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Inédites
Le doux mensonge Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Je me raconte un doux mensonge
Quand je ne me sens pas très bien
Quand ma vie tourne au mauvais songe
Quand je me noie dans mes chagrins

Je suis le plus heureux des hommes
À chaque seconde de ma vie
J’aime une belle sauvageonne
Elle dort bien au creux de mon lit

Je l’amène tout droit vers le sud
Sur ces plages où il fait si beau
Elle marche habillée d’un chapeau
La mer verdoie sur sa peau
Nue

Je la guette assis à la table
Après le travail à cinq heures
Elle raconte ses longues batailles
Ses grandes victoires et ses douleurs

Nous ouvrons un bon vin corsé
Le jazz chuchote seul en secret
La truite exhale ses fumets
Son rire nous fait tout oublier

Nous faisons de longues ballades
Dans les sentiers au fond des bois
Nous lavons nos pensées malades
Dans le blanc soleil qui rougeoie

Nous rêvons de faire ce voyage
Dans tous ces pays merveilleux
La Grèce l’Italie et l’Irlande
Les poches pleines le cœur joyeux

Je serai toujours son trésor
Son élixir de belle vie
Nous habiterons dans son corps
Sur l’île de la fantaisie

Le bonheur n’est plus un mensonge
Lorsque nous y croyons tous deux
Il se moque si bien des songes
Sous la fureur de ses grands yeux

Mis à jour le Samedi, 14 Août 2010 18:57
 
Les secrets de famille Envoyer

Paroles _ Denis Girard (mai 2010)

Les secrets de famille
Qu'on a toujours cachés
Il n'aurait pas fallu
les dire à la Camille
C'est un panier percé
Tout l'monde saura en ville
Avant que la semaine
ne soit toute achevée
Et quand les gens sauront
Faudra vous expliquer
Et vous paierez la note
Devant tout le comté

Qu'est-ce qu'une fille peut faire
Quand son tchum l'a plaquée
Pour une petite cocotte
Avec un beau body
Elle se met en colère
Et pense à se venger
Contre François Lemaire
Et la belle Camille
Elle va placoter
Bien sûr elle va tout dire
Les vertes et les pas mûres
Eh oui ça va faire dur

Il n'y a rien de mal
À dire la vérité
François baise une mineure
René boit comme un trou
Julien est une Julienne
Julie aime les filles
Le père est su'l BS
La mère danse au poteau
Jean-Paul a tout perdu
En jouant au casino
Lucille a sa page web
Dans un p'tit site porno

Les gens de La Patrie
Ne savent pus quoi penser
Monsieur François Lemaire
Avocat réputé
Fréquenterait une fille
Qui travaille au marché
Elle paraît ses 20ans
Mais elle n'en a que seize
Son père est mal à l'aise
Couches-tu avec lui
Qu'il lui a demandé
Elle s'est mise à brailler

Monsieur Roger Ménard
Truckeur de profession
A frappé M'sieur Lemaire
Hier chez l'épicier
C'est à cause de sa fille
Sonia son pt'it bébé
Il sortait avec elle
Depuis une bonne année
Il a entendu dire
Qu'il l'aurait abusée
Même si c'était pas vrai
Il l'a bien arrangé

Les secrets de famille
Peuvent parfois nous aider
À nous faire justice
Quand on est au supplice
Avec un courailleux
Qui vous a humiliée
La famille des Lemaire
Tous des collets montés
N'osent plus sortir dehors
Personne veut leur parler
L'avocat en prison
Y vont déménager

Mis à jour le Vendredi, 02 Juillet 2010 15:31
 
Sisyphe Envoyer

Paroles_ Denis Girard (Novembre 2009)

Le ciel me tombe sur la tête
Des tonnes de feuilles comme une tempête
Yen a partout. ça m’rend malade
J’passe mon temps à les ramasser
Le vent les souffle de mon côté
La fin d’semaine va y passer
Quand est-ce que ça va arrêter

On dirait une malédiction
Venue du ciel comme de raison
La nuit je rêve que j’roule une pierre
Jusqu’en haut d’une montagne de verre
Quand je pense que j’suis arrivé
Là à déboule de l’autre côté

Dans deux mois ça va être l’hiver
Avec la neige la même affaire
J’ai toujours détesté pelleter
Ça va faire comme l’année passée
Le jour de la plus grosse bordée
Ma maudite souffleuse va péter
Pis là le cave y va rusher

Pourquoi les hommes sont condamnés
A toujours toute recommencer
Dans les amours et au travail
On s’fait souvent donner not’ bleu
Là on se retrouve les larmes aux yeux
Mais une fois qu’on a tout perdu
On regarde d’l’autre côté d’la rue

Le bon Sisyphe très très patient
Ramasse toutes ses feuilles en chantant
Fait des montagnes pour les enfants
Et quand il voit l’hiver venir
Heureux il se met à courir
Dans les entrées de ses voisins
Il aime déblayer le chemin

Après quelques centaines d’années
Le vieux Sisyphe a tout pigé
La vie prend plaisir à défaire
Les Titanic construits en fer
Toutes les illusions des humains
Qu’ils peuvent contrôler leur destin
Il fait son lit à chaque matin

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Mardi, 08 Juin 2010 17:12
 
L'homme trahi Envoyer

Paroles_ Denis Girard (Mars 2010)

Bien installé dans l’éden
A la belle aube des temps
Adam dominait sans peine
Sa femme et tous les vivants
Il vit le fruit défendu
Êve couchée toute nue
Et sa supériorité
Tout d’un coup s’est écroulée
Devant les jolies rondeurs
De sa belle divinité
Et la femme prit le pouvoir
Et l’homme refusa d’y croire

Dieu, je suis un homme trahi
Par la sale géométrie
Ma femme possède l’arme fatale
Toutes ses courbes sont géniales
Je suis idiot quand je dis
Que mon coup droit c’est ma vie
Ma femme sait se déhancher
Pour totalement me troubler
Alors elle prend le contrôle
Et je la couvre de roses
Pour qu’enfin je puisse entrer
Dans le cercle des voluptés

Et me voilà qui exhibe
Tous mes attributs virils
Comme si c’était mon pouvoir
Qui fait glisser son fermoir
Car en amour pour grandir
Ma femme doit me secourir
J’ai beau jouer des biceps
Faire de la musculation
Même la plus belle érection
Peut s’écrouler d’un coup sec
L’étalon n’impressionne plus
Dès que madame n’en veut plus

Debout devant son miroir
Elle se dévêt chaque soir
La douce rondeur de ses seins
Ses hanches qui roulent si bien
Et lorsqu’elle pivote sans bruit
Deux sphères parfaites rosées
D’un seul coup viennent m’enjôler
Comment faire pour dominer
Le summum de la beauté
C’est Satan qui a créé
Ces boules ensorcelées
Qui savent nous aguicher

Un soir j’ai bien eu l’idée
De diviser pour régner
Je me suis pris une maîtresse
Une jolie blonde aux grandes tresses
Mais le triangle amoureux
M’a fait perdre mes cheveux
J’étais jaloux de l’amant
Qu’elle a pris en souriant
Il me fallait pour bander
Imaginer ses nénés
Sans elle je suis fini
Ma prestance ramollit

Je suis un pauvre homme trahi
Par la sale géométrie
Euclide avait tout compris
Le sexe m’a rendu zombi
A chaque jour de ma vie
J’écoute ma femme et je suis
Ma mère l’avait pourtant dit
N’écoute pas ton zizi
Un homme n’est plus rien sur terre
S’il ne mène pas ses affaires
Mais je suis un Québécois
Vive le matriarcat

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mardi, 08 Juin 2010 17:07
 
Ti-Poil Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Avril 2010

Ti-poil, ti-poil merci ti-poil
Pour le Québec et le P.Q.
Un grand pays imaginé
Un grand combat, presque gagné
Et tous nos gens en changement

C’était d’la marde la politique
Des magouilles et des pots de vin
Avant tes p’tits cours théoriques
Avec ton émission le point
Ça devenait clair tout d’un coup
L’idée de nationaliser
L’électricité dans nos mains
Et des tarifs moins élevés

C’ta cause de toé mon bon René
Toé le premier des Québéquois
Si tout un peuple s’est retrouvé
Fier de parler sa langue chez soi
Fier des produits créés ici
De son savoir de son génie
Et on s’est mis à s’épauler
Heureux à s’fêter comme des rois

Pis y a eu les référendums
Tu le voulais tant not’ pays
Les libéraux te l’ont volé
Le fédéral nous a trompés
Mais ça fait rien mon cher Ti-poil
J’m’habille le cœur de not’drapeau
Fier de savoir ce que l’on vaut
La fleur de lys pour seule étoile

Tu avais de très bonnes idées
L’équipe pour les réaliser
Mais notre peuple partait de loin
Les bons curés et leurs p’tits pains
La confiance c’est long à construire
Et tellement facile à détruire
Il suffit d’un autre libéral
Plus faux que l’bonhomme carnaval

La plus belle des révolutions
Tu l’as réussi sans canons
Juste à parler d’une nation
De travailleurs sans concessions
Dans les usines dans les bureaux
On s’est senti un peu plus beau
Tu nous as fait un vrai cadeau
Qu’on peut léguer à nos enfants

Sur not drapeau la fleur de lys
C’est un cadeau des rois français
Un vieux symbole qui leur restait
Avant que les anglais les câlissent
En dehors d’ la pauvre Amérique
Depuis c’temps-là on est colon
Avec les anglais comme patron
Merci encore mon bon René
Pour leur avoir rivé le nez

Cette chanson n’en finit plus
Comme le combat de cette nation
On n’en parle plus sus l’coin des rues
On rêve de promesses d’élection
Et on brandit le gros squelette
De la vieille et laide pauvreté
On r’met not’av’nir à demain
Sous la vieille peur d’être ruiné

Tu sais ti-poil y a beaucoup d’jeunes
Qui n’ont jamais eu froid aux yeux
Qui savent rêver sans avoir peur
De prendre leur place le cœur heureux
Ils se moquent des oiseaux d’malheur
Qui lèchent le derrière des anglais
Ils choisiront eux la bonne heure
Pour se faire un pays un vrai

Il manque souvent juste un ti poil
Pour changer les choses qu’on voulait
Pour travailler la tête haute
Pour parler français à Montréal
Pour libérer les libéraux
De ses menteurs de ses idiots
Pour sortir un nouveau Québec
De sa terre de froid et d’échecs

Mis à jour le Mercredi, 19 Mai 2010 19:31
 
L’oubli Envoyer

paroles _ Denis Girard
Novembre 2006

J’oublie mes mots, je perds mes gestes
La porte reste-t-elle ouverte
Ai-je payé ces comptes-là
Je guette chacun de mes pas

La course folle des journées
Le bon repas à préparer
Le four rougit de mon erreur
Tout allumé pendant des heures

Le travail est fait de consignes
D’informations entre les lignes
Il faut écrire son souvenir
Pour l’empêcher de se mourir

La fatigue et les troubles du cœur
Brouille le temps de leur lourdeur
Les phrases ne se terminent plus
Les sujets errent dans les rues

Pour retrouver mes mots perdus
Les pas, les gestes décousus
La vie fait des répétitions
C’est le théâtre de la raison

Qu’il est triste de s’oublier
Comme vieux soulier sur le pavé
Les doux secrets sans la lumière
Des gouttes d’eau sur le désert

Mots clés: dragée spleenétique
Mis à jour le Mercredi, 05 Mai 2010 00:20
 
Marabout Envoyer

paroles _ Denis Girard
Avril 2010

T’as toujours l’air marabout
Comme un chien enragé
T’as l’air en christ contre tout
On n’ose pas te regarder

As-tu frappé une badluck
Que tu m’as pas conté
C’t’assez clair que t’as ton truck
Parles-en avant d’péter

Ta femme a-tu pris la porte
Ton gars est-tu pd
Ton boss t’aurait-tu clairé
Y a des fois tu capotes

Prends pas ça trop au sérieux
Y a tellement de niaiseux
De pas d’allure de sans-cœur
Qui crient d’avoir trop peur

Un grand verre à moitié vide
La vie mon chum c’ pas ça
Un beau verre à moitié plein
Ça mène un peu plus loin

Si tu souris juste un peu
T’auras pas l’air téteux
On va déconner twé deux
Rire de tous les nerveux

Je l’sais que ch’uis toujours en farce
Pas sérieux pour cinq cennes
Le smile étampé dans face
J’me pousse devant mes peines

T’as raison d’être en fusil
Y a d’la scrap dans nos vies
Les trous d’ cul font des millions
Pis crachent dessus les p’tits

Mais j’veux pas refaire le monde
J’ai déjà essayé
Si j’ fluschais tous les airs bêtes
Je s’rais seul pour chialer

Prends une bière mon marabout
La broue ça fait chanter
À la santé des vieux fous
Qui croient à l’amitié

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Vendredi, 07 Mai 2010 19:57
 
Chicouk Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Interprète _ Julie Béchard

Quand je peux plus jouer avec personne
Que j’ai plus d’ami au téléphone
Que c’est plate à la télévision
Que je m’ennuie tout seul à la maison
Quand papa et maman sont partis
Je vais retrouver mon meilleur ami

Refrain :
Il s’appelle Chicouk et moi je le vois
Il raconte des histoires à dormir debout
On joue à des jeux et on fait les fous

Mon père a dit qu’il n’existe pas
Que c’est moi qui invente tout ça
Et ma mère veut le voir pour le croire
Mais moi je ne raconte pas d’histoire
Ils sont bien trop grands pour me comprendre
Ils sont trop sérieux pour l’entendre

Refrain

Il m’a dit que l’auto de mon père
C’est beaucoup plus sans en avoir l’air
Que soudain au milieu de la nuit
À minuit quand tous les chats sont gris
Elle se transforme en vaisseau spatial
Elle s’envole vers les étoiles

Refrain

Ce soir quand tout l’monde dormira
Chicouk et moi on s’envolera
Et quand viendra le petit matin
Et quand viendra le petit matin
Papa et maman ils verront bien
Papa et maman ils verront bien

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mercredi, 14 Avril 2010 11:45
 
Le perroquet Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Interprète _ Julie Béchard

Je vis dans la chambre
D’un petit garçon
Il s’appelle Alexandre
Il aime les bonbons
Je suis son ami
Et comme son ourson
Je suis son jouet
Son beau perroquet

Perroquet, Placotis
Que sais-tu de la vie
T’es devenu très savant
À écouter les gens
Répète, répète
C’que tu connais des planètes

Je sais que la Grande Ourse
N’est pas un animal
Qu’elle peut faire la course
Plus vite qu’un orignal
Que sur la Voie lactée
Ce n’est pas laid du tout
Et qu’autour de Saturne
On a fait des anneaux
C’est pour rouler à vélo

Perroquet, Placotis
Que sais-tu de la vie
T’es devenu très savant
À écouter les gens
Répète, répète
C’que t’as fait comme découvertes

Je sais que dans la mer
Au plus profond des eaux
Y a des bateaux pirates
Et des requins marteaux
Que la baleine à bosses
Chante mieux que les oiseaux
Que tous les chiens de mer
N’ont ni niche ni collier
Et ne savent pas japper

Perroquet, Placotis
Que sais-tu de la vie
T’es devenu très savant
À écouter les gens
Répète, répète
Tous tes trucs et tes cachettes

Je sais que les fantômes
Les sorcières les dragons
Les lutins et les gnomes
C’est pour les cornichons
Que les affreux vampires
Portent des fausses dents
Que tous les animaux
Ont appris à parler
Dans les bandes dessinées

Perroquet, Placotis
Viens plus près de mon lit
Si j’te donne mon secret
Tu l’répèteras jamais
Jure-le moi, jure-le moi
Ou je donne ta langue au chat

Je vis dans la chambre
D’un petit garçon
Il s’appelle Alexandre
Il aime les bonbons
Je suis son ami
Et comme son ourson
Je connais son secret
Et je l’répèterai jamais

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mercredi, 14 Avril 2010 11:44
 
Minimynimots (1) Envoyer

paroles _ Denis Girard (2005)

Musicien

Mi ni my ni mots
Pas besoin des mots
Les mots sonnent faux
Les mots pèsent trop
Mi ni my ni mots
Les mots sont trop sots
Laisse parler ta peau
Écoute le tempo
Ta dou di dou do
Y a rien de plus beau
C’est toujours nouveau
La clé des châteaux

Chanteuse

Mi ni my ni mots
Personne pour parler
Les portes sont fermées
Bien fermées à clés
Depuis des années
A dit aie dit Oh
Mon père envolé
Ma mère trépassée
La rue m’a aimée

Mini mini mots
Des mots pour chanter
La peur sous mes pieds
Ma voix pour voler

Dit ma vie les mots
En moi c’est la rage
Pour briser la cage
Tous les mots me jasent
Mes mots déménagent
Je ne suis plus sage
Je fais un carnage
C’est mon cri qui jazze

Mots clés: fondant à l'absinthe
Mis à jour le Mercredi, 31 Mars 2010 18:28
 
Ne t'en fais pas bonhomme Envoyer

paroles _ Denis Girard (2004)

Ne t’en fais pas bonhomme, si t’as moins le goût
De parler aux hommes aux chiens et aux loups
Les amis ne sont pas toujours en saison d’amour
Les amantes écoutent quand on leur fait la cour
Les bêtes sont fidèles mais ne peuvent plus rien
Contre ce mal étrange qui te cambre les reins

Ne t’en fais pas mon gars, si t’as moins la force
De te lever chaque matin avec la faim
De faire une journée dont on se souvient
D’abattre du boulot vite en t’amusant
De tout reconstruire pour le seul plaisir
De sentir la vie vibrer et grandir

Ne crains rien toi le mec, si tu ne ris plus
Des politiciens, des bouffons et des fous
Qui font la manchette dans tous les médias
De jolis scandales de sang et de sous
De grandes vies gâchées sens dessus dessous
La belle pirouette des cons et des minettes

Ne t’en fais pas mon vieux si comme l’automne
Tu aimes les ciels de sombres grisailles
Les crépuscules turquoise qui n’espèrent plus rien
Les fêtes orgiaques de feuilles rouges jaunies
Le froid qui frappe toute vie un matin

Ne t’en fais plus mon petit si le monde du travail
Te semble rouler trop vite là-bas sur ses rails
Si la solitude s’est pendue dans sa chambre
Si la performance se vend le gros prix
Si les mots disent moins les trésors des gens
Je sais une rengaine, secrète et lointaine
Qui parle du chagrin d’être rendu à bout
Viens me la chanter au creux de mon cou

Mots clés: paparmane
Mis à jour le Mercredi, 31 Mars 2010 18:27
 
La cage de mots Envoyer

paroles _ Denis Girard (2010)

Tu as fait couler un peu de ton âme mon père
De la tienne dans la mienne, une lignée ancienne
Et si je marche droit c’est ton pas qui me guide
Tu as fait couler un peu de ton âme Ma mère
De la tienne dans la mienne de caresses en je t’aime
Et quand par bonheur j’aime c’est par tes yeux ta voix
Comme une signature inscrite au fond de moi
Je deviens homme tu vois comme on suit un chemin
Et si je fais les choses comme personne avant moi
Cette neuve manière C’est l’empreinte de nos doigts
Mes gènes ne gênent pas Ils sèment dans la terre là
Et la nouvelle moisson sera bonne tu verras

Je parle souvent trop peu j’aime bien mieux écouter
Je souris et j’attends je n’aime pas me presser
Je l’ai tant fait jadis à l’heure bête du travail
Où je voulais donner le savoir au bétail
Qui beuglait d’impatience devant cette abondance
De ces biens inutiles qui promettent le plaisir
Ces jolies cartes magiques aux couleurs du désir
Ils voulaient le premier elles voulaient le meilleur
Comme s’ils pouvaient tirer ce fameux numéro
Qui leur donne toutes les clés des plus grands rêves idiots
Un passeport éternel vers la facilité
Comme si faire des efforts était calamité

Il est devenu poète comme ça sans le vouloir
Comme cet étrange matin où une belle contrebasse
Se laissa trémousser sous le jeu de ses doigts
Il n’a de la jeunesse que la fougue l’apparence
Cette force tranquille qui défie le silence
Cette folle conviction que l’on peut tout risquer
Et toute cette tristesse devant la cruauté
Les saccages journaliers de l’eau du feu du pain
Tous ceux qui en ont trop et qui changent leurs mains
Pour des griffes acérées des langues de venin
Pour cet environnement abandonné aux chiens
Financiers ignorants torves politiciens

Un jour tu, je et il se retrouvent en pensée
Dans une cage de mots se promettent plus d’amour
Pour hier

Pour demain

Mis à jour le Mardi, 16 Mars 2010 15:24
 
L'armure Envoyer

Texte _ Denis Girard

J’ai fabriqué une armure
Pour continuer à travailler
J’étais couvert de blessures
De toute une vie d’hostilités

Le mépris de mes collègues
Pour mes années d’ancienneté
La rage pour les privilèges
Qu’ils veulent sans les mériter

J’ai caché mon cœur sous le fer
J’ai même ganté mes mains d’acier
J’ai bien refermé la visière
Sur tous ceux qui peuvent approcher

Le chevalier s’en va en guerre
Dans la société des guerriers
On se bat pour un coin de terre
La richesse, la prospérité

Les armes sont très meurtrières
Les mots et les regards fermés
Les autres sont de grands mystères
Qu’on tue à tant les ignorer

J’ai jeté le casque et l’armure
J’ai trop de mal à respirer
J’aime mieux mourir à l’air pur
Les combats peuvent continuer

J’ai mis mon habit de tendresse
Et mes regards d’humanité
J’offrirai mon cœur tout en liesse
Ma forte et bonne volonté

Mots clés: pastille médicinale
Mis à jour le Mercredi, 27 Janvier 2010 16:09
 
Je sais bien quelque chose Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Novembre 2009

Je sais bien quelque chose
Que je ne peux pas dire
Ça vous gênerait si j’ose
J’aimerais mieux mourir

Les filles rêvent de jobs
Réservées aux garçons
De belles garde-robes
De sexe et de frissons

Les garçons se maquillent
Et portent des bijoux
Ils rêvent de famille
D’enfants sur leurs genoux

Les ministres s’engraissent
En vendant des contrats
Les profits dans leurs caisses
Personne ne le saura

Les pauvres vont à la guerre
Les riches vendent les fusils
Une industrie prospère
L’honneur et les profits

L’Amérique est en crise
Les banques perdent de l’argent
Les gens perdent leurs chemises
Les grands aident les grands

L’argent pille la nature
En goujat en cochon
La vie paie la facture
L’eau devient un poison

Les nations font la guerre
Pour protéger la paix
La mort et la misère
Les ruines et les déchets

Le salaire minimum
Nourrit les ouvriers
Les patrons vont à Rome
Ils l’ont bien mérité

Les Québécois renient
Les rêves de leurs aînés
Ils vendent leurs paradis
And speak money money

Je garde le silence
Sur les couchers d’soleil
Les plages chaudes et immenses
Les riches y vont pareil

Il y a parfois des choses
Qu’on ne peut retenir
C’est sérieux je suppose
Trop triste pour en rire

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Mardi, 22 Décembre 2009 14:35
 
Le marcheur Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Octobre 2009

Je marche tout seul à chaque jour
Je marche pour sortir de ma cour
Je marche pour sauver ma raison
Je marche pour mieux dormir la nuit
Je marche pour faire taire ma colère
Je marche pour oublier mes peines
Je marche pour voir la lune blême

Comme un chameau perdu dans le désert
Je marche pour oublier l’enfer
De vivre sans une once d’amour
Je marche pour fuir tous les vautours
Les profiteurs chacun pour soi
Je marche pour retrouver la voie
Des rêves de paradis perdus
Je marche parce que je n’en peux plus

Je bouffe des milles de pavé
Sur mon vélo ou bien à pied
Je me parle pour me rassurer
Je crie, je pleure sans déranger
Sur les trottoirs de liberté
Je blâme tous ceux qui m’ont triché
Les amoureuses par intérêt
Les lèche-culs à bon marché
Je cherche un beau ciel étoilé
Pour enfin me recommencer

Si Dieu existe en vérité
Pourquoi m’a-t-il persécuté
J’aime mieux maudire le hasard
Le con destin vil charognard
La route est belle dans le silence
La mort doit être douce je pense

De toutes les joies tous les plaisirs
Mes enfants sont ma joie de vivre
Voir babiller ma petite fille
Les bras tendus vers son papou
Je remercie la belle vie
Pour mon vieux cœur cent fois meurtri
Je me laisse tomber à genoux
La douleur ne me rendra pas fou.

Je marche comme un petit soldat
Je fuis toutes les guerres à grands pas
Je marche pour la paix du cœur
La seule la vraie c’est mon bonheur
Sur ma route il y a l’amitié
Pour rire de tous les constipés
Excusez-la mes bons seigneurs
On se reverra d’l’autre bord asteur.

Mots clés: dragée spleenétique
Mis à jour le Lundi, 07 Décembre 2009 15:56
 
Le phare Envoyer

Paroles _ Denis Girard
2005

Aimer c’est la seule chose qui tienne
Qui tienne lieu d’humanité
Toute la vie on s’y entraîne
Sans vraiment y arriver

On croit aimer père et mère
Eux qui nous ont tout donné
Et puis on se fait sévère
Devant les fautes du passé

On croit aimer de jeunes femmes
Sur les ailes rouges du désir
On se consume comme des cierges
La passion coule comme la cire

Et puis on aime une personne
Pour tout son être et son agir
On risque de tout se promettre
Dans une maison faite pour grandir

Et puis on perd tout par maladresse
Elle nous quitte pour un plus beau
Un plus jeune plus prolifique
En illusions et en châteaux

On reprend la chasse aux chimères
Un autre amour sur les bras
On abandonne une terre prospère
Étourdi de ne se connaître pas

Enfin avec beaucoup de chance
On a des enfants à son tour
On apprend à donner du sens
Aux beautés de chaque jour

On comprend la complexité d’un être
Qui mène ses combats glorieux
On cherche à lui faire la fête
De tendres soins et de doux vœux

Au bout du chemin de la quête
Si l’on est aimé des dieux
On aime à nouveau une comète
Et l’on se perd dans ses cheveux
On a plus besoin de promesses

La vie c’est elle comme un cadeau
Chaque jour la chaleur nous pénètre
Au fond de l’âme au creux des os
On s’ouvre enfin à tout connaître

Les mains ouvertes comme des étoiles
Le cœur allumé comme un phare

Mis à jour le Mercredi, 25 Novembre 2009 21:52
 
Yukon Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Yukon, Yukon, on, you qu’on n’é
Tout est couleur d’éternité
J’vois pas où commence la journée
C’est tu icitte que je suis né

Tiens bien la bride au cheval blanc
Sur tes chemins aux quatre vents
La boussole ne connaît que le nord
La lumière monte dans ton corps

Chasseur d’azur et d’infini
La beauté calme ta douleur
Les phoques te prennent pour l’un des leurs
Les pingouins ne dorment plus la nuit

Tu trouveras pour t’assoupir
Une fille aux iris de glacier
Le corps finement ciselé
Par un inuit en plein délire

La musique n’a pas de frontière
La peur jazze en plein désert
La contrebasse fait son chemin
Le rythme est de plus en plus faim

Les montagnes se laissent dominer
Voler leurs cimes inexplorées
L’abîme se cache dans nos souliers
Le voyage vient de commencer

Ch’ te vois courir le bout du monde
À travers tes mots de cristal
Je sens un froid transsidéral
Je lance mon cœur comme une sonde

Tout mon amour autour de toi
L’ancien habite un ours gris
Qui t’enlace et te sourit
Dans son igloo de rêveries

Mis à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 13:56
 
Thetford Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Faut pas s’r’trouver comme Job
Pauvre lui y a perdu sa d’job
Son patron l’a sacré dehors
Y a perdu sa maison son char

Y’avait une bonne job à mine
Asteure y fait des jobines
Y’avait même pu de syndicat
Les boss ont jamais aimé ça

Y’é même retourné à messe
Le p’tit Jésus les promesses
Mais Dieu l’a même pas écouté
Y’a dit d’arrêter de chialer

Mais Job a beaucoup d’enfants
L’hypothèque et les paiements
Il a d’mandé à Lucifer
Parce qu’il savait pu comment faire

Job a fini son chômage
Pardu sa femme son ménage
Satan lui a sauvé la vie
Lui a tout prêté à crédit

Job est devenu fermier
Dans un rang très éloigné
Y passe ses journées dans sa grange
C’est ben payant mais c’est étrange

Y’l’ont arrêté hier
Y’ont saisi toutes ses affaires
Des gros plants de pot dans sa grange
Cachés dans des sacs de vidanges

Me’v’la rendu pauvre comme Job
Moi aussi j’ai perdu ma job
Y’ont toute fermé la Magnola
On aurait jamais pensé ça

Mais qu’est-ce qui fait le gouvernement
Y coupe partout c’est écoeurant
Les villes se brisent en mille morceaux
J’ai peur que ça saute à nouveau
Mots clés: paparmane
Mis à jour le Lundi, 12 Octobre 2009 18:52
 
Les bons amis Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Les bons amis que la mort a surpris
Sont toujours avec nous
Dans la douce lumière qui enveloppe nos gestes
Dans la feuille rougie abandonnée au vent
Les amis disparus habitent l’air du temps

On voudrait leur parler
Quelque part sur un banc
Surprendre leurs regards
Dans une foule au hasard
Retrouver les odeurs
De ces tendres moments
Qui nous comblaient le cœur
Les fous rires d’antan

Tant les frères que les sœurs
Les complices les parents
Ceux qui nous devinaient
Celles qui nous prévoyaient
Les beaux adolescents
Tous les amis de cœur
Ne nous quittent jamais

Ils ont bien des moyens
Pour nous tendre la main
Il faut guetter leur pas
L’invisible fracas
Le vent qui s’attarde
Les instants immobiles
Où une grande paix
Si fragile et si vraie

Les amis qui la vie
Aimaient passionnément
Toutes ces âmes meurtries
Sous la bêtise du temps
Vivent toujours en nous
Gonflant nos souvenirs
Inventant notre chance
Un peu de notre ardeur
À nommer la beauté
À endiguer la peur

Les amis disparus
Nous suivent dans la rue
Comme des compagnons
D’anciennes saisons
Ils sont notre mémoire
D’une très belle histoire
Ils refusent la mort
Sans nous

Mis à jour le Mercredi, 28 Octobre 2009 14:22
 
L'homme de sable Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Arrangements _ René Béchard

Ma maison est de sable
Et je ne sais comment
Lutter contre les vagues
Les pluies et les courants
Je me cache dans la tour
La plus haute qui soit
Mais toujours les vents lourds
Et les colères du temps
Attaquent ma cachette
Et me frappent violemment
Je tremble dans ma tête
Et ris comme un enfant

Je construis des châteaux
Pour beaucoup de clients
Je les fais les plus beaux
De mémoire d’océan
Ils me font des reproches
Ils le voulaient plus grand
Plus petit ou plus proche
Du ciel et du beau temps
Je ne sais trop que dire
Je pleure au fond de moi
Je les laisse médire
Et soigne mon désarroi

Les rigueurs de l’hiver
La neige et les grands froids
Poudrerie et tempête
Glace noire et verglas
Fissurent mes pauvres murs
Abattent mes cloisons
Arrachent ma toiture
Ébranle ma maison
Je suis si épuisé
Je ne sens plus mon corps
Je vais me retaper
Je me battrai à mort

Je trouverai un matin
Le plan d’un beau bateau
Qui voguera dans les airs
Et volera sur l’eau
La voilure sera fine
Les mâts grands et puissants
Je ferai ma cabine
À l’épreuve des gens
Et pour mes bons amis
J’inventerai des châteaux
Contre les jours trop gris
Les pieuvres, les cachalots

Mots clés: pastille médicinale
Mis à jour le Mardi, 29 Septembre 2009 14:56
 
Les assassins modernes Envoyer

Paroles _ Denis Girard

À Vincent Jones, à Earl Lacroix et à tous leurs semblables.

Les assassins modernes n’ont plus de pistolet
Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets
Ils ont de bonnes manières un sourire discret
Convoite les tirelires et les porte-monnaie

Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux
Conseillers financiers et monteurs de bateaux
Ils donnent des garanties de haute moralité
Et montent des combines pour nous entourlouper

Et quand vient le grand jour de dire la vérité
Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger
Dans des comptes très surs secrets numérotés
Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés

Les assassins modernes vont toujours en prison
Pour une ou deux semaines pour la comparution
Les meilleurs avocats invalident les lois
Et les font évader dans l’hôtel de leur choix

Les victimes blessées s’en arrachent les yeux
Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux
Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps
Ils se voient condamnés à des travaux forcés

La vie n’a plus pour eux la plus petite joie
L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids
Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie
Ils guettent sa venue révoltés et ravies

Les assassins modernes n’ont plus de pistolets
Ils vous tuent en  volant votre porte-monnaie
Vos rentes vos placements et vos économies
Oyez frères humains la belle tragédie
Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)

À Vincent Lacroix, à Earl Jones et à tous leurs semblables.

Les assassins modernes n’ont plus de pistolet

Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets

Ils ont de bonnes manières un sourire discret

Convoite les tirelires et les porte-monnaie

Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux

Conseillers financiers et monteurs de bateaux

Ils donnent des garanties de haute moralité

Et montent des combines pour nous entourlouper

Et quand vient le grand jour de dire la vérité

Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger

Dans des comptes très surs secrets numérotés

Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés

Les assassins modernes vont toujours en prison

Pour une ou deux semaines pour la comparution

Les meilleurs avocats invalident les lois

Et les font évader dans l’hôtel de leur choix

Les victimes blessées s’en arrachent les yeux

Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux

Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps

Ils se voient condamnés à des travaux forcés

La vie n’a plus pour eux la plus petite joie

L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids

Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie

Ils guettent sa venue révoltés et ravies

Les assassins modernes n’ont plus de pistolets

Ils vous tuent en volant votre porte-monnaie

Vos rentes vos placements et vos économies

Oyez frères humains la belle tragédie

Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Mercredi, 30 Septembre 2009 15:01
 
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