimée certes mais pas assez D’autres l’avaient entourée de douceurs Mais sans y mettre vraiment tout leur cœur Elle avait pensé un jour se marier Mais les deux familles s’en étaient mêlées Et las le tourtereau l’avait plaquée Elle trop orgueilleuse n’avait pas rappelé
Y a plus d’homme Des enfants Qui voudraient Une maman Comment faire Pour trouver Un vrai mec À aimer
Dans sa vie elle n’a jamais eu de chance Pour les hommes toujours quelque chose qui manque Un amant qui a peur de s’engager Un actif qui ne peut pas s’arrêter Un parleur qui ne sait pas écouter Un logique qui a peur d’ses sentiments Elle ne sort jamais le bon numéro Quand elle y pense juste des gros zéros
Y’a pas d’homme Pas d’homme Pas d’homme Juste des femmes Des bonnes femmes Qui s’pavanent Qui s’désâment C’est un drame
À chaque jour c’est l’amour qui lui manque Et tous ces amis qui veulent la gâter Ces frères, ces sœurs là pour bien l’ entourer Ne pourront jamais la réconforter Il n’y a qu’elle qui peut se le donner Et dès qu’ils partent elle se sent désertée
Y a son père Occupé Et son coeur Enfermé Pas un mot Le silence Une fillette Délaissée
Y a des humains qui courent après la gloire Qui donneraient tout pour passer à l’histoire D’autres qui font des heures sup pour le pognon Pour mettre un jour la main sur leur million
Y en a qui luttent pour sauver la planète Pour mettre un peu de vert dans leur assiette Y en a qui cherchent le vrai sens de la vie Et méditent en silence sur un tapis
Y en a qui se nourrissent de connaissances Pour éloigner un peu leur ignorance Y en a qui cherchent les idées de génie Et trouvent soudain en tombant de leur lit
Mais moi je suis vraiment très très modeste Je prends ça comme ça vient sans trop de stress Je suis le soleil à tous les matins Et j’apprécie ce qui m’tombe sous la main
J’ai eu la piqûre quand j‘étais jeunot J’évite autant que je peux les problèmes Je suis à mon meilleur quand y fait beau Et quand ça se gâte je rigole quand même
Je suis un grand jouisseur de la bonne bouffe Mon bonheur suit le chemin de ma bouche Je goûte autant les fleurs que les gigots Je suis épicurien c’est mon défaut
Faut pas trop s’en faire pour les bidules Pour toutes ces machines qui nous calculent Y a que le plaisir qui nous fait du bien Et dès qu’on a une chance on fait pu rien
Les plaisirs de l’amour je le confesse Ramène son homme sur ses fesses Mais seul l’amour le comble et le soutient C’est ce qui le distingue de son chien
Tu peux te maquiller et faire rougir tes lèvres Asperger tout ton corps du plus doux lait de chèvre Suivre ces régimes qui te promettent la beauté Endosser ta belle robe te parer de colliers
Ce que j’aime de toi Se voit les yeux fermés C’est l’odeur de ta voix Le goût de ton sourire Le bruit de ta peau douce La musique de ton souffle
Tu peux partir le jour pour mener tes affaires Revenir à la nuit épuisée et blessée Manger comme un oiseau trimer comme une bête Vivre pour tes enfants t’oublier sur le carreau
Ce que j’aime de toi Me fait changer de tête Me fait rire des malheurs Cultiver le présent Cracher le nez en l’air Chanter le mauvais temps
Tu peux défier la mort donner ton sang ta force Perdre tes richesses donner mon temps aux loups Caresser tes projets rénover tous nos murs Déménager sur Mars repartir au matin
Ce que j’aime de toi Ne me quitte jamais C’est un peu dans ma voix Perdu dans mes cheveux Personne ne le voit Une seule le devine
Vous ne savez rien d’elle pas même sa silhouette Elle n’aime pas les fouineurs repousse les amitiés Elle s’approche si près pour tout dire à l’oreille Que le plus grand secret scelle notre intimité
Ce que j’aime de toi C’est difficile à croire Un roman inconnu Une histoire inventée Tellement invisible Qu’on ne peut le voler
Ce que j’aime de toi Se voit les yeux fermés C’est l’odeur de ta voix Le goût de ton sourire Le bruit de ta peau douce La musique de ton souffle
Comme une éclaircie, un endroit béni Baigné de lumière au milieu des bois Un coin isolé de tous ignoré Un chemin perdu enfoui disparu J’ai vu des instants de précieux moments Surgir dans ma vie comme des soleils Au coin d’une rue, au bout d’une nuit Déchirer le voile de ma petite vie Comme la clef perdue de ma drôle d’histoire Révélée soudain dans sa vérité Tellement nourrissante de simple beauté
Là pour une minute une éternité J’ai su le pourquoi un jour j’étais né Je me suis promis de n’pas l’oublier J’ai su mes erreurs, mes pas égarés J’ai vu ma fureur pour le temps gâché J’ai fait des projets j’ai même juré Et puis la routine le grand quotidien M’a fermé les yeux de ses petits riens J’ai fait mon devoir comme un petit chien Qui suit la parade un peu comme ça vient J’ai fait un travail pour qu’on m’aime bien
Mais ces rendez-vous de mon existence Où j’ai découvert de ma vie le sens Me traque aux détours de ma vie d’absence Me force à crier pour montrer l’urgence De choisir la vie de l’homme courageux Cette belle folie qui dort dans nos yeux Ce projet absurde lourd et ténébreux Dont seul on comprend le prix et l’enjeu Toute la nature cette chère complice Vient nous proposer comme pour un fils De faire comme l’arbre debout sous le ciel De pousser sa sève vers ses blancs soleils
Le seul rendez-vous qui sait nous attendre Dort au fond de nous au creux de nos ventres Il est toujours temps de se décider À faire le chemin qu’on avait rêvé Même le destin ne peut rien y faire Il s’agit enfin de nous satisfaire Cette histoire d’amour finit toujours bien Comme un grand cadeau caché dans sa main La magie de vivre éclate dans nos veines Ce bel univers de notre vie même Vouée à un rêve unique sous les cieux Une porte ouverte sur le merveilleux Celui qui décide devient-il son dieu
Mon terrible amour, je tremble à te regarder Je sens rugir en toi les vieux monstres d’hier Je me force à sourire pour ne pas t’inquiéter Mais je crains ta fureur contre la trahison Cette marée de mensonges éclabousse mon nom Et j’ai peur de périr pour les crimes de mes pairs
Je sens toute ta méfiance collée à mes regards Le coureur de jupons qui jure qu’il est fidèle Ta mémoire te commande de ne plus jamais croire Ces petits séducteurs assoiffés de conquêtes J’ai été de ceux-là mais l’amour me transforme Mon âme plaide pour moi tes blessures me condamnent
J’ai peur de toi comme un drogué au paradis Des artifices de cet amour qui me nourrit Tu m’ fais planer au-dessus de mes bourbiers De solitude de désespoir de faussetés Comme la géante maîtresse de mon pays de nains C’est la tourmente quand tu t’ lèves chaque matin
Au début comme un idiot je t’ai désirée Au creux de ton lit j’ai goûté le sublime J’ai flotté insouciant enivré de plaisir Tu parlais sentiment tournée vers l’avenir Avec dans tes cheveux un goût d’éternité J’étais prêt au grand saut ému ensorcelé
Ma redoutable femme plus libre qu’une gitane Je goûte ta jeunesse comme un fruit défendu Moi qui me sens si vieux devant tous tes amis Qui s’amusent de bons mots que j’ai déjà compris Je te vois me quitter dans une prochaine vie Et je sais déjà pourquoi tu seras partie
J’ai peur ah comme j’ai peur que soudain tu te fatigues De mon rire,de ma tête de mes bouffonneries De ma façon de dire je t’aime comme on supplie Moi qui ne serai jamais l’homme qui te séduit Je ne suis qu’un comédien tombé amoureux De cette jolie petite qui m’a crevé les yeux
Oh toi ma folle douleur C’est toi qui m’as mis au monde Tes cris tes plaintes ta peur Raisonnent au fond de ma tête Forcent le rythme de mon cœur Tu m’as forcé à me battre À braver ma frayeur Parmi la horde d’étrangers À reconnaître l’ami
Toi ma précieuse douleur Mon fils porte bien ta marque Sa sagesse se nourrit De la lumière que tu jettes Sur nos cœurs endoloris Il sait la valeur des choses Le lourd prix de la beauté Il guette tes vagues ta tempête La faiblesse de ta colère
Toi ma secrète douleur Ma femme a les yeux meurtris La souffrance sur elle se lit Je l’ai trouvée la plus belle Tellement fière insoumise Sous les duperies des gredins Tu m’as dit c’est ta promise Son sourire tendre et mutin Parle des offenses en son sein
Oh ma puissante douleur Quand reposée assouvie Tu laisses poindre le bonheur Tu tiens la terre dans tes mains Elle tremble sous la guerre la faim Toi mère de l’humanité Tu tortures pour enseigner Le prix qu’il nous faut payer Pour apprendre à nous aimer
Toi ma plus noble douleur C’est la grande fête dans ma tête Mon amour va arriver Les poignards dans son ventre Une autre ignoble maladie Que s’épuisent le jour la nuit Endors-toi la belle douleur Laisse-nous encore quelques heures Laisse passer un clair de lune La joie file s’évanouit
Mon omnisciente douleur Tu célèbres ta victoire Au début en fin de vie Les larmes tes fruits les plus doux Toutes les vérités en prime Les vieux sages te chantent leurs hymnes Tous ces gens unis ensemble La paix dans ces yeux humains La souffrance est une amie
Paroles _ Denis Girard et Hugo Blouin (janvier 2011)
Il vivait comme un moine qui a perdu son Dieu Seul dans la maison où il revoyait ses filles Jouer autour de lui affairé aux fourneaux Le cœur en miett’s déchiré par la trahison Révolté d’avoir cru à un semblant d’amour
Et cette froideur dans ses yeux quand elle est partie Comme si tout était faux depuis le tout début Le plaisir le désir les frissons le bonheur Il sentait le poids des briques s’écrouler sur lui Comme une maison effondrée sous les murs pourris
Il vivait comme un moine qui en voulait à Dieu Seul sur son vélo, il s’entraînait, arpentait Filait la route en tissant sa rancœur sèche Cœur aux lèvres, larme au poing, la haîne au corps Déchiré de ses chaînes qu’il ne pouvait quitter
Et cette froideur dans ses yeux quand il marchait Comme si tout était trop depuis le tout début Le plaisir le désir les frissons la douceur Il sentait qu'elle ne l'avait jamais trouvé beau Comme un gars effondré sous les voeux trahis
Il vivait comme un moine, mais revenait sur terre Seul sous sa tristesse il voyait sa petite fille Qui souriait, son petit-fils sur ses genoux Le plaisir les p’tits rires les frissons le bonheur Il dev'nait si heureux à jouer la nounou
Et cette froideur dans ses yeux revenu chez lui Comme si tout était faux depuis le tout début Le plaisir le désir les frissons le bonheur Il sentait le poids des briques s’écrouler sur lui Comme une maison effondrée sous les murs pourris
Paroles _ Denis Girard et Hugo Blouin (novembre 2010)
Brav’s gens, je suis un chercheur d’or Et l’or ça ne court pas les rues Les voleurs pillent les coffres-forts Aux yeux des gens sur les avenues Politiques collectant pots de vin En sifflotant au coin des rues Financiers volant leurs clients À coup de millions sans être vus
Les pauvres gens vont à la guerre Les terroristes, brûlent les trains Et moi je cherche sous notre terre De quoi arroser le bon grain Je suis l’plus fou des optimistes De l’or bleu coule dans ce pays Aux yeux des hommes dans ceux des femmes Qui creusent, qui coulent, qui chantent ici
Brav’s gens, je suis un chercheur d’or Mon or je sais comment l’trouver J’commence par juste un peu d’espoir Au creux du ventre et puis croyez Je pense que j’ai queq’part un fils Qui cherche son or sans s’inquiéter Comme s’il y avait au fond du trou Le courage de recommencer
Brav’ gens, creusez, coulez, trimez Quand trinquent bandits et policiers Il doit y avoir, au fond du nous La folie de recommencer
Jacques Barbeau : le chantre des souvenirs (hommage)
Paroles : Denis Girard. Musique : René Béchard. Voix : Élyse Béchard, René Lefebvre.
Le peintre vit dans ses souvenirs Il met les voiles sur ses toiles
Le peintre vit dans ses souvenirs Au cœur de ce petit village Où la magie dessinait les images De la vie d’un peuple sage Qui grandissait sans ambages Sous l’œil du curé qui veillait Ses ouailles qui pêchaient le plaisir De l’évêque drapé dans sa prestance Avec grâce et fière contenance La vie était faite de dimanches Où le bonheur chantait au jubé
Son pinceau sait le rajeunir Ouvrir les chemins des étoiles
Le peintre parle de son village Quand la vie faisait bon ménage Le diable jouait les bedeaux Derrière la chaire pour les sermons Le curé prêchait comme un démon Le ciel tournait au bleu l’enfer au rouge La quête encaissait les dollars Le clergé veillait sur l’or et le grain Les bonnes sœurs en soutanes Angéliques sous leurs cornettes Se rendaient gaiement à la messe Les cloches sonnaient les saisons
Son chevalet sait le conduire Au-delà des masques et des voiles
Le peintre ricane avec malice Des péchés cachés sous la table Du printemps au sirop d’érable Des amoureux aux épousailles De la carriole qui se rend à l’office Des chevaux dansant en cadence Sur la neige blanche du matin Il suit l’habitant au bout du champ Posant la fourche après les foins Goûte la miche du bon pain Récite le chapelet à genoux Court les hôtels avec les filous
Il parle en ombres et en lumière Devine les figures et les signes
Le peintre construit des énigmes Son pinceau trace les lignes Cache les rêves et les secrets Il raconte les joies et les drames De toutes ces bonnes âmes Qui accouchent de ses mains Il fait jaser sur ses toiles L’oiseau et la feuille de l’arbre Construit le calme et l’harmonie Il connaît de Dieu les largesses Donne la vie avec noblesse S’abandonne au pire des courroux Tue celui qu’il désavoue
Il perce les regards des pierres S’abreuve aux célestes vignes
Le peintre s’abandonne à l’ivresse Des jolies filles que la nuit caresse Le violon met le cœur en liesse Les hommes dévissent les flacons On trinque à la bonne récolte Aux petits qui entrent à l’école Aux promesses folles de l’avenir Demain comblera tous les désirs La voix de l’orgue monte à l’église Les vieilles filles grignotent complices Les plus belles réputations
Le peintre chante ses souvenirs Sur une musique de satyre
Le peintre mène la jacquerie Contre la violence et la bêtise La vie de demain lui semble grise La sagesse du passé lui sourit Le peintre étale sa palette Le temps bascule par la fenêtre C’est le voyage dans le temps Il voit son père et le village Sa mère dresse la table Ça sent la terre et le printemps Soudain le peintre a vingt ans Tout le monde l’attendait pour la fête La musique monte dans sa tête Il est minuit il va renaître Entre les cuisses d’une beauté Le peintre est ressuscité
Le peintre vit dans ses souvenirs Il met les voiles sur ses toiles Son pinceau sait le rajeunir Ouvrir les chemins des étoiles Son chevalet sait le conduire Au-delà des masques et des voiles Il parle en ombres et en lumière Devine les figures et les signes Il perce les regards des pierres S’abreuve aux célestes vignes Le peintre chante ses souvenirs
Ces grands adolescents qui refusent de vieillir Tellement émouvants qu’on voudrait vite rajeunir Pour pouvoir les choyer une nouvelle fois Les aider à guérir blottis entre nos bras
Ces beaux rois fainéants assis devant leurs jeux Qui exigent de nous toujours plus toujours mieux Se font tirer l’oreille pour se pencher les yeux Sur les mille problèmes qui ne parlent pas d’eux
Ils sont si pathétiques à souffrir le martyre Pour une petite corvée un ménage à finir Il faut tant supplier pour qu’ils lèvent le doigt Qu’on fait tout étonné qu’ils ne protestent pas
Et pour leur pardonner on accuse souvent Le grand vide provoqué par tous ces faux parents Qui essaient de soigner leurs blessures d’enfants Sous un ciel de jupons ou une pluie de glands
Tout ce que nos parents ont voulu nous montrer Les nobles sentiments la générosité Le plaisir de donner sans attendre en retour Apparaissent à leurs yeux des rêves de troubadour
Toutes les générations tentent d’évoluer En cassant la figure à leurs pauvres aînés On met à la poubelle leurs nobles expériences En cachant sous l’humour toute l’indifférence
Ces beaux effarouchés qu’on a privés d’amour Sont parfois délinquants révoltés au cœur lourd Ils veulent réinventer un monde où les parents Ne détruisent jamais les châteaux des enfants
Ces grands bébés rageurs quand ils tombent en amour Inventent des vérités qu’ils défendront toujours Contre tous les petits au chaud dans leurs girons Qui riront à leur tour de leurs belles convictions
Les sottes étiquettes veulent figer les couleurs Bébés rois ou téflons, X, Y ou boomers On apprend à aimer dans des bras imparfaits Et pour tout réparer on donne ce qu’on voulait
Rien qu’une musique de bordel De lieux mal famés de boxons Des filles de petite vertu Des maquereaux en pleine action Tous les alcools de contrebande Quelques maffiosi mélomanes Voilà la très jolie maison Du jazz de la tour de Babel
Le péché Mortel est de mise L’infidélité coutumière La plus grande extase est promise Par ces amoureuses ouvrières Le piano sonne la passion La fine lingerie lui sert De langoureuse évocation De l’interdit de ce concert
Le jazz fait du libertinage Favorise l’improvisation Les instruments du bavardage Le saxophone des vibrations La contrebasse donne le rythme Pousse la trompette vers l’évasion Cette musique est née du sexe Pousse la vie vers la fusion
Le jazz de la tour de Babel Naquit un jour de perversion Plus pure plus noble et plus rebelle Que les classiques productions Le jazz ne connaît pas de maître Mais ses amis sont par millions Jouer un peu pour vous connaître Chaque musicien a sa façon
En ouvrant ma toute première bière Je me suis trouvé des amis On riait de tout on claquait nos verres Et on criait « Québec mon pays »
Le gros Pierre chantait Mexico Avec la voix de Tino Rossi Le Bougon nous parlait de jupons De sexe fou et de séduction Jean-Paul se voyait sur la grande scène
Sous les ovations et les bravos Moi je rêvais d’amour et de filles Sur les ailes de mon stylo à bille Les politiciens sont tous des vendus Pour un peu d’argent ils sourient à la reine Les politiciens sont tous des vendus Pour beaucoup d’argent ils lui embrassent le…
Dans cette taverne devenue brasserie La bière faisait ses tours de magie Gros Pierre devenait très sûr de lui Le Bougon le grand Roi des charmeurs Jean-Paul s’inventait des mélodies Moi j’écrivais de grandes poésies
Après trois heures le cœur dans la bière On était prêts pour aller draguer Sous les bruits sourds de la discothèque Avec au fond le besoin d’aimer
Et coule, coule la grosse bière Pour nous donner un peu de chaleur Quand au matin le cœur peu fier On mentait pour sauver l’honneur
La fille était la plus jolie Elle était merveilleuse au lit Et blablabli et blablabla On est si seul quand on fait ça
Les garçons sont tous des tordus Pour un peu d’respect ils s’inventent des reines Les garçons sont tous des tordus Pour beaucoup d’respect ils leur prennent le …
Les secrets de famille Qu'on a toujours cachés Il n'aurait pas fallu les dire à la Camille C'est un panier percé Tout l'monde saura en ville Avant que la semaine ne soit toute achevée Et quand les gens sauront Faudra vous expliquer Et vous paierez la note Devant tout le comté
Qu'est-ce qu'une fille peut faire Quand son tchum l'a plaquée Pour une petite cocotte Avec un beau body Elle se met en colère Et pense à se venger Contre François Lemaire Et la belle Camille Elle va placoter Bien sûr elle va tout dire Les vertes et les pas mûres Eh oui ça va faire dur
Il n'y a rien de mal À dire la vérité François baise une mineure René boit comme un trou Julien est une Julienne Julie aime les filles Le père est su'l BS La mère danse au poteau Jean-Paul a tout perdu En jouant au casino Lucille a sa page web Dans un p'tit site porno
Les gens de La Patrie Ne savent pus quoi penser Monsieur François Lemaire Avocat réputé Fréquenterait une fille Qui travaille au marché Elle paraît ses 20ans Mais elle n'en a que seize Son père est mal à l'aise Couches-tu avec lui Qu'il lui a demandé Elle s'est mise à brailler
Monsieur Roger Ménard Truckeur de profession A frappé M'sieur Lemaire Hier chez l'épicier C'est à cause de sa fille Sonia son pt'it bébé Il sortait avec elle Depuis une bonne année Il a entendu dire Qu'il l'aurait abusée Même si c'était pas vrai Il l'a bien arrangé
Les secrets de famille Peuvent parfois nous aider À nous faire justice Quand on est au supplice Avec un courailleux Qui vous a humiliée La famille des Lemaire Tous des collets montés N'osent plus sortir dehors Personne veut leur parler L'avocat en prison Y vont déménager
Le ciel me tombe sur la tête Des tonnes de feuilles comme une tempête Yen a partout. ça m’rend malade J’passe mon temps à les ramasser Le vent les souffle de mon côté La fin d’semaine va y passer Quand est-ce que ça va arrêter
On dirait une malédiction Venue du ciel comme de raison La nuit je rêve que j’roule une pierre Jusqu’en haut d’une montagne de verre Quand je pense que j’suis arrivé Là à déboule de l’autre côté
Dans deux mois ça va être l’hiver Avec la neige la même affaire J’ai toujours détesté pelleter Ça va faire comme l’année passée Le jour de la plus grosse bordée Ma maudite souffleuse va péter Pis là le cave y va rusher
Pourquoi les hommes sont condamnés A toujours toute recommencer Dans les amours et au travail On s’fait souvent donner not’ bleu Là on se retrouve les larmes aux yeux Mais une fois qu’on a tout perdu On regarde d’l’autre côté d’la rue
Le bon Sisyphe très très patient Ramasse toutes ses feuilles en chantant Fait des montagnes pour les enfants Et quand il voit l’hiver venir Heureux il se met à courir Dans les entrées de ses voisins Il aime déblayer le chemin
Après quelques centaines d’années Le vieux Sisyphe a tout pigé La vie prend plaisir à défaire Les Titanic construits en fer Toutes les illusions des humains Qu’ils peuvent contrôler leur destin Il fait son lit à chaque matin
Bien installé dans l’éden A la belle aube des temps Adam dominait sans peine Sa femme et tous les vivants Il vit le fruit défendu Êve couchée toute nue Et sa supériorité Tout d’un coup s’est écroulée Devant les jolies rondeurs De sa belle divinité Et la femme prit le pouvoir Et l’homme refusa d’y croire
Dieu, je suis un homme trahi Par la sale géométrie Ma femme possède l’arme fatale Toutes ses courbes sont géniales Je suis idiot quand je dis Que mon coup droit c’est ma vie Ma femme sait se déhancher Pour totalement me troubler Alors elle prend le contrôle Et je la couvre de roses Pour qu’enfin je puisse entrer Dans le cercle des voluptés
Et me voilà qui exhibe Tous mes attributs virils Comme si c’était mon pouvoir Qui fait glisser son fermoir Car en amour pour grandir Ma femme doit me secourir J’ai beau jouer des biceps Faire de la musculation Même la plus belle érection Peut s’écrouler d’un coup sec L’étalon n’impressionne plus Dès que madame n’en veut plus
Debout devant son miroir Elle se dévêt chaque soir La douce rondeur de ses seins Ses hanches qui roulent si bien Et lorsqu’elle pivote sans bruit Deux sphères parfaites rosées D’un seul coup viennent m’enjôler Comment faire pour dominer Le summum de la beauté C’est Satan qui a créé Ces boules ensorcelées Qui savent nous aguicher
Un soir j’ai bien eu l’idée De diviser pour régner Je me suis pris une maîtresse Une jolie blonde aux grandes tresses Mais le triangle amoureux M’a fait perdre mes cheveux J’étais jaloux de l’amant Qu’elle a pris en souriant Il me fallait pour bander Imaginer ses nénés Sans elle je suis fini Ma prestance ramollit
Je suis un pauvre homme trahi Par la sale géométrie Euclide avait tout compris Le sexe m’a rendu zombi A chaque jour de ma vie J’écoute ma femme et je suis Ma mère l’avait pourtant dit N’écoute pas ton zizi Un homme n’est plus rien sur terre S’il ne mène pas ses affaires Mais je suis un Québécois Vive le matriarcat
Ti-poil, ti-poil merci ti-poil Pour le Québec et le P.Q. Un grand pays imaginé Un grand combat, presque gagné Et tous nos gens en changement
C’était d’la marde la politique Des magouilles et des pots de vin Avant tes p’tits cours théoriques Avec ton émission le point Ça devenait clair tout d’un coup L’idée de nationaliser L’électricité dans nos mains Et des tarifs moins élevés
C’ta cause de toé mon bon René Toé le premier des Québéquois Si tout un peuple s’est retrouvé Fier de parler sa langue chez soi Fier des produits créés ici De son savoir de son génie Et on s’est mis à s’épauler Heureux à s’fêter comme des rois
Pis y a eu les référendums Tu le voulais tant not’ pays Les libéraux te l’ont volé Le fédéral nous a trompés Mais ça fait rien mon cher Ti-poil J’m’habille le cœur de not’drapeau Fier de savoir ce que l’on vaut La fleur de lys pour seule étoile
Tu avais de très bonnes idées L’équipe pour les réaliser Mais notre peuple partait de loin Les bons curés et leurs p’tits pains La confiance c’est long à construire Et tellement facile à détruire Il suffit d’un autre libéral Plus faux que l’bonhomme carnaval
La plus belle des révolutions Tu l’as réussi sans canons Juste à parler d’une nation De travailleurs sans concessions Dans les usines dans les bureaux On s’est senti un peu plus beau Tu nous as fait un vrai cadeau Qu’on peut léguer à nos enfants
Sur not drapeau la fleur de lys C’est un cadeau des rois français Un vieux symbole qui leur restait Avant que les anglais les câlissent En dehors d’ la pauvre Amérique Depuis c’temps-là on est colon Avec les anglais comme patron Merci encore mon bon René Pour leur avoir rivé le nez
Cette chanson n’en finit plus Comme le combat de cette nation On n’en parle plus sus l’coin des rues On rêve de promesses d’élection Et on brandit le gros squelette De la vieille et laide pauvreté On r’met not’av’nir à demain Sous la vieille peur d’être ruiné
Tu sais ti-poil y a beaucoup d’jeunes Qui n’ont jamais eu froid aux yeux Qui savent rêver sans avoir peur De prendre leur place le cœur heureux Ils se moquent des oiseaux d’malheur Qui lèchent le derrière des anglais Ils choisiront eux la bonne heure Pour se faire un pays un vrai
Il manque souvent juste un ti poil Pour changer les choses qu’on voulait Pour travailler la tête haute Pour parler français à Montréal Pour libérer les libéraux De ses menteurs de ses idiots Pour sortir un nouveau Québec De sa terre de froid et d’échecs
Paroles _ Denis Girard Musique _ René Béchard Interprète _ Julie Béchard
Quand je peux plus jouer avec personne Que j’ai plus d’ami au téléphone Que c’est plate à la télévision Que je m’ennuie tout seul à la maison Quand papa et maman sont partis Je vais retrouver mon meilleur ami
Refrain : Il s’appelle Chicouk et moi je le vois Il raconte des histoires à dormir debout On joue à des jeux et on fait les fous
Mon père a dit qu’il n’existe pas Que c’est moi qui invente tout ça Et ma mère veut le voir pour le croire Mais moi je ne raconte pas d’histoire Ils sont bien trop grands pour me comprendre Ils sont trop sérieux pour l’entendre
Refrain
Il m’a dit que l’auto de mon père C’est beaucoup plus sans en avoir l’air Que soudain au milieu de la nuit À minuit quand tous les chats sont gris Elle se transforme en vaisseau spatial Elle s’envole vers les étoiles
Refrain
Ce soir quand tout l’monde dormira Chicouk et moi on s’envolera Et quand viendra le petit matin Et quand viendra le petit matin Papa et maman ils verront bien Papa et maman ils verront bien
Paroles _ Denis Girard Musique _ René Béchard Interprète _ Julie Béchard
Je vis dans la chambre D’un petit garçon Il s’appelle Alexandre Il aime les bonbons Je suis son ami Et comme son ourson Je suis son jouet Son beau perroquet
Perroquet, Placotis Que sais-tu de la vie T’es devenu très savant À écouter les gens Répète, répète C’que tu connais des planètes
Je sais que la Grande Ourse N’est pas un animal Qu’elle peut faire la course Plus vite qu’un orignal Que sur la Voie lactée Ce n’est pas laid du tout Et qu’autour de Saturne On a fait des anneaux C’est pour rouler à vélo
Perroquet, Placotis Que sais-tu de la vie T’es devenu très savant À écouter les gens Répète, répète C’que t’as fait comme découvertes
Je sais que dans la mer Au plus profond des eaux Y a des bateaux pirates Et des requins marteaux Que la baleine à bosses Chante mieux que les oiseaux Que tous les chiens de mer N’ont ni niche ni collier Et ne savent pas japper
Perroquet, Placotis Que sais-tu de la vie T’es devenu très savant À écouter les gens Répète, répète Tous tes trucs et tes cachettes
Je sais que les fantômes Les sorcières les dragons Les lutins et les gnomes C’est pour les cornichons Que les affreux vampires Portent des fausses dents Que tous les animaux Ont appris à parler Dans les bandes dessinées
Perroquet, Placotis Viens plus près de mon lit Si j’te donne mon secret Tu l’répèteras jamais Jure-le moi, jure-le moi Ou je donne ta langue au chat
Je vis dans la chambre D’un petit garçon Il s’appelle Alexandre Il aime les bonbons Je suis son ami Et comme son ourson Je connais son secret Et je l’répèterai jamais
Mi ni my ni mots Pas besoin des mots Les mots sonnent faux Les mots pèsent trop Mi ni my ni mots Les mots sont trop sots Laisse parler ta peau Écoute le tempo Ta dou di dou do Y a rien de plus beau C’est toujours nouveau La clé des châteaux
Chanteuse
Mi ni my ni mots Personne pour parler Les portes sont fermées Bien fermées à clés Depuis des années A dit aie dit Oh Mon père envolé Ma mère trépassée La rue m’a aimée
Mini mini mots Des mots pour chanter La peur sous mes pieds Ma voix pour voler
Dit ma vie les mots En moi c’est la rage Pour briser la cage Tous les mots me jasent Mes mots déménagent Je ne suis plus sage Je fais un carnage C’est mon cri qui jazze
Ne t’en fais pas bonhomme, si t’as moins le goût De parler aux hommes aux chiens et aux loups Les amis ne sont pas toujours en saison d’amour Les amantes écoutent quand on leur fait la cour Les bêtes sont fidèles mais ne peuvent plus rien Contre ce mal étrange qui te cambre les reins
Ne t’en fais pas mon gars, si t’as moins la force De te lever chaque matin avec la faim De faire une journée dont on se souvient D’abattre du boulot vite en t’amusant De tout reconstruire pour le seul plaisir De sentir la vie vibrer et grandir
Ne crains rien toi le mec, si tu ne ris plus Des politiciens, des bouffons et des fous Qui font la manchette dans tous les médias De jolis scandales de sang et de sous De grandes vies gâchées sens dessus dessous La belle pirouette des cons et des minettes
Ne t’en fais pas mon vieux si comme l’automne Tu aimes les ciels de sombres grisailles Les crépuscules turquoise qui n’espèrent plus rien Les fêtes orgiaques de feuilles rouges jaunies Le froid qui frappe toute vie un matin
Ne t’en fais plus mon petit si le monde du travail Te semble rouler trop vite là-bas sur ses rails Si la solitude s’est pendue dans sa chambre Si la performance se vend le gros prix Si les mots disent moins les trésors des gens Je sais une rengaine, secrète et lointaine Qui parle du chagrin d’être rendu à bout Viens me la chanter au creux de mon cou
Tu as fait couler un peu de ton âme mon père De la tienne dans la mienne, une lignée ancienne Et si je marche droit c’est ton pas qui me guide Tu as fait couler un peu de ton âme Ma mère De la tienne dans la mienne de caresses en je t’aime Et quand par bonheur j’aime c’est par tes yeux ta voix Comme une signature inscrite au fond de moi Je deviens homme tu vois comme on suit un chemin Et si je fais les choses comme personne avant moi Cette neuve manière C’est l’empreinte de nos doigts Mes gènes ne gênent pas Ils sèment dans la terre là Et la nouvelle moisson sera bonne tu verras
Je parle souvent trop peu j’aime bien mieux écouter Je souris et j’attends je n’aime pas me presser Je l’ai tant fait jadis à l’heure bête du travail Où je voulais donner le savoir au bétail Qui beuglait d’impatience devant cette abondance De ces biens inutiles qui promettent le plaisir Ces jolies cartes magiques aux couleurs du désir Ils voulaient le premier elles voulaient le meilleur Comme s’ils pouvaient tirer ce fameux numéro Qui leur donne toutes les clés des plus grands rêves idiots Un passeport éternel vers la facilité Comme si faire des efforts était calamité
Il est devenu poète comme ça sans le vouloir Comme cet étrange matin où une belle contrebasse Se laissa trémousser sous le jeu de ses doigts Il n’a de la jeunesse que la fougue l’apparence Cette force tranquille qui défie le silence Cette folle conviction que l’on peut tout risquer Et toute cette tristesse devant la cruauté Les saccages journaliers de l’eau du feu du pain Tous ceux qui en ont trop et qui changent leurs mains Pour des griffes acérées des langues de venin Pour cet environnement abandonné aux chiens Financiers ignorants torves politiciens
Un jour tu, je et il se retrouvent en pensée Dans une cage de mots se promettent plus d’amour Pour hier
Je marche tout seul à chaque jour Je marche pour sortir de ma cour Je marche pour sauver ma raison Je marche pour mieux dormir la nuit Je marche pour faire taire ma colère Je marche pour oublier mes peines Je marche pour voir la lune blême
Comme un chameau perdu dans le désert Je marche pour oublier l’enfer De vivre sans une once d’amour Je marche pour fuir tous les vautours Les profiteurs chacun pour soi Je marche pour retrouver la voie Des rêves de paradis perdus Je marche parce que je n’en peux plus
Je bouffe des milles de pavé Sur mon vélo ou bien à pied Je me parle pour me rassurer Je crie, je pleure sans déranger Sur les trottoirs de liberté Je blâme tous ceux qui m’ont triché Les amoureuses par intérêt Les lèche-culs à bon marché Je cherche un beau ciel étoilé Pour enfin me recommencer
Si Dieu existe en vérité Pourquoi m’a-t-il persécuté J’aime mieux maudire le hasard Le con destin vil charognard La route est belle dans le silence La mort doit être douce je pense
De toutes les joies tous les plaisirs Mes enfants sont ma joie de vivre Voir babiller ma petite fille Les bras tendus vers son papou Je remercie la belle vie Pour mon vieux cœur cent fois meurtri Je me laisse tomber à genoux La douleur ne me rendra pas fou.
Je marche comme un petit soldat Je fuis toutes les guerres à grands pas Je marche pour la paix du cœur La seule la vraie c’est mon bonheur Sur ma route il y a l’amitié Pour rire de tous les constipés Excusez-la mes bons seigneurs On se reverra d’l’autre bord asteur.
On cache si bien sa détresse Sous le travail quotidien Qui nous tient en laisse On n’est jamais déprimé Le sourire toujours affiché Aux quatre coins de nos journées Quelle noblesse
On connaît de l’amour la déesse Jolie avec presque rien Qui nous met en liesse On coule les plus belles années Dans un paradis de beauté On le paie de sa liberté Le bas blesse
On mène une carrière pittoresque Des défis herculéens Qui vite nous oppressent On voudrait tant être aimé Pour le meilleur qu’on a donné On rêve de nous voir retraités Quelle allégresse
On a femme enfants et collègues Noués au fil de nos mains Quand parfois on s’arrête Les devoirs et les beaux soupers La magie qui part en fumée Nos rêves qu’on a mis de côté Quelle richesse
On prend par dépit une maîtresse Un jupon fleur du matin Qui nous prend aux fesses On espère tout recommencer Tout en préservant le passé On finit par tout se gâcher Quelle défaite
On se cache si bien sa détresse On a le cœur sur la main Qui toujours nous déserte On se sent seul exilé Quand l’amour nous est refusé Par un ami, un étranger Quelle faiblesse
Un soir vient nous coincer la détresse Une tristesse nous étreint Sauvage et secrète On a envie de fracasser La tête contre les rochers Engourdir le feu des pensées S.O.S.
On endort si bien sa détresse On se fait croire qu’on est bien On comprend on espère Que la blessure est fermée Que le vieux dur s’est réparé Et l’on se jette dans la mêlée Quelle prouesse
Les imbéciles ne font que travailler Les crétins sont toujours bien fatigués Les nonos ont pas l’temps de respirer Les idiots sont souvent découragés
Ils passent leur vie assis d’vant la télé Sourient un peu d’être enfin libérés De leur travail qu’ils font pour se payer Une p’tite vacance au soleil chaqu’année
Les gagnants sont toujours grassement payés Les brillants réalisent toutes leurs idées Les futés payent moins cher pour bien manger Les bollés s’font payer pour s’amuser
Ils se lancent dans la vie sans hésiter Gaspillent un peu d’argent pour mieux gagner Font avaler aux autres leur vérité Remportent des gros lots très bien placés
Les gagnants aiment bien jouer les imbéciles Passer pour les pires de tous les crétins Se conduire en idiot pour être bien Nonos dans leur joli condo tranquille
Les imbéciles rêvent qu’ils seront gagnants La loto c’est jamais très très brillant Les idiots prennent un beau p’tit air futé S’écoutent un peu parler comme les bollés
Quel joli miroir que la société Un plus petit que soi à mépriser Un plus puissant que soi à dénigrer Un bel emmerdeur pour philosopher
Les bons amis que la mort a surpris Sont toujours avec nous Dans la douce lumière qui enveloppe nos gestes Dans la feuille rougie abandonnée au vent Les amis disparus habitent l’air du temps
On voudrait leur parler Quelque part sur un banc Surprendre leurs regards Dans une foule au hasard Retrouver les odeurs De ces tendres moments Qui nous comblaient le cœur Les fous rires d’antan
Tant les frères que les sœurs Les complices les parents Ceux qui nous devinaient Celles qui nous prévoyaient Les beaux adolescents Tous les amis de cœur Ne nous quittent jamais
Ils ont bien des moyens Pour nous tendre la main Il faut guetter leur pas L’invisible fracas Le vent qui s’attarde Les instants immobiles Où une grande paix Si fragile et si vraie
Les amis qui la vie Aimaient passionnément Toutes ces âmes meurtries Sous la bêtise du temps Vivent toujours en nous Gonflant nos souvenirs Inventant notre chance Un peu de notre ardeur À nommer la beauté À endiguer la peur
Les amis disparus Nous suivent dans la rue Comme des compagnons D’anciennes saisons Ils sont notre mémoire D’une très belle histoire Ils refusent la mort Sans nous
Paroles _ Denis Girard Musique _ René Béchard Arrangements _ René Béchard
Ma maison est de sable Et je ne sais comment Lutter contre les vagues Les pluies et les courants Je me cache dans la tour La plus haute qui soit Mais toujours les vents lourds Et les colères du temps Attaquent ma cachette Et me frappent violemment Je tremble dans ma tête Et ris comme un enfant
Je construis des châteaux Pour beaucoup de clients Je les fais les plus beaux De mémoire d’océan Ils me font des reproches Ils le voulaient plus grand Plus petit ou plus proche Du ciel et du beau temps Je ne sais trop que dire Je pleure au fond de moi Je les laisse médire Et soigne mon désarroi
Les rigueurs de l’hiver La neige et les grands froids Poudrerie et tempête Glace noire et verglas Fissurent mes pauvres murs Abattent mes cloisons Arrachent ma toiture Ébranle ma maison Je suis si épuisé Je ne sens plus mon corps Je vais me retaper Je me battrai à mort
Je trouverai un matin Le plan d’un beau bateau Qui voguera dans les airs Et volera sur l’eau La voilure sera fine Les mâts grands et puissants Je ferai ma cabine À l’épreuve des gens Et pour mes bons amis J’inventerai des châteaux Contre les jours trop gris Les pieuvres, les cachalots
À Vincent Jones, à Earl Lacroix et à tous leurs semblables.
Les assassins modernes n’ont plus de pistolet Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets Ils ont de bonnes manières un sourire discret Convoite les tirelires et les porte-monnaie
Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux Conseillers financiers et monteurs de bateaux Ils donnent des garanties de haute moralité Et montent des combines pour nous entourlouper
Et quand vient le grand jour de dire la vérité Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger Dans des comptes très surs secrets numérotés Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés
Les assassins modernes vont toujours en prison Pour une ou deux semaines pour la comparution Les meilleurs avocats invalident les lois Et les font évader dans l’hôtel de leur choix
Les victimes blessées s’en arrachent les yeux Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps Ils se voient condamnés à des travaux forcés
La vie n’a plus pour eux la plus petite joie L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie Ils guettent sa venue révoltés et ravies
Les assassins modernes n’ont plus de pistolets Ils vous tuent en volant votre porte-monnaie Vos rentes vos placements et vos économies Oyez frères humains la belle tragédie Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)
À Vincent Lacroix, à Earl Jones et à tous leurs semblables.
Les assassins modernes n’ont plus de pistolet
Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets
Ils ont de bonnes manières un sourire discret
Convoite les tirelires et les porte-monnaie
Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux
Conseillers financiers et monteurs de bateaux
Ils donnent des garanties de haute moralité
Et montent des combines pour nous entourlouper
Et quand vient le grand jour de dire la vérité
Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger
Dans des comptes très surs secrets numérotés
Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés
Les assassins modernes vont toujours en prison
Pour une ou deux semaines pour la comparution
Les meilleurs avocats invalident les lois
Et les font évader dans l’hôtel de leur choix
Les victimes blessées s’en arrachent les yeux
Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux
Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps
Ils se voient condamnés à des travaux forcés
La vie n’a plus pour eux la plus petite joie
L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids
Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie
Ils guettent sa venue révoltés et ravies
Les assassins modernes n’ont plus de pistolets
Ils vous tuent en volant votre porte-monnaie
Vos rentes vos placements et vos économies
Oyez frères humains la belle tragédie
Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)
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