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Chansons
Candide Envoyer

Paroles _ Denis Girard (janvier 2012)

Il en faudrait bien davantage
Des chevaliers de la confiance
Comme des aveugles derrière leur chien
Qui s’abandonnent et goûtent leur chance
Sans jamais se méfier de rien
Les pépins les pires catastrophes
Qui traversent le quotidien
Devant toi jamais ne se portent
Car tu es sûr que tout va bien

Refrain
Debout seul sur le bord du gouffre
Le long du cortège des souffrances
Tu crois que tout va pour le mieux
Face à la faucheuse qui rôde
Tu changes la mort en vacances

Tu as le cœur le plus candide
Et toutes les ronces de mon jardin
Deviennent si petites soudain
Quand tes canulars y fleurissent
Comme des drapeaux sur un parcours
Pour souligner nos belles conquêtes
Laissent la paix sur ma maison
Comme ces vieux films américains
Où le bonheur gagne à la fin

Je veux apprendre de ton regard
À croire que j’ai le grand pouvoir
De faire pencher la folle balance
Qui guide la couleur du destin
Vers les continents de la chance
Le cœur agit comme un aimant
Sur les deux pôles de l’avenir
Et le secret du devenir
Dépend du poète qui s’invente

Mis à jour le Lundi, 23 Janvier 2012 22:35
 
Kayak Envoyer

Paroles _ Denis Girard (janvier 2012)

Dans cette vie chacun son kayak
Comme un beau cadeau à la naissance
On pleure dans la première descente
Du ventre si doux de sa maman
On apprend vite à le faire flotter
Sur les durs rapides de l’école
Le cœur détraqué par la violence
La fine cruauté et le mépris

Dans cette vie chacun son kayak
Comme une frêle coquille dans la famille
Dans les orages de l’adolescence
Quand la méchanceté y fourmille
Blindé dans la prison des silences
En rêvant du troublant corps des filles
Notre kayak chavire et se brise
Sous la chaude guimauve de l’amour

Dans cette vie chacun son kayak
On le croit à jamais fait pour deux
Et l’on étire notre frêle voilier
Qui doucement s’envole éthéré
On invente même les plus beaux enfants
Et capitane du bel équipage
On file toutes voiles dehors vers le large
Vers l’azur bleu et le beau temps

Dans cette vie chacun son kayak
Soudain l’esquif chargé se déchire
La femme quitte la première le navire
Le capitaine calcule les dégâts
Les enfants préparent leurs neuves croisières
Les deux parents retrouvent leurs affaires
Ils rapiècent seuls leurs vieilles voilures

Dans cette vie chacun son kayak
Les amis nous réchauffent le coeur
Ils partagent les voyages les conquêtes
Pour chaque kayak un seul modèle
Son grain de peau, sa coque, sa voilure
Comme figure de proue la signature
De cet authentique grand inventeur
L’homme seul génie de sa folle vie

Dans cette vie chacun son kayak
On sait la force des vents des marées
Les récifs éventrent tant de bateaux
Que le vieux loup vogue l’œil aux aguets
Le grand océan tellement l’attire
À chaque voyage le large le grise
Se savoir seul avec des milliers
Ému de son audace d’être lui

Dans cette vie chacun son kayak
L’amour l’a envoyé par le fond
Et tant mieux si la romance le brise
La passion vaut cent fois la dérive
On sourit quand on coule à la fin
Tous les visages défilent sur les vagues
Et puis le vide prend sa grande place
La mort frappe comme un violent baiser

Mots clés: dragée spleenétique
Mis à jour le Mercredi, 18 Janvier 2012 23:05
 
Le maudit voyage Envoyer

Paroles _ Denis Guépard

Ça fait un mois que j’me promène
Un tas de roches dans l’estomac
Je mange mou comme les p’tits vieux
J’fais pu grand-chose avec ma queue
J’ai peur de la maudite opération
Comme si ch’tombais dans un nid d’ taons

Le jour fatal vient d’arriver
Me v'là su’l dos tout effoiré
Deux infirmières comme des abeilles
Me tournent autour pour me piquer
La tête me tourne je vais crier
Enl’vez mon dossier d’su’ mes pieds
Là y m’garrochent les jambes en l’air
Comme si j’allais pour accoucher
Pis tout d’un coup je vois pus clair
Mon maudit voyage vient de commencer

Je reviens sa terre dans un manège
La salle n’arrête pas de tourner
Là je dégueule toutes mes artères
Je file si mal que j’va prier
J’ai tellement callé l’orignal
Que mon vomi sent les p’tits pieds
Ma tête ne sera pas dans le journal
Je r’tourne chez nous pour faire pitié

Steph est si belle même si j’ai mal
Que j’ai pensé être arrivé
Au paradis dans la beau ciel
Qui a jamais existé
C’est vraiment la pire aventure
Si j’avais su ch’rais pas allé
Y a une affaire dont je suis sûr
J’ai mangé une maudite volée

Mis à jour le Vendredi, 09 Décembre 2011 20:13
 
Blue tango Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Refrain :
Le doux baiser volés
Les promesses de ta peau
Nos regards déchaînés
Toi et moi blue tango

L’amour est une danse une cadenc’ un tempo
Dès les premières mesures sur la pist’ on se lance
D’un seul regard homm’ et femme se mélangent
Pour le slow hot la folle samba le grand tango

Le slow dure une nuit, la samba des années
Le tango c’est l’instant, on se donne et on prend
Deux cœurs qui s’improvisent, tu me saoules, je te grise
Sans arrêt, tu me guides, je te suis, on dérive

Refrain

Il n’y a rien d’interdit chaque pas nous crie
C’est le rythme qui conduit cett’ marche démente
Il est beau et racé, elle troublante, révoltée
Tout est perdu, rien n’est gagné, la musiqu’ danse

Les je t’aime, les je te veux, les encore c’est mieux
Les ruptures la jalousie les traîtris’ au lit
Les insoumis les passionnés inassouvis
Joue le tout pour le tout la belle dernièr’ chance

Refrain

Il n’y a jamais d’gagnants, pas plus de perdants
Un seul vainqueur c’est l’engouement pour la danse
C’est merveilleux la romanc’ de ces cœurs qui tanguent
Insouciants et vibrants enlacés qui s’élancent

Tu me livres toutes tes suav’ pensées à nue
Tu me chevauches sous une lune violacée
Je me laisse totalement soumettre possédé
Je fracasse d’une gifle ton piège doré

Refrain

Mis à jour le Dimanche, 30 Octobre 2011 23:29
 
Le pire Envoyer

Paroles _ Denis Guépard (septembre 2011)

Le pire que tu pouvais faire
C’est de rester près de moi
De t’appeler mon ami
De partager not’maison
De faire comme si on s’aimait
De faire comme si on baisait
Comme tous les couples menteurs
Qui restent pour les enfants
Qui restent pour le pognon
Qui restent pour la raison
Mais ont laissé le bonheur
Leur filer entre les doigts

Le pire que tu pouvais faire
C’est de ne plus être toi
De me faire complice de ça
De m’avoir montré la peur
De faire face à mon malheur
De te voir quitter ma vie
D’avoir à recommencer
À porter mon faux sourire
Parce que j’ai encore échoué
À montrer ce que je sens
À te faire me respecter
À vraiment te rencontrer

Le pire que je pouvais faire
C’est d’accepter la distance
La première indifférence
Les disputes sans trop comprendre
Les rancunes sans compromis
Le désir de te changer
L’illusion d’y arriver
L’amour une fois tous les mois
Sans passion pour le contrat
De ne plus exiger
D’être au cœur de tes pensées
Comme ton tendre bien-aimé

Le pire que nous pouvions faire
Nous l’avons fait tous les deux
Et tu as ta maisonnette
Ton jardin, ta toilette
Et moi mon très beau studio
Pour composer bien au chaud
Et not’ vie a de la classe
J’aime rêver sur tes genoux

Mis à jour le Vendredi, 28 Octobre 2011 11:55
 
Quelque chose qui manque Envoyer

Paroles _ Denis Girard (juillet 2011)

J’ai pas d’homme
Juste des cons
Qui m’ennuient
Comme c’est long
Des messieurs
Mal barrés
Qui ont peur
D’s’engager

Elle avait connu des hommes trop petits,
Ils l’avaient aimée certes mais pas assez
D’autres l’avaient entourée de douceurs
Mais sans y mettre vraiment tout leur cœur
Elle avait pensé un jour se marier
Mais les deux familles s’en étaient mêlées
Et las le tourtereau l’avait plaquée
Elle trop orgueilleuse n’avait pas rappelé

Y a plus d’homme
Des enfants
Qui voudraient
Une maman
Comment faire
Pour trouver
Un vrai mec
À aimer

Dans sa vie elle n’a jamais eu de chance
Pour les hommes toujours quelque chose qui manque
Un amant qui a peur de s’engager
Un actif qui ne peut pas s’arrêter
Un parleur qui ne sait pas écouter
Un logique qui a peur d’ses sentiments
Elle ne sort jamais le bon numéro
Quand elle y pense juste des gros zéros

Y’a pas d’homme
Pas d’homme
Pas d’homme
Juste des femmes
Des bonnes femmes
Qui s’pavanent
Qui s’désâment
C’est un drame

À chaque jour c’est l’amour qui lui manque
Et tous ces amis qui veulent la gâter
Ces frères, ces sœurs là pour bien l’ entourer
Ne pourront jamais la réconforter
Il n’y a qu’elle qui peut se le donner
Et dès qu’ils partent elle se sent désertée

Y a son père
Occupé
Et son coeur
Enfermé
Pas un mot
Le silence
Une fillette
Délaissée

 
Le club des bédaines Envoyer
Paroles _ Denis Guépard (mai 2011)

En arrivant dans la soixantaine
On reçoit aussitôt quelle veine
Cette carte de membre souveraine
Du très sélect club des bédaines

On la mérite pour notre apparence
Cette belle sphère de chair qui danse
Nos petits pas serrés en cadence
Et notre esprit centré sur la panse

Nous fumes de vaillants guerriers jadis
Avec des idées pures comme lys
Mais elles ont vite battu en retraite
Pour la sécurité de nos fesses

Certes nous avons su changer le monde
La gauche vota des lois en grand nombre
Mais gare à la loi du balancier
La droite élue a tout restauré

Mais nous sommes tous de joyeux lurons
Le verre à la main comme fanion
Nous continuons de croire nos lubies
Avec un rire énorme sur nos vies

Don Quichotte est notre seul modèle
Luttant vaillamment pour ses grands rêves
En sachant que ses pires ennemis
Sont des moulins tournant sous le ciel gris

Entrechoquons nos nobles bédaines
L’avenir est à nous cette semaine
Ce mois, cette année ce beau demain
L’âge d’or prend le pouvoir enfin

Mis à jour le Jeudi, 08 Septembre 2011 22:49
 
Trou noir Envoyer

Paroles _ Denis Girard (juillet 2011)

Assis sur un très gros canapé
Un homme délicieusement couché
Avec une commande à la main
Il appuie sur de jolis boutons
Et oups son dîner bien préparé
Et un breuvage exquis tout givré
La télé trois-d le fait rêver
Plus jamais besoin de se lever
Le bonheur et la facilité
Il vivra au moins jusqu’à cent ans

La science a remplacé tous les dieux
Au diable le beau ciel et l’enfer
Il n’y a plus jamais de mystère
La vieillesse, toutes les maladies
Les savants trouvent une explication
Et un jour les remèdes viendront
Les pires cancers et même le sida
Ne pourront pas longtemps résister
Au grand génie de l’humanité

La vie écoute mon petit garçon
C’est rien qu’une question de boutons
Si tu as dans les mains une manette
Les richess’ te tomb’ront dans les mains
C’est la seule clef de tous les plaisirs
N’aie pas peur de ton obésité
Fais attention si tu dois marcher
Tu as des robots pour te servir
Alors ne pense à rien, tu peux jouir

N’écoute pas Einstein qui disait
Tout au fond de l’azur infini
Il y a les grands trous noirs, une porte
Sans aucune mémoire, un trou
Ouvert tout béant sur le plus grand
des néants, Si c’est le derrière
D’un dieu, non mais ce n’est pas sérieux
La fin c’est un peu comm' le début
Un jour on ne comprend plus et puis
On a peur, vraiment, vraiment très peur

 
C’est mon tour Envoyer

Paroles _ Denis Guépard (juin 2011)

Qu’est-ce qu’on fait quand on a tout perdu
Son travail, son argent, ses amis
On se voit, si laid dans l’miroir
Bien trop gros, l’air nono, mille défauts
On voudrait, au plus vite, rebondir
Se lever, décidé, et agir

Refrain :
Donnez-moi une adresse un contact
Un beau poste, bien payé à combler
J’ai du cœur du talent des idées
Laissez-moi, vous montrer mon cv
Pour conduire, un camion ou un bus
Je pourrais vous mener sur Vénus

Je le vois dans ma tête cet engin
Tout brillant, rugissant qui m’attend
C’est ma chance, je le sais, elle s’en vient
Je l’aurai, c’est certain, dès demain
Dans la vie faut vouloir et puis croire
On m’appelle et j’arrive dans l’instant

Refrain

Moi j’espère tellement fort et j’en parle
Je demande un emploi à la vie
À Quelqu’un qui en parle à quelqu’un
Je choisis cette fois c’est fini
Un matin, je sais bien, un patron
Va appeler, m’engager pour de bon

C'est dur de se trouver son boulot
Une bonne petite job qui nous paye gros
Les patrons parfaits ça n'se fait plus
Un employé super c'est trop cher
Mais un gars avec du coeur au ventre
Et de l'énergie à revendre
Cherchez pas plus loin vous verrez bien

Refrain

Mis à jour le Mardi, 19 Juillet 2011 15:36
 
Piqûre Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Y a des humains qui courent après la gloire
Qui donneraient tout pour passer à l’histoire
D’autres qui font des heures sup pour le pognon
Pour mettre un jour la main sur leur million

Y en a qui luttent pour sauver la planète
Pour mettre un peu de vert dans leur assiette
Y en a qui cherchent le vrai sens de la vie
Et méditent en silence sur un tapis

Y en a qui se nourrissent de connaissances
Pour éloigner un peu leur ignorance
Y en a qui cherchent les idées de génie
Et trouvent soudain en tombant de leur lit

Mais moi je suis vraiment très très modeste
Je prends ça comme ça vient sans trop de stress
Je suis le soleil à tous les matins
Et j’apprécie ce qui m’tombe sous la main

J’ai eu la piqûre quand j‘étais jeunot
J’évite autant que je peux les problèmes
Je suis à mon meilleur quand y fait beau
Et quand ça se gâte je rigole quand même

Je suis un grand jouisseur de la bonne bouffe
Mon bonheur suit le chemin de ma bouche
Je goûte autant les fleurs que les gigots
Je suis épicurien c’est mon défaut

Faut pas trop s’en faire pour les bidules
Pour toutes ces machines qui nous calculent
Y a que le plaisir qui nous fait du bien
Et dès qu’on a une chance on fait pu rien

Les plaisirs de l’amour je le confesse
Ramène son homme sur ses fesses
Mais seul l’amour le comble et le soutient
C’est ce qui le distingue de son chien

Mis à jour le Mardi, 07 Juin 2011 15:51
 
Invisible Envoyer

Paroles _ Denis Girard (Avril 2011)

Tu peux te maquiller et faire rougir tes lèvres
Asperger tout ton corps du plus doux lait de chèvre
Suivre ces régimes qui te promettent la beauté
Endosser ta belle robe te parer de colliers

Ce que j’aime de toi
Se voit les yeux fermés
C’est l’odeur de ta voix
Le goût de ton sourire
Le bruit de ta peau douce
La musique de ton souffle

Tu peux partir le jour pour mener tes affaires
Revenir à la nuit épuisée et blessée
Manger comme un oiseau trimer comme une bête
Vivre pour tes enfants t’oublier sur le carreau

Ce que j’aime de toi
Me fait changer de tête
Me fait rire des malheurs
Cultiver le présent
Cracher le nez en l’air
Chanter le mauvais temps

Tu peux défier la mort donner ton sang ta force
Perdre tes richesses donner mon temps aux loups
Caresser tes projets rénover tous nos murs
Déménager sur Mars repartir au matin

Ce que j’aime de toi
Ne me quitte jamais
C’est un peu dans ma voix
Perdu dans mes cheveux
Personne ne le voit
Une seule le devine

Vous ne savez rien d’elle pas même sa silhouette
Elle n’aime pas les fouineurs repousse les amitiés
Elle s’approche si près pour tout dire à l’oreille
Que le plus grand secret scelle notre intimité

Ce que j’aime de toi
C’est difficile à croire
Un roman inconnu
Une histoire inventée
Tellement invisible
Qu’on ne peut le voler

Ce que j’aime de toi
Se voit les yeux fermés
C’est l’odeur de ta voix
Le goût de ton sourire
Le bruit de ta peau douce
La musique de ton souffle

Mis à jour le Dimanche, 24 Avril 2011 19:23
 
Comme une éclaircie Envoyer

Paroles _ Denis Girard (avril 2011)

Comme une éclaircie, un endroit béni
Baigné de lumière au milieu des bois
Un coin isolé de tous ignoré
Un chemin perdu enfoui disparu
J’ai vu des instants de précieux moments
Surgir dans ma vie comme des soleils
Au coin d’une rue, au bout d’une nuit
Déchirer le voile de ma petite vie
Comme la clef perdue de ma drôle d’histoire
Révélée soudain dans sa vérité
Tellement nourrissante de simple beauté

Là pour une minute une éternité
J’ai su le pourquoi un jour j’étais né
Je me suis promis de n’pas l’oublier
J’ai su mes erreurs, mes pas égarés
J’ai vu ma fureur pour le temps gâché
J’ai fait des projets j’ai même juré
Et puis la routine le grand quotidien
M’a fermé les yeux de ses petits riens
J’ai fait mon devoir comme un petit chien
Qui suit la parade un peu comme ça vient
J’ai fait un travail pour qu’on m’aime bien

Mais ces rendez-vous de mon existence
Où j’ai découvert de ma vie le sens
Me traque aux détours de ma vie d’absence
Me force à crier pour montrer l’urgence
De choisir la vie de l’homme courageux
Cette belle folie qui dort dans nos yeux
Ce projet absurde lourd et ténébreux
Dont seul on comprend le prix et l’enjeu
Toute la nature cette chère complice
Vient nous proposer comme pour un fils
De faire comme l’arbre debout sous le ciel
De pousser sa sève vers ses blancs soleils

Le seul rendez-vous qui sait nous attendre
Dort au fond de nous au creux de nos ventres
Il est toujours temps de se décider
À faire le chemin qu’on avait rêvé
Même le destin ne peut rien y faire
Il s’agit enfin de nous satisfaire
Cette histoire d’amour finit toujours bien
Comme un grand cadeau caché dans sa main
La magie de vivre éclate dans nos veines
Ce bel univers de notre vie même
Vouée à un rêve unique sous les cieux
Une porte ouverte sur le merveilleux
Celui qui décide devient-il son dieu

Mis à jour le Jeudi, 28 Avril 2011 09:51
 
Mon terrible amour Envoyer

Paroles _ Denis Girard (mars 2011)

Mon terrible amour, je tremble à te regarder
Je sens rugir en toi les vieux monstres d’hier
Je me force à sourire pour ne pas t’inquiéter
Mais je crains ta fureur contre la trahison
Cette marée de mensonges éclabousse mon nom
Et j’ai peur de périr pour les crimes de mes pairs

Je sens toute ta méfiance collée à mes regards
Le coureur de jupons qui jure qu’il est fidèle
Ta mémoire te commande de ne plus jamais croire
Ces petits séducteurs assoiffés de conquêtes
J’ai été de ceux-là mais l’amour me transforme
Mon âme plaide pour moi tes blessures me condamnent

J’ai peur de toi comme un drogué au paradis
Des artifices de cet amour qui me nourrit
Tu m’ fais planer au-dessus de mes bourbiers
De solitude de désespoir de faussetés
Comme la géante maîtresse de mon pays de nains
C’est la tourmente quand tu t’ lèves chaque matin

Au début comme un idiot je t’ai désirée
Au creux de ton lit j’ai goûté le sublime
J’ai flotté insouciant enivré de plaisir
Tu parlais sentiment tournée vers l’avenir
Avec dans tes cheveux un goût d’éternité
J’étais prêt au grand saut ému ensorcelé

Ma redoutable femme plus libre qu’une gitane
Je goûte ta jeunesse comme un fruit défendu
Moi qui me sens si vieux devant tous tes amis
Qui s’amusent de bons mots que j’ai déjà compris
Je te vois me quitter dans une prochaine vie
Et je sais déjà pourquoi tu seras partie

J’ai peur ah comme j’ai peur que soudain tu te fatigues
De mon rire,de ma tête de mes bouffonneries
De ma façon de dire je t’aime comme on supplie
Moi qui ne serai jamais l’homme qui te séduit
Je ne suis qu’un comédien tombé amoureux
De cette jolie petite qui m’a crevé les yeux

Mis à jour le Vendredi, 25 Mars 2011 20:13
 
Ma belle douleur Envoyer

Paroles _ Denis Girard (mars 2011)

Oh toi ma folle douleur
C’est toi qui m’as mis au monde
Tes cris tes plaintes ta peur
Raisonnent au fond de ma tête
Forcent le rythme de mon cœur
Tu m’as forcé à me battre
À braver ma frayeur
Parmi la horde d’étrangers
À reconnaître l’ami

Toi ma précieuse douleur
Mon fils porte bien ta marque
Sa sagesse se nourrit
De la lumière que tu jettes
Sur nos cœurs endoloris
Il sait la valeur des choses
Le lourd prix de la beauté
Il guette tes vagues ta tempête
La faiblesse de ta colère

Toi ma secrète douleur
Ma femme a les yeux meurtris
La souffrance sur elle se lit
Je l’ai trouvée la plus belle
Tellement fière insoumise
Sous les duperies des gredins
Tu m’as dit c’est ta promise
Son sourire tendre et mutin
Parle des offenses en son sein

Oh ma puissante douleur
Quand reposée assouvie
Tu laisses poindre le bonheur
Tu tiens la terre dans tes mains
Elle tremble sous la guerre la faim
Toi mère de l’humanité
Tu tortures pour enseigner
Le prix qu’il nous faut payer
Pour apprendre à nous aimer

Toi ma plus noble douleur
C’est la grande fête dans ma tête
Mon amour va arriver
Les poignards dans son ventre
Une autre ignoble maladie
Que s’épuisent le jour la nuit
Endors-toi la belle douleur
Laisse-nous encore quelques heures
Laisse passer un clair de lune
La joie file s’évanouit

Mon omnisciente douleur
Tu célèbres ta victoire
Au début en fin de vie
Les larmes tes fruits les plus doux
Toutes les vérités en prime
Les vieux sages te chantent leurs hymnes
Tous ces gens unis ensemble
La paix dans ces yeux humains
La souffrance est une amie

Mis à jour le Dimanche, 27 Mars 2011 19:18
 
Chapeau Envoyer

Paroles _ Denis Guépard (février 2011)

Chapeau melon aristocrate
Chapeau haut d’ forme pour les grands shows
Chapeau d’cowboy pour la montagne
Feutre élégant ou sombrero

Depuis que je me suis fait homme
J’ai un faible pour les chapeaux
Comme le panache pour un chevreuil
Ça impressionne les animaux

Certains préfèrent la calotte
Car pour le sport rien de trop beau
Moi pour les femmes j’donne ma culotte
Avec mon feutre je sauve ma peau

J’aime bien apprivoiser les bêtes
Ma gentillesse c’est mon lasso
Quand une jument me tourne la tête
Je n’crache pas sur un rodéo

Je tombe parfois dans un doux piège
Le charme endort bien les chevaux
Je rue je mords et me rebelle
En sachant qu’elle aura ma peau

Une belle m’a mis en élevage
Enfermé dans son bungalow
Ma serrure c’est son doux corsage
Son lit me tient le cœur au chaud

C’est jour de soleil dans ma vie
Quand je me coiffe de mon chapeau
C’est un p’tit rien qui m’embellit
Un bol qui me tient hors de l’eau

Un homme peut perdre un peu la face
Mais garde toujours son chapeau
C’est sa dignité et sa classe
Et un palais pour son cerveau

Mis à jour le Dimanche, 27 Février 2011 18:27
 
Le secret de l’amour Envoyer

Paroles _ Denis Guépard (février 2010)

On en fait tout un mystère
Le secret le plus odieux
Le silence de ma mère
Un mal très mystérieux

On le cache au paradis
Dans la main d’une femme nue
Offrant la rondeur d’un fruit
Au tout premier homme venu

On n’en parle pas aux enfants
Comme si c’était un péché
On le dit en chuchotant
Avec un sourire gêné

L’amour il faudrait le dire
Est une belle histoire de cul
Il nous fait vibrer grandir
Tant que le désir afflue

On parle peu du pénis
Comme un héros avili
De la vulve magnifique
Que jamais l’on ne décrit

On aime mieux raconter
Des contes à dormir debout
Des rêves d’éternité
Des sentiments un peu flous

Pourtant la pure vérité
Mérite d’être reconnue
Les yeux doux ont provoqué
Les morsures dans le cou

Les plus vibrants des poèmes
Naissent à la pointe d’un sein
Le plus constant des je t’aime
Caresse un gland dans sa main

L’amour il faudrait le dire
Est une belle histoire de cul
Il nous fait vibrer grandir
Tant que le désir afflue

Mis à jour le Samedi, 05 Février 2011 11:25
 
Sans coeur Envoyer

Paroles _ Denis Guépard (février 2011)

Elle avait un regard d’ange
Plein de tendresse et de douceur
Mais pour son corps c’était étrange
La diablerie de ses rondeurs

Je ne dirai rien de ses jambes
J’ai tout dit à mon confesseur
Le mouvement et la cadence
La valse de son postérieur

Elle ne fit rien pour me séduire
Comme le pire des laiderons
Il lui suffisait de sourire
Et j’étais tout en pâmoison

La mettre au lit pas très facile
quelques années de dur labeur
Avec une cour des plus fébriles
L’engagement et la ferveur

Bien sûr son corps était sublime
Et la passion dura des heures
Mais elle jouait bien la coquine
La belle n’avait pas de cœur

Après des années de mariage
Elle lui dit d’un ton moqueur
Fais ta valise prends ton bagage
J’ai trouvé mieux que ta valeur

Dieu était sûrement ivre
Le jour où il l’a dessinée
La perfection dans chaque ligne
Mais pas une âme pour l’habiter

Mais la belle n’était qu’une sans cœur
Il n’y avait rien sous sa poitrine
Pas de moteur dans la machine
Juste le vide qui faisait peur
Même pas une toute petite lueur
Gare à la belle qui n’a pas d’coeur

Mis à jour le Lundi, 07 Février 2011 16:58
 
Le moine Envoyer

Paroles _ Denis Girard et Hugo Blouin (janvier 2011)

Il vivait comme un moine qui a perdu son Dieu
Seul dans la maison où il revoyait ses filles
Jouer autour de lui affairé aux fourneaux
Le cœur en miett’s déchiré par la trahison
Révolté d’avoir cru à un semblant d’amour

Et cette froideur dans ses yeux quand elle est partie
Comme si tout était faux depuis le tout début
Le plaisir le désir les frissons le bonheur
Il sentait le poids des briques s’écrouler sur lui
Comme une maison effondrée sous les murs pourris

Il vivait comme un moine qui en voulait à Dieu
Seul sur son vélo, il s’entraînait, arpentait
Filait la route en tissant sa rancœur sèche
Cœur aux lèvres, larme au poing, la haîne au corps
Déchiré de ses chaînes qu’il ne pouvait quitter

Et cette froideur dans ses yeux quand il marchait
Comme si tout était trop depuis le tout début
Le plaisir le désir les frissons la douceur
Il sentait qu'elle ne l'avait jamais trouvé beau
Comme un gars effondré sous les voeux trahis

Il vivait comme un moine, mais revenait sur terre
Seul sous sa tristesse il voyait sa petite fille
Qui souriait, son petit-fils sur ses genoux
Le plaisir les p’tits rires les frissons le bonheur
Il dev'nait si heureux à jouer la nounou

Et cette froideur dans ses yeux revenu chez lui
Comme si tout était faux depuis le tout début
Le plaisir le désir les frissons le bonheur
Il sentait le poids des briques s’écrouler sur lui
Comme une maison effondrée sous les murs pourris

Mis à jour le Lundi, 24 Janvier 2011 19:51
 
Flatulences Envoyer

Paroles _ Denis Guépard (janvier 2011)

J’ai le corps plein de flatulences
Des beaux gros pets d’irrévérence
J’ai d’la misère à digérer
Tout c’qu’on voudrait m’faire avaler
J’arrive même pus à me payer
Mon pain, mon beurre, mon steak haché
Pour mon p’tit fun d’la fin d’semaine
Ma caisse est vide, j’ai pus une’cenne

Les taxes arrêtent pas d’augmenter
Les prix essayent de pas bouger
Mon p’tit salaire a l’air niaiseux
J’peux rien m’payer de ce que j’veux

Ma blonde va plus d’in magasins
Quand t’es cassé ça sert à rien
À me r’garde comme un sans dessein
Un incapable, pas trop fin fin
Dans les campagnes et dans les champs
On pouvait vivre sans trop d’argent
Planter au moins quelques légumes
Nourrir des bêtes cueillir des prunes

Mais sur l’asphalte c’est effrayant
C’est plus dur de manquer d’argent
Avec le p’tit chèque du bien-être
On passe même pour des malhonnêtes

Ça sent le vieux poisson pourri
Ça pue la marde, le dégueulis
On a pus l’goût de prendre un coup
La rage nous a tous rendus fous
La digestion c’est important
Quand t’as l’moton c’est inquiétant
Tout peut péter sans avertir
Tous les boyaux, soudain s’ouvrir

J’ai le corps plein de flatulences
Des drôles de pets vraiment étranges
J’ai un orchestre d’in z’intestins
Qui va sauter si je fais rien

Je pense qu’au tout début du monde
Les gaz voyageaient à la ronde
Le big bang dans les intestins
De dieu qui comprenait pus rien
Tout d’un coup ça s’est compliqué
Les éléments se sont cognés
À des millions d’années-lumière
Le plus gros pet de l’atmosphère

La fin du monde c’est pour demain
Les gaz condensent chez les pas fins
Rien dans les poches rien dans les mains
Plus rien à perdre ça pète en chien.

Mis à jour le Lundi, 24 Janvier 2011 19:52
 
Quand le soleil salue le smog Envoyer

Paroles _ Denis Guépard, contrée de Québec

Quand je parcours la terre immense
Dans ma vieille Toyota pourrie
Je hume les vapeurs de l’essence
Je goûte le vacarme et les bruits

Les villes sont remplies à craquer
Les usines tournent comme des moulins
Les maisons poussent dans les banlieues
Les riches sont beaucoup plus heureux

Quand le soleil salue le smog
Les montagnes sourient à la vie
Les femmes magasinent des hommes
Pour le plaisir à chaque nuit

On a fait brûler les promesses
Pour enfin vivre au jour le jour
On invente des histoires de fesses
Qui ressemblent beaucoup à l’amour

On part en vacances dans le nord
Pour voir mourir les grands glaciers
La décadence nous trouble à mort
Comment faire pour tout arrêter

On marche souvent dans la campagne
Au milieu des grands arbres muets
On effraie les bêtes sauvages
Avec nos regards terrifiés

Dans une nuée d’étoiles filantes
On regarde nos rêves défiler
Le futur est affaire de chance
Les dés jetés dans le passé

Mais on a au moins la vitesse
Sur nos claviers et nos gadgets
L’illusion offre plus de richesses
Que l’aube blême du matin

Mots clés: paille de contrée
Mis à jour le Dimanche, 02 Janvier 2011 13:04
 
Roger Envoyer

Paroles _ Denis Girard (Décembre 2010)

Moi ma voiture s’appelle Roger
C’est bien moi qui l’a baptisée
Du beau nom de mon défunt père
Qui dort sous terre près d’la rivière

Ma voiture dit jamais un mot
Démarre toujours quand il le faut
Toujours très froide à l’extérieur
Elle est torride à l’intérieur

Elle est bien comme mon vieux père
Le silence c’était son affaire
Mais il comblait tous nos besoins
Logé nourri on était bien

Ma voiture ne se plaint jamais
Même si elle roule plus qu’elle devrait
Mon vieux ne comptait pas les heures
35 années à son compteur

Quand je suis pris dans une tempête
Pas une rafale ne m’arrête
Même la glace et le verglas
Roger solide ne bronche pas

Avant j’avais des vieux bazous
Des vieux tacots pourris à bout
J’passais ma vie chez l’garagiste
Mais y manquait toujours une vis

Avec Roger c’est le bonheur
J’écoute ronronner son moteur
C’est d’la musique pour les oreilles
J’ris tout seul en comptant ma paye

Hier j’suis allé voir mon gars
Y vit aux îles de la Madeleine
J’avais apporté un cadeau
Mon beau Roger tout bleu tout chaud

Asteure je n’m’inquiète plus pour rien
Même si mon gars reste ben loin
Je sais qu’mon vieux veille sur lui
Sur les grandes routes de la vie.

Mots clés: paille de contrée
Mis à jour le Dimanche, 02 Janvier 2011 13:03
 
La gueulante du chercheur d’or Envoyer

Paroles _ Denis Girard et Hugo Blouin (novembre 2010)

Brav’s gens, je suis un chercheur d’or
Et l’or ça ne court pas les rues
Les voleurs pillent les coffres-forts
Aux yeux des gens sur les avenues
Politiques collectant pots de vin
En sifflotant au coin des rues
Financiers volant leurs clients
À coup de millions sans être vus

Les pauvres gens vont à la guerre
Les terroristes, brûlent les trains
Et moi je cherche sous notre terre
De quoi arroser le bon grain
Je suis l’plus fou des optimistes
De l’or bleu coule dans ce pays
Aux yeux des hommes dans ceux des femmes
Qui creusent, qui coulent, qui chantent ici

Brav’s gens, je suis un chercheur d’or
Mon or je sais comment l’trouver
J’commence par juste un peu d’espoir
Au creux du ventre et puis croyez
Je pense que j’ai queq’part un fils
Qui cherche son or sans s’inquiéter
Comme s’il y avait au fond du trou
Le courage de recommencer

Brav’ gens, creusez, coulez, trimez
Quand trinquent bandits et policiers
Il doit y avoir, au fond du nous
La folie de recommencer

Mis à jour le Vendredi, 19 Novembre 2010 15:43
 
Les hommes ne se parlent pas Envoyer

Paroles _ Denis Girard (octobre 2010)

Les hommes ne se parlent pas
De père en fils le silence
Le cœur fermé comme les poings
Fais ce que dois et fais-le bien

Les hommes ne se parlent pas
Ils s’observent sans qu’ça se voie
Ils ricanent de la douleur
Ils bravent ce dont ils ont peur

Les hommes ne se parlent pas
Ils crient dans leurs gestes las
Ils attaquent d’un seul regard
Ils pleurent quand c’est trop tard

Les hommes ne se parlent pas
Les sentiments dans le ventre
Comme une gale sur un doigt
Une faiblesse indécente

Les hommes ne se parlent pas
Ils rient de toute maladresse
En la désignant du doigt
Avec du mépris dans le geste

Les hommes ne se parlent pas
Torse bombé regard fier
Maître de leur univers
La dignité c’est la loi

Les hommes ne se parlent pas
Ils radotent des évidences
La température le sport
Les jolis culs la finance

Les hommes ne se parlent pas
Ils habitent leur solitude
Ils travaillent comme des fous
Et ils se soûlent comme des trous

Les hommes ne vous parlent pas
Ils ignorent ce que vous êtes
Envoûtés comme des bêtes
Ils se taisent encore une fois

Les hommes ne vous parlent pas
Ils font l’amour comme des ânes
De performances ils se pâment
Trois petits tours et puis rien

Les hommes parlent quelquefois
Quand l’amour soudain les brise
Ils apprennent même à sourire
Ils viennent au monde ce jour-là

Mis à jour le Lundi, 01 Novembre 2010 21:57
 
Jacques Barbeau : le chantre des souvenirs (hommage) Envoyer

Paroles : Denis Girard.
Musique : René Béchard.
Voix : Élyse Béchard, René Lefebvre.

Le peintre vit dans ses souvenirs
Il met les voiles sur ses toiles

Le peintre vit dans ses souvenirs
Au cœur de ce petit village
Où la magie dessinait les images
De la vie d’un peuple sage
Qui grandissait sans ambages
Sous l’œil du curé qui veillait
Ses ouailles qui pêchaient le plaisir
De l’évêque drapé dans sa prestance
Avec grâce et fière contenance
La vie était faite de dimanches
Où le bonheur chantait au jubé

Son pinceau sait le rajeunir
Ouvrir les chemins des étoiles

Le peintre parle de son village
Quand la vie faisait bon ménage
Le diable jouait les bedeaux
Derrière la chaire pour les sermons
Le curé prêchait comme un démon
Le ciel tournait au bleu l’enfer au rouge
La quête encaissait les dollars
Le clergé veillait sur l’or et le grain
Les bonnes sœurs en soutanes
Angéliques sous leurs cornettes
Se rendaient gaiement à la messe
Les cloches sonnaient les saisons

Son chevalet sait le conduire
Au-delà des masques et des voiles

Le peintre ricane avec malice
Des péchés cachés sous la table
Du printemps au sirop d’érable
Des amoureux aux épousailles
De la carriole qui se rend à l’office
Des chevaux dansant en cadence
Sur la neige blanche du matin
Il suit l’habitant au bout du champ
Posant la fourche après les foins
Goûte la miche du bon pain
Récite le chapelet à genoux
Court les hôtels avec les filous

Il parle en ombres et en lumière
Devine les figures et les signes

Le peintre construit des énigmes
Son pinceau trace les lignes
Cache les rêves et les secrets
Il raconte les joies et les drames
De toutes ces bonnes âmes
Qui accouchent de ses mains
Il fait jaser sur ses toiles
L’oiseau et la feuille de l’arbre
Construit le calme et l’harmonie
Il connaît de Dieu les largesses
Donne la vie avec noblesse
S’abandonne au pire des courroux
Tue celui qu’il désavoue

Il perce les regards des pierres
S’abreuve aux célestes vignes

Le peintre s’abandonne à l’ivresse
Des jolies filles que la nuit caresse
Le violon met le cœur en liesse
Les hommes dévissent les flacons
On trinque à la bonne récolte
Aux petits qui entrent à l’école
Aux promesses folles de l’avenir
Demain comblera tous les désirs
La voix de l’orgue monte à l’église
Les vieilles filles grignotent complices
Les plus belles réputations

Le peintre chante ses souvenirs
Sur une musique de satyre

Le peintre mène la jacquerie
Contre la violence et la bêtise
La vie de demain lui semble grise
La sagesse du passé lui sourit
Le peintre étale sa palette
Le temps bascule par la fenêtre
C’est le voyage dans le temps
Il voit son père et le village
Sa mère dresse la table
Ça sent la terre et le printemps
Soudain le peintre a vingt ans
Tout le monde l’attendait pour la fête
La musique monte dans sa tête
Il est minuit il va renaître
Entre les cuisses d’une beauté
Le peintre est ressuscité

Le peintre vit dans ses souvenirs
Il met les voiles sur ses toiles
Son pinceau sait le rajeunir
Ouvrir les chemins des étoiles
Son chevalet sait le conduire
Au-delà des masques et des voiles
Il parle en ombres et en lumière
Devine les figures et les signes
Il perce les regards des pierres
S’abreuve aux célestes vignes
Le peintre chante ses souvenirs

Mis à jour le Lundi, 01 Novembre 2010 21:58
 
Les bébés rageurs Envoyer

Paroles _ Denis Girard (octobre 2009)

Ces grands adolescents qui refusent de vieillir
Tellement émouvants qu’on voudrait vite rajeunir
Pour pouvoir les choyer une nouvelle fois
Les aider à guérir blottis entre nos bras

Ces beaux rois fainéants assis devant leurs jeux
Qui exigent de nous toujours plus toujours mieux
Se font tirer l’oreille pour se pencher les yeux
Sur les mille problèmes qui ne parlent pas d’eux

Ils sont si pathétiques à souffrir le martyre
Pour une petite corvée un ménage à finir
Il faut tant supplier pour qu’ils lèvent le doigt
Qu’on fait tout étonné qu’ils ne protestent pas

Et pour leur pardonner on accuse souvent
Le grand vide provoqué par tous ces faux parents
Qui essaient de soigner leurs blessures d’enfants
Sous un ciel de jupons ou une pluie de glands

Tout ce que nos parents ont voulu nous montrer
Les nobles sentiments la générosité
Le plaisir de donner sans attendre en retour
Apparaissent à leurs yeux des rêves de troubadour

Toutes les générations tentent d’évoluer
En cassant la figure à leurs pauvres aînés
On met à la poubelle leurs nobles expériences
En cachant sous l’humour toute l’indifférence

Ces beaux effarouchés qu’on a privés d’amour
Sont parfois délinquants révoltés au cœur lourd
Ils veulent réinventer un monde où les parents
Ne détruisent jamais les châteaux des enfants

Ces grands bébés rageurs quand ils tombent en amour
Inventent des vérités qu’ils défendront toujours
Contre tous les petits au chaud dans leurs girons
Qui riront à leur tour de leurs belles convictions

Les sottes étiquettes veulent figer les couleurs
Bébés rois ou téflons, X, Y ou boomers
On apprend à aimer dans des bras imparfaits
Et pour tout réparer on donne ce qu’on voulait

Mis à jour le Mercredi, 13 Octobre 2010 11:48
 
Dans le ventre de maman Envoyer

Paroles _ Denis Girard (juillet 2001)

Je suis amoureux d’une femme
Qui me porte au creux de son âme
Je suis en elle, elle est en moi
Jamais elle ne me quittera

Je suis gâté, logé, nourri
Dans un ballon super joli
Je suis dans le ventre de ma maman
Tout est facile, c’est épatant

Je suis dans un supermarché
Où tout est doux, tout est mouillé
J’ai deux mamelons pour me gaver
Je suis gonflé, je suis comblé

Je suis couché toute la journée
Je nage un peu pour m’amuser
Et quand j’ai le goût d’manger
J’ai rien à faire, j’suis connecté

Ma mère est mon vaisseau spatial
Je suis son passager spécial
Je flotte dans l’apesanteur
Dans le doux plasma d’son cœur

Je flotte dans une maison rose
Où j’imagine mille choses
Hier, j’ai inventé mon coeur
Je me construis de l’intérieur

Demain, je me ferai des yeux
Je crois bien que je suis un Dieu
Et puis il me faudra des mains
Je les dessinerai demain

Je suis au tout début du monde
Je grandis à chaque seconde
Dans l’usine de la galaxie
Je fais mon corps, je fais ma vie

Mais tout à coup ma maison tremble
Un ouragan qui se déclenche
On dirait qu’on veut m’expulser
Maman faut pas m’laisser tomber

Je suis amoureux d’une femme
Qui m’a chassé loin de son ventre
Je prends son sein entre mes mains
Je m’endors et je me souviens.

Mis à jour le Samedi, 16 Octobre 2010 17:21
 
Bordel Envoyer

Paroles _ Denis Girard (5 avril 2005)

Rien qu’une musique de bordel
De lieux mal famés de boxons
Des filles de petite vertu
Des maquereaux en pleine action
Tous les alcools de contrebande
Quelques maffiosi mélomanes
Voilà la très jolie maison
Du jazz de la tour de Babel

Le péché Mortel est de mise
L’infidélité coutumière
La plus grande extase est promise
Par ces amoureuses ouvrières
Le piano sonne la passion
La fine lingerie lui sert
De langoureuse évocation
De l’interdit de ce concert

Le jazz fait du libertinage
Favorise l’improvisation
Les instruments du bavardage
Le saxophone des vibrations
La contrebasse donne le rythme
Pousse la trompette vers l’évasion
Cette musique est née du sexe
Pousse la vie vers la fusion

Le jazz de la tour de Babel
Naquit un jour de perversion
Plus pure plus noble et plus rebelle
Que les classiques productions
Le jazz ne connaît pas de maître
Mais ses amis sont par millions
Jouer un peu pour vous connaître
Chaque musicien a sa façon

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Lundi, 20 Septembre 2010 10:50
 
La bière Envoyer

Paroles _ Denis Girard (5 août 2001)

En ouvrant ma toute première bière
Je me suis trouvé des amis
On riait de tout on claquait nos verres
Et on criait « Québec mon pays »

Le gros Pierre chantait Mexico
Avec la voix de Tino Rossi
Le Bougon nous parlait de jupons
De sexe fou et de séduction
Jean-Paul se voyait sur la grande scène

Sous les ovations et les bravos
Moi je rêvais d’amour et de filles
Sur les ailes de mon stylo à bille
Les politiciens sont tous des vendus
Pour un peu d’argent ils sourient à la reine
Les politiciens sont tous des vendus
Pour beaucoup d’argent ils lui embrassent le…

Dans cette taverne devenue brasserie
La bière faisait ses tours de magie
Gros Pierre devenait très sûr de lui
Le Bougon le grand Roi des charmeurs
Jean-Paul s’inventait des mélodies
Moi j’écrivais de grandes poésies

Après trois heures le cœur dans la bière
On était prêts pour aller draguer
Sous les bruits sourds de la discothèque
Avec au fond le besoin d’aimer

Et coule, coule la grosse bière
Pour nous donner un peu de chaleur
Quand au matin le cœur peu fier
On mentait pour sauver l’honneur

La fille était la plus jolie
Elle était merveilleuse au lit
Et blablabli et blablabla
On est si seul quand on fait ça

Les garçons sont tous des tordus
Pour un peu d’respect ils s’inventent des reines
Les garçons sont tous des tordus
Pour beaucoup d’respect ils leur prennent le …

Mis à jour le Lundi, 20 Septembre 2010 10:50
 
Pensée Envoyer

Piste de l'album "Terminus" paru en 1968 aux éditions F. Henry.
paroles _ Denis Girard
musique et interprétation _ Daniel Mathieu

Au creux de ma pensée
Tout se trouble
Rien qu’à te regarder
Je découvre
Je pousse l’amour
Bien plus haut que l’été
Qu’as-tu fait des jours
Je n’sais plus les compter

Au noir de mes idées
Je m’écroule
Te suffit de parler
Je me soûle
Je pousse l’amour
Bien plus haut que l’été
Qu’as-tu fait des jours
Je n’sais plus les compter

Je parle d’amour
Au chat et au sucrier
L’enfant dans la cour
Rêve de t’épouser

Je vis au cœur de tes pensées
Un rêve à vivre et à crier           (Bis)
La tête à rire et à chanter
Perdu au creux de ta pensée

Je parle d’amour
Au chat et au sucrier
L’enfant dans la cour
Rêve de t’épouser

Note : piste mentionnée sur un article du blog de la station WFMU, une radio non commerciale du New Jersey.

Mis à jour le Lundi, 06 Septembre 2010 09:03
 
Le doux mensonge Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Je me raconte un doux mensonge
Quand je ne me sens pas très bien
Quand ma vie tourne au mauvais songe
Quand je me noie dans mes chagrins

Je suis le plus heureux des hommes
À chaque seconde de ma vie
J’aime une belle sauvageonne
Elle dort bien au creux de mon lit

Je l’amène tout droit vers le sud
Sur ces plages où il fait si beau
Elle marche habillée d’un chapeau
La mer verdoie sur sa peau
Nue

Je la guette assis à la table
Après le travail à cinq heures
Elle raconte ses longues batailles
Ses grandes victoires et ses douleurs

Nous ouvrons un bon vin corsé
Le jazz chuchote seul en secret
La truite exhale ses fumets
Son rire nous fait tout oublier

Nous faisons de longues ballades
Dans les sentiers au fond des bois
Nous lavons nos pensées malades
Dans le blanc soleil qui rougeoie

Nous rêvons de faire ce voyage
Dans tous ces pays merveilleux
La Grèce l’Italie et l’Irlande
Les poches pleines le cœur joyeux

Je serai toujours son trésor
Son élixir de belle vie
Nous habiterons dans son corps
Sur l’île de la fantaisie

Le bonheur n’est plus un mensonge
Lorsque nous y croyons tous deux
Il se moque si bien des songes
Sous la fureur de ses grands yeux

Mis à jour le Samedi, 14 Août 2010 14:57
 
Sans début ni fin Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Jérôme Bouchard
Interprètes _ Jean-Paul Tremblay (voix), Pierre D'Amour (clavier), Jérôme Bouchard (guitare), Guy Nadon (percussions), Serge Blouin (basse).

Il faisait froid ce matin-là
L’aube figeait sur place
Mais les yeux d’un sapin
Firent fondre les glaces

Il faisait chaud ce matin-là
L’aube coulait en flaques
Mais les yeux d’un sapin
Figèrent l’espace

L’on vit se tendre deux mains
En caresses et en chasse
De grands doigts incertains
Se figer dans la glace

L’on vit se tendre deux mains
En caresses et en chasse
Deux grands doigts incertains
Faire fondre les glaces

L’on vit crever le matin
En lumière sur la place
Blanche rouge catin
Qui caresse sans lasse

L’on vit naitre le matin
En formes opaques
Ta hanche et ton sein
Vibrer sous le spasme

L’on vit le temps s’arrêter
Pour regarder, pour écouter
Les gens fondre l’acier
Les gens aimer

Mis à jour le Vendredi, 30 Juillet 2010 14:07
 
Les secrets de famille Envoyer

Paroles _ Denis Girard (mai 2010)

Les secrets de famille
Qu'on a toujours cachés
Il n'aurait pas fallu
les dire à la Camille
C'est un panier percé
Tout l'monde saura en ville
Avant que la semaine
ne soit toute achevée
Et quand les gens sauront
Faudra vous expliquer
Et vous paierez la note
Devant tout le comté

Qu'est-ce qu'une fille peut faire
Quand son tchum l'a plaquée
Pour une petite cocotte
Avec un beau body
Elle se met en colère
Et pense à se venger
Contre François Lemaire
Et la belle Camille
Elle va placoter
Bien sûr elle va tout dire
Les vertes et les pas mûres
Eh oui ça va faire dur

Il n'y a rien de mal
À dire la vérité
François baise une mineure
René boit comme un trou
Julien est une Julienne
Julie aime les filles
Le père est su'l BS
La mère danse au poteau
Jean-Paul a tout perdu
En jouant au casino
Lucille a sa page web
Dans un p'tit site porno

Les gens de La Patrie
Ne savent pus quoi penser
Monsieur François Lemaire
Avocat réputé
Fréquenterait une fille
Qui travaille au marché
Elle paraît ses 20ans
Mais elle n'en a que seize
Son père est mal à l'aise
Couches-tu avec lui
Qu'il lui a demandé
Elle s'est mise à brailler

Monsieur Roger Ménard
Truckeur de profession
A frappé M'sieur Lemaire
Hier chez l'épicier
C'est à cause de sa fille
Sonia son pt'it bébé
Il sortait avec elle
Depuis une bonne année
Il a entendu dire
Qu'il l'aurait abusée
Même si c'était pas vrai
Il l'a bien arrangé

Les secrets de famille
Peuvent parfois nous aider
À nous faire justice
Quand on est au supplice
Avec un courailleux
Qui vous a humiliée
La famille des Lemaire
Tous des collets montés
N'osent plus sortir dehors
Personne veut leur parler
L'avocat en prison
Y vont déménager

Mis à jour le Vendredi, 02 Juillet 2010 11:31
 
L'arrache-cœur Envoyer

Paroles _ Denis Girard (mars 2002)
Musique _ René Béchard et Paulin Lacroix

Ça m'arrache le cœur
De savoir que plus jamais
Je ne te prendrai la main
Pour te faire passer un doux moment
Tout près de moi

Ça m'arrache le cœur
De te voir partir comme ça
Comme si je n'existais pas
Comme si je n'avais jamais compté
Vraiment pour toi

L'arrache-cœur
Frappe toujours comme un vautour
L'arrache-cœur
Guérit toujours le mal d'amour

Ça m'arrache le cœur
De te revoir là plus froid
Que le cœur des grands glaciers
Quant tu me parles tout à fait
Comme si j'étais pas là

Ça m'arrache le cœur
De regarder les blessures
Que je t'ai faites malgré moi
De m'rappeler tous les malentendus
Sans trop d'issues

L'arrache-cœur
Frappe toujours comme un vautour
L'arrache-cœur
Guérit toujours le mal d'amour

Ça m'arrache le cœur
D'avoir échoué à t'aimer
D'plus pouvoir te retenir
De ne plus rien avoir à t'offrir
Que mes larmes

Ça m'arrache le cœur
De me séparer de toi
D'm'arracher au fond de moi
Tout ce qui me tenait à cœur
Sauf la douleur

Ça m'arrache le cœur
De devoir quitter not'rêve
Parce qu'on n'a pas su trouver
La bonne façon qu'il faut pour aimer
Entre homme et femme

Ça m'arrache le cœur
Tout ce temps qu'on a perdu
Où tu aurais sûrement pu
Vivre ce que tu voulais du bonheur
Avec un autre

L'arrache-cœur
Frappe toujours comme un vautour
L'arrache-cœur
Guérit toujours le mal d'amour
Et quelquefois on en meurt

Mis à jour le Vendredi, 02 Juillet 2010 11:30
 
Sisyphe Envoyer

Paroles_ Denis Girard (Novembre 2009)

Le ciel me tombe sur la tête
Des tonnes de feuilles comme une tempête
Yen a partout. ça m’rend malade
J’passe mon temps à les ramasser
Le vent les souffle de mon côté
La fin d’semaine va y passer
Quand est-ce que ça va arrêter

On dirait une malédiction
Venue du ciel comme de raison
La nuit je rêve que j’roule une pierre
Jusqu’en haut d’une montagne de verre
Quand je pense que j’suis arrivé
Là à déboule de l’autre côté

Dans deux mois ça va être l’hiver
Avec la neige la même affaire
J’ai toujours détesté pelleter
Ça va faire comme l’année passée
Le jour de la plus grosse bordée
Ma maudite souffleuse va péter
Pis là le cave y va rusher

Pourquoi les hommes sont condamnés
A toujours toute recommencer
Dans les amours et au travail
On s’fait souvent donner not’ bleu
Là on se retrouve les larmes aux yeux
Mais une fois qu’on a tout perdu
On regarde d’l’autre côté d’la rue

Le bon Sisyphe très très patient
Ramasse toutes ses feuilles en chantant
Fait des montagnes pour les enfants
Et quand il voit l’hiver venir
Heureux il se met à courir
Dans les entrées de ses voisins
Il aime déblayer le chemin

Après quelques centaines d’années
Le vieux Sisyphe a tout pigé
La vie prend plaisir à défaire
Les Titanic construits en fer
Toutes les illusions des humains
Qu’ils peuvent contrôler leur destin
Il fait son lit à chaque matin

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Mardi, 08 Juin 2010 13:12
 
L'homme trahi Envoyer

Paroles_ Denis Girard (Mars 2010)

Bien installé dans l’éden
A la belle aube des temps
Adam dominait sans peine
Sa femme et tous les vivants
Il vit le fruit défendu
Êve couchée toute nue
Et sa supériorité
Tout d’un coup s’est écroulée
Devant les jolies rondeurs
De sa belle divinité
Et la femme prit le pouvoir
Et l’homme refusa d’y croire

Dieu, je suis un homme trahi
Par la sale géométrie
Ma femme possède l’arme fatale
Toutes ses courbes sont géniales
Je suis idiot quand je dis
Que mon coup droit c’est ma vie
Ma femme sait se déhancher
Pour totalement me troubler
Alors elle prend le contrôle
Et je la couvre de roses
Pour qu’enfin je puisse entrer
Dans le cercle des voluptés

Et me voilà qui exhibe
Tous mes attributs virils
Comme si c’était mon pouvoir
Qui fait glisser son fermoir
Car en amour pour grandir
Ma femme doit me secourir
J’ai beau jouer des biceps
Faire de la musculation
Même la plus belle érection
Peut s’écrouler d’un coup sec
L’étalon n’impressionne plus
Dès que madame n’en veut plus

Debout devant son miroir
Elle se dévêt chaque soir
La douce rondeur de ses seins
Ses hanches qui roulent si bien
Et lorsqu’elle pivote sans bruit
Deux sphères parfaites rosées
D’un seul coup viennent m’enjôler
Comment faire pour dominer
Le summum de la beauté
C’est Satan qui a créé
Ces boules ensorcelées
Qui savent nous aguicher

Un soir j’ai bien eu l’idée
De diviser pour régner
Je me suis pris une maîtresse
Une jolie blonde aux grandes tresses
Mais le triangle amoureux
M’a fait perdre mes cheveux
J’étais jaloux de l’amant
Qu’elle a pris en souriant
Il me fallait pour bander
Imaginer ses nénés
Sans elle je suis fini
Ma prestance ramollit

Je suis un pauvre homme trahi
Par la sale géométrie
Euclide avait tout compris
Le sexe m’a rendu zombi
A chaque jour de ma vie
J’écoute ma femme et je suis
Ma mère l’avait pourtant dit
N’écoute pas ton zizi
Un homme n’est plus rien sur terre
S’il ne mène pas ses affaires
Mais je suis un Québécois
Vive le matriarcat

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mardi, 08 Juin 2010 13:07
 
Ti-Poil Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Avril 2010

Ti-poil, ti-poil merci ti-poil
Pour le Québec et le P.Q.
Un grand pays imaginé
Un grand combat, presque gagné
Et tous nos gens en changement

C’était d’la marde la politique
Des magouilles et des pots de vin
Avant tes p’tits cours théoriques
Avec ton émission le point
Ça devenait clair tout d’un coup
L’idée de nationaliser
L’électricité dans nos mains
Et des tarifs moins élevés

C’ta cause de toé mon bon René
Toé le premier des Québéquois
Si tout un peuple s’est retrouvé
Fier de parler sa langue chez soi
Fier des produits créés ici
De son savoir de son génie
Et on s’est mis à s’épauler
Heureux à s’fêter comme des rois

Pis y a eu les référendums
Tu le voulais tant not’ pays
Les libéraux te l’ont volé
Le fédéral nous a trompés
Mais ça fait rien mon cher Ti-poil
J’m’habille le cœur de not’drapeau
Fier de savoir ce que l’on vaut
La fleur de lys pour seule étoile

Tu avais de très bonnes idées
L’équipe pour les réaliser
Mais notre peuple partait de loin
Les bons curés et leurs p’tits pains
La confiance c’est long à construire
Et tellement facile à détruire
Il suffit d’un autre libéral
Plus faux que l’bonhomme carnaval

La plus belle des révolutions
Tu l’as réussi sans canons
Juste à parler d’une nation
De travailleurs sans concessions
Dans les usines dans les bureaux
On s’est senti un peu plus beau
Tu nous as fait un vrai cadeau
Qu’on peut léguer à nos enfants

Sur not drapeau la fleur de lys
C’est un cadeau des rois français
Un vieux symbole qui leur restait
Avant que les anglais les câlissent
En dehors d’ la pauvre Amérique
Depuis c’temps-là on est colon
Avec les anglais comme patron
Merci encore mon bon René
Pour leur avoir rivé le nez

Cette chanson n’en finit plus
Comme le combat de cette nation
On n’en parle plus sus l’coin des rues
On rêve de promesses d’élection
Et on brandit le gros squelette
De la vieille et laide pauvreté
On r’met not’av’nir à demain
Sous la vieille peur d’être ruiné

Tu sais ti-poil y a beaucoup d’jeunes
Qui n’ont jamais eu froid aux yeux
Qui savent rêver sans avoir peur
De prendre leur place le cœur heureux
Ils se moquent des oiseaux d’malheur
Qui lèchent le derrière des anglais
Ils choisiront eux la bonne heure
Pour se faire un pays un vrai

Il manque souvent juste un ti poil
Pour changer les choses qu’on voulait
Pour travailler la tête haute
Pour parler français à Montréal
Pour libérer les libéraux
De ses menteurs de ses idiots
Pour sortir un nouveau Québec
De sa terre de froid et d’échecs

Mis à jour le Mercredi, 19 Mai 2010 15:31
 
Où vont tous ces jours Envoyer

Paroles _ Denis Girard (1963)
Musique _ Jean-Paul Tremblay et Gérôme Bouchard

Où vont tous ces jours
En mal d’amour
Où vont toutes ces nuits
En mal d’amis
Où vont tous ces gens
En mal de temps
Où va l’amour

Pour le travail au bureau
Ce n’est pas le temps
On travaille beaucoup trop
Pour peu d’argent
On essaie un bon tuyau
Pour passer devant
L’autre commis

Pour le travail à l’usine
Ce n’est pas le temps
On fait virer sa machine
Au plus sacrant
Y faut pas qu’tu lambines
Trop trop souvent
Ok l’ami

Une fois rendu chez nous
Ce n’est pas le temps
On regarde la TV
C’est reposant
Après un film démodé
C’est bien le temps
D’aller au lit

Où vont tous ces jours
En mal d’amour
Où vont toutes ces nuits
En mal d’amis
Où vont tous ces gens
En mal de temps
Où va l’amour

Mis à jour le Samedi, 22 Mai 2010 10:57
 
L’oubli Envoyer

paroles _ Denis Girard
Novembre 2006

J’oublie mes mots, je perds mes gestes
La porte reste-t-elle ouverte
Ai-je payé ces comptes-là
Je guette chacun de mes pas

La course folle des journées
Le bon repas à préparer
Le four rougit de mon erreur
Tout allumé pendant des heures

Le travail est fait de consignes
D’informations entre les lignes
Il faut écrire son souvenir
Pour l’empêcher de se mourir

La fatigue et les troubles du cœur
Brouille le temps de leur lourdeur
Les phrases ne se terminent plus
Les sujets errent dans les rues

Pour retrouver mes mots perdus
Les pas, les gestes décousus
La vie fait des répétitions
C’est le théâtre de la raison

Qu’il est triste de s’oublier
Comme vieux soulier sur le pavé
Les doux secrets sans la lumière
Des gouttes d’eau sur le désert

Mots clés: dragée spleenétique
Mis à jour le Mardi, 04 Mai 2010 20:20
 
Marabout Envoyer

paroles _ Denis Girard
Avril 2010

T’as toujours l’air marabout
Comme un chien enragé
T’as l’air en christ contre tout
On n’ose pas te regarder

As-tu frappé une badluck
Que tu m’as pas conté
C’t’assez clair que t’as ton truck
Parles-en avant d’péter

Ta femme a-tu pris la porte
Ton gars est-tu pd
Ton boss t’aurait-tu clairé
Y a des fois tu capotes

Prends pas ça trop au sérieux
Y a tellement de niaiseux
De pas d’allure de sans-cœur
Qui crient d’avoir trop peur

Un grand verre à moitié vide
La vie mon chum c’ pas ça
Un beau verre à moitié plein
Ça mène un peu plus loin

Si tu souris juste un peu
T’auras pas l’air téteux
On va déconner twé deux
Rire de tous les nerveux

Je l’sais que ch’uis toujours en farce
Pas sérieux pour cinq cennes
Le smile étampé dans face
J’me pousse devant mes peines

T’as raison d’être en fusil
Y a d’la scrap dans nos vies
Les trous d’ cul font des millions
Pis crachent dessus les p’tits

Mais j’veux pas refaire le monde
J’ai déjà essayé
Si j’ fluschais tous les airs bêtes
Je s’rais seul pour chialer

Prends une bière mon marabout
La broue ça fait chanter
À la santé des vieux fous
Qui croient à l’amitié

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Vendredi, 07 Mai 2010 15:57
 
Chicouk Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Interprète _ Julie Béchard

Quand je peux plus jouer avec personne
Que j’ai plus d’ami au téléphone
Que c’est plate à la télévision
Que je m’ennuie tout seul à la maison
Quand papa et maman sont partis
Je vais retrouver mon meilleur ami

Refrain :
Il s’appelle Chicouk et moi je le vois
Il raconte des histoires à dormir debout
On joue à des jeux et on fait les fous

Mon père a dit qu’il n’existe pas
Que c’est moi qui invente tout ça
Et ma mère veut le voir pour le croire
Mais moi je ne raconte pas d’histoire
Ils sont bien trop grands pour me comprendre
Ils sont trop sérieux pour l’entendre

Refrain

Il m’a dit que l’auto de mon père
C’est beaucoup plus sans en avoir l’air
Que soudain au milieu de la nuit
À minuit quand tous les chats sont gris
Elle se transforme en vaisseau spatial
Elle s’envole vers les étoiles

Refrain

Ce soir quand tout l’monde dormira
Chicouk et moi on s’envolera
Et quand viendra le petit matin
Et quand viendra le petit matin
Papa et maman ils verront bien
Papa et maman ils verront bien

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mercredi, 14 Avril 2010 07:45
 
Le perroquet Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Interprète _ Julie Béchard

Je vis dans la chambre
D’un petit garçon
Il s’appelle Alexandre
Il aime les bonbons
Je suis son ami
Et comme son ourson
Je suis son jouet
Son beau perroquet

Perroquet, Placotis
Que sais-tu de la vie
T’es devenu très savant
À écouter les gens
Répète, répète
C’que tu connais des planètes

Je sais que la Grande Ourse
N’est pas un animal
Qu’elle peut faire la course
Plus vite qu’un orignal
Que sur la Voie lactée
Ce n’est pas laid du tout
Et qu’autour de Saturne
On a fait des anneaux
C’est pour rouler à vélo

Perroquet, Placotis
Que sais-tu de la vie
T’es devenu très savant
À écouter les gens
Répète, répète
C’que t’as fait comme découvertes

Je sais que dans la mer
Au plus profond des eaux
Y a des bateaux pirates
Et des requins marteaux
Que la baleine à bosses
Chante mieux que les oiseaux
Que tous les chiens de mer
N’ont ni niche ni collier
Et ne savent pas japper

Perroquet, Placotis
Que sais-tu de la vie
T’es devenu très savant
À écouter les gens
Répète, répète
Tous tes trucs et tes cachettes

Je sais que les fantômes
Les sorcières les dragons
Les lutins et les gnomes
C’est pour les cornichons
Que les affreux vampires
Portent des fausses dents
Que tous les animaux
Ont appris à parler
Dans les bandes dessinées

Perroquet, Placotis
Viens plus près de mon lit
Si j’te donne mon secret
Tu l’répèteras jamais
Jure-le moi, jure-le moi
Ou je donne ta langue au chat

Je vis dans la chambre
D’un petit garçon
Il s’appelle Alexandre
Il aime les bonbons
Je suis son ami
Et comme son ourson
Je connais son secret
Et je l’répèterai jamais

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mercredi, 14 Avril 2010 07:44
 
Minimynimots (1) Envoyer

paroles _ Denis Girard (2005)

Musicien

Mi ni my ni mots
Pas besoin des mots
Les mots sonnent faux
Les mots pèsent trop
Mi ni my ni mots
Les mots sont trop sots
Laisse parler ta peau
Écoute le tempo
Ta dou di dou do
Y a rien de plus beau
C’est toujours nouveau
La clé des châteaux

Chanteuse

Mi ni my ni mots
Personne pour parler
Les portes sont fermées
Bien fermées à clés
Depuis des années
A dit aie dit Oh
Mon père envolé
Ma mère trépassée
La rue m’a aimée

Mini mini mots
Des mots pour chanter
La peur sous mes pieds
Ma voix pour voler

Dit ma vie les mots
En moi c’est la rage
Pour briser la cage
Tous les mots me jasent
Mes mots déménagent
Je ne suis plus sage
Je fais un carnage
C’est mon cri qui jazze

Mots clés: fondant à l'absinthe
Mis à jour le Mercredi, 31 Mars 2010 14:28
 
Ne t'en fais pas bonhomme Envoyer

paroles _ Denis Girard (2004)

Ne t’en fais pas bonhomme, si t’as moins le goût
De parler aux hommes aux chiens et aux loups
Les amis ne sont pas toujours en saison d’amour
Les amantes écoutent quand on leur fait la cour
Les bêtes sont fidèles mais ne peuvent plus rien
Contre ce mal étrange qui te cambre les reins

Ne t’en fais pas mon gars, si t’as moins la force
De te lever chaque matin avec la faim
De faire une journée dont on se souvient
D’abattre du boulot vite en t’amusant
De tout reconstruire pour le seul plaisir
De sentir la vie vibrer et grandir

Ne crains rien toi le mec, si tu ne ris plus
Des politiciens, des bouffons et des fous
Qui font la manchette dans tous les médias
De jolis scandales de sang et de sous
De grandes vies gâchées sens dessus dessous
La belle pirouette des cons et des minettes

Ne t’en fais pas mon vieux si comme l’automne
Tu aimes les ciels de sombres grisailles
Les crépuscules turquoise qui n’espèrent plus rien
Les fêtes orgiaques de feuilles rouges jaunies
Le froid qui frappe toute vie un matin

Ne t’en fais plus mon petit si le monde du travail
Te semble rouler trop vite là-bas sur ses rails
Si la solitude s’est pendue dans sa chambre
Si la performance se vend le gros prix
Si les mots disent moins les trésors des gens
Je sais une rengaine, secrète et lointaine
Qui parle du chagrin d’être rendu à bout
Viens me la chanter au creux de mon cou

Mots clés: paparmane
Mis à jour le Mercredi, 31 Mars 2010 14:27
 
La cage de mots Envoyer

paroles _ Denis Girard (2010)

Tu as fait couler un peu de ton âme mon père
De la tienne dans la mienne, une lignée ancienne
Et si je marche droit c’est ton pas qui me guide
Tu as fait couler un peu de ton âme Ma mère
De la tienne dans la mienne de caresses en je t’aime
Et quand par bonheur j’aime c’est par tes yeux ta voix
Comme une signature inscrite au fond de moi
Je deviens homme tu vois comme on suit un chemin
Et si je fais les choses comme personne avant moi
Cette neuve manière C’est l’empreinte de nos doigts
Mes gènes ne gênent pas Ils sèment dans la terre là
Et la nouvelle moisson sera bonne tu verras

Je parle souvent trop peu j’aime bien mieux écouter
Je souris et j’attends je n’aime pas me presser
Je l’ai tant fait jadis à l’heure bête du travail
Où je voulais donner le savoir au bétail
Qui beuglait d’impatience devant cette abondance
De ces biens inutiles qui promettent le plaisir
Ces jolies cartes magiques aux couleurs du désir
Ils voulaient le premier elles voulaient le meilleur
Comme s’ils pouvaient tirer ce fameux numéro
Qui leur donne toutes les clés des plus grands rêves idiots
Un passeport éternel vers la facilité
Comme si faire des efforts était calamité

Il est devenu poète comme ça sans le vouloir
Comme cet étrange matin où une belle contrebasse
Se laissa trémousser sous le jeu de ses doigts
Il n’a de la jeunesse que la fougue l’apparence
Cette force tranquille qui défie le silence
Cette folle conviction que l’on peut tout risquer
Et toute cette tristesse devant la cruauté
Les saccages journaliers de l’eau du feu du pain
Tous ceux qui en ont trop et qui changent leurs mains
Pour des griffes acérées des langues de venin
Pour cet environnement abandonné aux chiens
Financiers ignorants torves politiciens

Un jour tu, je et il se retrouvent en pensée
Dans une cage de mots se promettent plus d’amour
Pour hier

Pour demain

Mis à jour le Mardi, 16 Mars 2010 11:24
 
C'était un beau dimanche Envoyer

Piste 10 de l'album "Terminus" paru en 1968 aux éditions F. Henry.
paroles _ Denis Girard
musique et interprétation _ Daniel Mathieu

C’était un beau dimanche
Le lac traînait dans son lit
Le soleil dans les branches
Rêvait de ce qu’on s’était dit
Mais le temps, mais le temps…

Le soleil avait perdu
La nuit nous forçait au silence
La lune nous fit tellement nus
Une chance dans le temps, dans le temps…

On a couru toutes les pluies
Et perdu bien des batailles
Mais ce matin est revenu
Et c’est dimanche, dans le temps, dans le temps.

Mis à jour le Lundi, 15 Mars 2010 17:25
 
Les intellectuels Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Jean-Paul Tremblay
Novembre 1965

Avec des mots d’six pieds
Des gueules d’enterrement
Ils nous arrivent chez nous
S’écoutent en parlant
Ramassent des idées
Copiées un peu partout
Ils veulent tout changer
Sans rien risquer du tout

Les intellectuels

Faut pas les obstiner
Leur dire qu’ça a pas d’ bon sens
Ils nous prennent pour des fous
Nous regardent en riant
La réalité
Ça‘pas passé partout
Ça peut pas changer
Les boutons à quatre trous

Les intellectuels

Faut les voir placoter
Des vielles en cancan
Gueuler contre tout
Chialant et braillant
Que rien n’a changé
En s’disant des mots doux
Ça n’a pas pensé
A frapper un bon coup

Les intellectuels

Avec une job ben payée
Puis un contrat d’un an
Ça part de chez nous
Vite en se cachant
Ils laissent leurs idées
Pour faire des gros sous
Ils nous laissent tomber
Pour rêver à leur goût

Les intellectuels

Mis à jour le Vendredi, 19 Février 2010 18:11
 
La cuite Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Jean-Paul Tremblay
Novembre 1965

C’est une cuite de bonheurs
Que l’on prend dans tes bras
C’est une cuite de printemps
Qu’offre ton corsage

C’est une cuite de bonheurs
Que l’amour d’un soir
Qui fait de nos âmes
Des lambeaux fruits d’espoir

Toujours sur une cuite
Toujours sur un rêve
Avec bras de fer
On ne construit que prison

Avec toi ma fille
La cuite est si facile
Ton cœur comme une armoire
Offre des drogues suicide

J’ai cassé en ton nom
Mille bouteilles
Mille illusions
Pour en créer de nouvelles

Mis à jour le Vendredi, 19 Février 2010 18:20
 
L'armure Envoyer

Texte _ Denis Girard

J’ai fabriqué une armure
Pour continuer à travailler
J’étais couvert de blessures
De toute une vie d’hostilités

Le mépris de mes collègues
Pour mes années d’ancienneté
La rage pour les privilèges
Qu’ils veulent sans les mériter

J’ai caché mon cœur sous le fer
J’ai même ganté mes mains d’acier
J’ai bien refermé la visière
Sur tous ceux qui peuvent approcher

Le chevalier s’en va en guerre
Dans la société des guerriers
On se bat pour un coin de terre
La richesse, la prospérité

Les armes sont très meurtrières
Les mots et les regards fermés
Les autres sont de grands mystères
Qu’on tue à tant les ignorer

J’ai jeté le casque et l’armure
J’ai trop de mal à respirer
J’aime mieux mourir à l’air pur
Les combats peuvent continuer

J’ai mis mon habit de tendresse
Et mes regards d’humanité
J’offrirai mon cœur tout en liesse
Ma forte et bonne volonté

Mots clés: pastille médicinale
Mis à jour le Mercredi, 27 Janvier 2010 12:09
 
Guérilla Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Daniel Loiselle

Comme à la guérilla
Tu m’as épié
Tu m’as suivi
Tendu un piège jusqu’au lit
Tu m’as très vite touché au coeur
Tes rires cascadaient sur mon coeur
Ton corps redessinait la volupté
À chaque pas sur le pavé

Et le combat a commencé
Un corps à corps déchaîné
Ton goût de mer et ton odeur
Tournaient ma tête et mes idées
Vaincu sur le blanc drapeau du lit
Je venais de donner ma vie...

Les coups de couteau, les explosions
Les coups de feu. Révolution
Sonnaient la charge dans mon âme
J’étais l’homme d’une femme

Et quand l’amour s’est mis à crier
Comme un poème de sang versé
C’était plus beau qu’un arc-en-ciel
Mes rêves flambaient dans tes cheveux
Ta peau m’avait brûlé les yeux
Et quand chargèrent nos armées
Tu m’avais déjà fait prisonnier

Comme à la guérilla
Tu m’as appris
Le prix d’la vie
Au combat des mille et une nuits
C’est le gagnant qui fait sa loi
Tu as le choix, faut décider
Prisonnier ou handicapé
L’amour te donne le pouvoir
Pour un instant dans son histoire
Une éternelle guérilla

Mis à jour le Mercredi, 27 Janvier 2010 12:09
 
Le vampire de l'amour Envoyer

Paroles _ Denis Girard (2000)
Musique _ René Béchard

Je me lève à midi
Et j’attends la nuit
Toutes les toiles fermées
Je dois me cacher
Si je voyais le soleil
Je pourrais en crever

Je suis un vampire
Un vampire de l’amour
Parce qu’une jolie femme
En robe du soir
S’est jetée sur moi
Comme ça dans le noir

Je me suis laissé faire
Moi qui ne sais jamais
Ce qu’il faut dire aux femmes
Pour leur faire de l’effet
Elle m’a dit « Je t’aime »
Je me suis dit « Ça y est »
Elle m’a mordu au cou
J’ai crié « S’il te plaît »

Elle m’a entraîné chez elle
Et c’est sur son canapé
Que tout doucement
Elle m’a bu la santé
Sur les ailes d’un vampire
Ton amour s’est jeté sur moi
Et toutes les nuits
Tu dégustes ta proie

Je ne peux résister
Sans trop savoir pourquoi
Tu bois mon âme
Et tu me laisses là

Je vole au-dessus de la ville
Mais je ne vois rien
Que ton nom inscrit
Sur les murs des jardins

J’ai cherché un gros pieu
Pour me l’enfoncer dans le cœur
J’ai volé une croix
Pour mettre fin au malheur
Mais le pieu a brûlé
Comme je l’enfonçais
Et la croix s’est enfuie
Comme je t’approchais

Je suis un vampire
Qui ne veut mordre personne
Je suis condamné à me faire siphonner
Par cette jolie dame qui dit m’aimer
Bien sûr elle m’aime
On ne peut en douter
Comme un chou à la crème
Une tasse de thé
Et je sais bien qu’un jour
Je saurai m’évader
Dans les bras d’un autre amour
Je vais ressusciter

À tous les êtres vivants
Qu’on a vampirisés
Il faut quitter l’amour des autres
Pour un peu vous aimer
Moi en fin de compte
Je me plais bien
Je n’ai plus rien à craindre
La nuit dans les jardins
La nuit dans les jardins

Mis à jour le Jeudi, 14 Janvier 2010 16:57
 
Manon Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Arrangements _ René Béchard, Daniel Loiselle, Paulin Lacroix
2000

Pour un oui
Ou pour un non
Manon tu dis non
Mais c’est oui
Manon tu dis oui
Et c’est peut-être
Comment s’y retrouver
Non tu es fâchée
Caresses et bisous
On s’en fout

Manon
Tu dis soleil
Mais c’est nuage
Tu dis orage
Et c’est arc-en-ciel
Comment s’y retrouver
Non, tu es peinée
Souffle chaud et mot doux
Tu t’en fous

Pour un oui
Ou pour un non
Manon
Tu dis tranquille
Mais c’est passion
Tu dis rhabille
Et c’est frisson
Comment s’y retrouver
Non tu es excitée
Promesse et tabou
On est fou

Manon
Tu dis genou
Et c’est sein doux
Tu dis caillou
Et c’est mon chou
Comment s’y retrouver
Non on va s’aimer
Sous l’oeil du hibou
Comme deux poux

Pour un oui
Ou pour un non

Pour un non
Pour un oui
Tout est fini
On rit la mort
On pleure la vie
On rit le jour
On pleure la nuit
Comment s’y retrouver
Oui, faut se toucher
Louve et minou
Font joujou
Pour un oui
Pour un non
Pour un oui
Pour un non

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mardi, 22 Décembre 2009 10:35
 
Je sais bien quelque chose Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Novembre 2009

Je sais bien quelque chose
Que je ne peux pas dire
Ça vous gênerait si j’ose
J’aimerais mieux mourir

Les filles rêvent de jobs
Réservées aux garçons
De belles garde-robes
De sexe et de frissons

Les garçons se maquillent
Et portent des bijoux
Ils rêvent de famille
D’enfants sur leurs genoux

Les ministres s’engraissent
En vendant des contrats
Les profits dans leurs caisses
Personne ne le saura

Les pauvres vont à la guerre
Les riches vendent les fusils
Une industrie prospère
L’honneur et les profits

L’Amérique est en crise
Les banques perdent de l’argent
Les gens perdent leurs chemises
Les grands aident les grands

L’argent pille la nature
En goujat en cochon
La vie paie la facture
L’eau devient un poison

Les nations font la guerre
Pour protéger la paix
La mort et la misère
Les ruines et les déchets

Le salaire minimum
Nourrit les ouvriers
Les patrons vont à Rome
Ils l’ont bien mérité

Les Québécois renient
Les rêves de leurs aînés
Ils vendent leurs paradis
And speak money money

Je garde le silence
Sur les couchers d’soleil
Les plages chaudes et immenses
Les riches y vont pareil

Il y a parfois des choses
Qu’on ne peut retenir
C’est sérieux je suppose
Trop triste pour en rire

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Mardi, 22 Décembre 2009 10:35
 
Le marcheur Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Octobre 2009

Je marche tout seul à chaque jour
Je marche pour sortir de ma cour
Je marche pour sauver ma raison
Je marche pour mieux dormir la nuit
Je marche pour faire taire ma colère
Je marche pour oublier mes peines
Je marche pour voir la lune blême

Comme un chameau perdu dans le désert
Je marche pour oublier l’enfer
De vivre sans une once d’amour
Je marche pour fuir tous les vautours
Les profiteurs chacun pour soi
Je marche pour retrouver la voie
Des rêves de paradis perdus
Je marche parce que je n’en peux plus

Je bouffe des milles de pavé
Sur mon vélo ou bien à pied
Je me parle pour me rassurer
Je crie, je pleure sans déranger
Sur les trottoirs de liberté
Je blâme tous ceux qui m’ont triché
Les amoureuses par intérêt
Les lèche-culs à bon marché
Je cherche un beau ciel étoilé
Pour enfin me recommencer

Si Dieu existe en vérité
Pourquoi m’a-t-il persécuté
J’aime mieux maudire le hasard
Le con destin vil charognard
La route est belle dans le silence
La mort doit être douce je pense

De toutes les joies tous les plaisirs
Mes enfants sont ma joie de vivre
Voir babiller ma petite fille
Les bras tendus vers son papou
Je remercie la belle vie
Pour mon vieux cœur cent fois meurtri
Je me laisse tomber à genoux
La douleur ne me rendra pas fou.

Je marche comme un petit soldat
Je fuis toutes les guerres à grands pas
Je marche pour la paix du cœur
La seule la vraie c’est mon bonheur
Sur ma route il y a l’amitié
Pour rire de tous les constipés
Excusez-la mes bons seigneurs
On se reverra d’l’autre bord asteur.

Mots clés: dragée spleenétique
Mis à jour le Lundi, 07 Décembre 2009 11:56
 
Comment, comment? Envoyer

Paroles_ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix et Daniel Loiselle
Mai 2000

Comment faire la barbe sans savon
À une fille de mauvais poil
Blonde à faire pleurer
Qui gueule sans raison
Et qui vous dit
De ne pas la faire chier
Comment, comment, comment donc?

Comment expliquer la détente
À une poule qui a l'mors aux dents
À un chien enragé
Qui vous a de travers
Et crie sans arrêt
Que vous êtes un crétin!
Comment, comment, comment donc?

Question, question, tu me rends fou
J'veux pas chercher

Comment faire la paix
Attaché à une jolie terroriste
Bien armée jusqu'aux dents
La bombe dans les cheveux
Qui compte un, deux...
Avant d'tout faire sauter!
Comment, comment, comment donc?

Comment s'évader d'une prison
Qu'on a fabriqué soi-même
Sans blesser la geôlière
Qui pointe son couteau
Sur votre cou
Avant d'vous faire la peau!
Comment, comment, comment donc?

Question, question, tu me rends fou
J'veux pas chercher

Comment s'éloigner du soleil
Quand on a volé vers lui
Fasciné et heureux
Qu'on sent sur son dos
Fondre ses ailes
Plus vite que le vent!
Comment, comment, comment donc?

Comment se sortir d'un labyrinthe
Où l'on poursuit une femme
Moitié folle moitié nue
Qui court en riant
Et chante à tue-tête
Qu'elle vous aimera toujours...
Comment, comment, comment donc?

Y’a pas d'façon
Y’a pas d'manière
Faut oublier
Faut pas s'en faire
Partir pour une autre galaxie
Partir pour une autre galaxie

Mots clés: praline hilarante
Mis à jour le Mardi, 08 Décembre 2009 14:11
 
Le phare Envoyer

Paroles _ Denis Girard
2005

Aimer c’est la seule chose qui tienne
Qui tienne lieu d’humanité
Toute la vie on s’y entraîne
Sans vraiment y arriver

On croit aimer père et mère
Eux qui nous ont tout donné
Et puis on se fait sévère
Devant les fautes du passé

On croit aimer de jeunes femmes
Sur les ailes rouges du désir
On se consume comme des cierges
La passion coule comme la cire

Et puis on aime une personne
Pour tout son être et son agir
On risque de tout se promettre
Dans une maison faite pour grandir

Et puis on perd tout par maladresse
Elle nous quitte pour un plus beau
Un plus jeune plus prolifique
En illusions et en châteaux

On reprend la chasse aux chimères
Un autre amour sur les bras
On abandonne une terre prospère
Étourdi de ne se connaître pas

Enfin avec beaucoup de chance
On a des enfants à son tour
On apprend à donner du sens
Aux beautés de chaque jour

On comprend la complexité d’un être
Qui mène ses combats glorieux
On cherche à lui faire la fête
De tendres soins et de doux vœux

Au bout du chemin de la quête
Si l’on est aimé des dieux
On aime à nouveau une comète
Et l’on se perd dans ses cheveux
On a plus besoin de promesses

La vie c’est elle comme un cadeau
Chaque jour la chaleur nous pénètre
Au fond de l’âme au creux des os
On s’ouvre enfin à tout connaître

Les mains ouvertes comme des étoiles
Le cœur allumé comme un phare

Mis à jour le Mercredi, 25 Novembre 2009 17:52
 
Les charrues Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Marc Larochelle

Toi ma charrue, toi ma greluche
Toi ma poudrée, toi ma pelure
Toi ma poupée, toi ma champlure
Toi mon bébé, mon p’tit twee teee.

Té belle comme lé’s’ annonces
Dans mon playboy ou ben dans Lui
C’que ton corsage raconte
J’te dis cé presque du génie

Ma tourterelle, ô ma colombe
Mon pékinois, mon ouistiti
Mon p’tit miam-miam, ma source blonde
Mon p’tit rat blanc, ma tête de lit

Fais-moi le discours de ta jambe
Je suis pour la cuissologie
Si tes seins entraient à l’église
J’serais le plus grand dé convertis

Mon dinosaure, toi mon King Kong
Mon grain d’beauté, mon thrill de vie
Mon p’tit oiseau, mon doux chat gris
Ma p’tite pawn shop, mon Italie

Tu te déshabilles sur les ondes
Je lèche l’écran de ma télé
À tes premiers p’tits coups de hanche
Je divorce et me remarie

Toi ma poupoune, toi ma guidoune
Ma grande touffe, mon coin fleuri
Ma p’tite porno, ma grande minoune
Le grand soleil de mes minuits

Tes douces formes se balancent
On vend des chars au fond de ton lit
Des bobettes bleues, des assurances
J’veux tout acheter, fais-moi crédit

Toi ma dentelle, toi ma soie blanche
Toi mon velours, mon pissenlit
Mon p’tit printemps, mon grand dimanche
Toi mon désir, ma fleur de lit

Tes seins plus gros que les montagnes
Ton corps cent fois déshabillé
Ta main vendue à la réclame
Je suis si seul au fond d’mon lit

Oh ma féline, ô toi ma femme
Comment fais-tu pour être belle
Donne-donc la paix à mon âme
Reviens-moi vite pour que j’oublie.

Mots clés: gomme balloune
Mis à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 12:26
 
Le corbeau Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Pierre D’Amour
1983

J’ai aimé une femme
Qui me faisait l’amour
Comme on fait la vaisselle
Sans discours, sans mots doux
Parce que ça devait se faire
Elle m’aimait plus que tout
Mais son corps faisait la grève.

Et vous me demandez
Pourquoi je suis corbeau
Pourquoi je les méprise comme des animaux
Quand je sais très bien
Que plusieurs parmi vous
Rêvez d’étrangler votre mauvaise baiseuse
Qui vous aime sous condition et râle contre tout
Et je sais très bien que dans votre cas
Il y a les enfants et bien d’autres raisons.

J’ai quitté ma femme
Un fil de soie tout doux
Une vraie reine de foyer
Qui fait tout pour vous plaire
Les nuits de passion divine
Les soupers tête-à-tête et l’ennui très conjugal

Et vous me demandez
Pourquoi je suis corbeau
Pourquoi je les méprise comme des petits crapauds
Quand je sais très bien
Que plusieurs parmi vous
Veulent partir à l’aventure, conquérir le monde
Sans s’plier aux lois alimentaires
Et je sais très bien que dans votre cas
Il y a le confort et bien d’autres raisons.

Ah j’aimerais une femme
Avec l’audace d’un homme
Qui viendrait pour me voir
Séduire la proie sensible
Sans projet d’avenir en tête
Une femme agressive
Maîtresse et conquérante

Et vous me demandez
Pourquoi je suis corbeau
Pourquoi je les méprise comme dans marchandises
Quand je sais très bien que plusieurs parmi vous
Veulent qu’on les fasse rouler, rouler dans les buissons
Qu'on les touche un peu partout en chantant la pomme
Et je sais très bien que dans votre cas
Il y a votre maîtresse et bien d’autres raisons

J’ai connu un blanc cygne
Blanc d’illusion, de rêve
Il parlait d’idéal
Habillait d’infini
Le corps fascinant des dames
Il valsait sur l’étang en chantant ses poèmes

Et quand je vous dirai
Qu’il est au fond de l’eau
D’avoir cru les femmes plus haut que leur cul
Vous saurez très bien que dans mon cas
Je suis noir corbeau pour bien d’autres raisons

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Vendredi, 27 Novembre 2009 17:27
 
Yukon Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Yukon, Yukon, on, you qu’on n’é
Tout est couleur d’éternité
J’vois pas où commence la journée
C’est tu icitte que je suis né

Tiens bien la bride au cheval blanc
Sur tes chemins aux quatre vents
La boussole ne connaît que le nord
La lumière monte dans ton corps

Chasseur d’azur et d’infini
La beauté calme ta douleur
Les phoques te prennent pour l’un des leurs
Les pingouins ne dorment plus la nuit

Tu trouveras pour t’assoupir
Une fille aux iris de glacier
Le corps finement ciselé
Par un inuit en plein délire

La musique n’a pas de frontière
La peur jazze en plein désert
La contrebasse fait son chemin
Le rythme est de plus en plus faim

Les montagnes se laissent dominer
Voler leurs cimes inexplorées
L’abîme se cache dans nos souliers
Le voyage vient de commencer

Ch’ te vois courir le bout du monde
À travers tes mots de cristal
Je sens un froid transsidéral
Je lance mon cœur comme une sonde

Tout mon amour autour de toi
L’ancien habite un ours gris
Qui t’enlace et te sourit
Dans son igloo de rêveries

Mis à jour le Mardi, 10 Novembre 2009 09:56
 
Thetford Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Faut pas s’r’trouver comme Job
Pauvre lui y a perdu sa d’job
Son patron l’a sacré dehors
Y a perdu sa maison son char

Y’avait une bonne job à mine
Asteure y fait des jobines
Y’avait même pu de syndicat
Les boss ont jamais aimé ça

Y’é même retourné à messe
Le p’tit Jésus les promesses
Mais Dieu l’a même pas écouté
Y’a dit d’arrêter de chialer

Mais Job a beaucoup d’enfants
L’hypothèque et les paiements
Il a d’mandé à Lucifer
Parce qu’il savait pu comment faire

Job a fini son chômage
Pardu sa femme son ménage
Satan lui a sauvé la vie
Lui a tout prêté à crédit

Job est devenu fermier
Dans un rang très éloigné
Y passe ses journées dans sa grange
C’est ben payant mais c’est étrange

Y’l’ont arrêté hier
Y’ont saisi toutes ses affaires
Des gros plants de pot dans sa grange
Cachés dans des sacs de vidanges

Me’v’la rendu pauvre comme Job
Moi aussi j’ai perdu ma job
Y’ont toute fermé la Magnola
On aurait jamais pensé ça

Mais qu’est-ce qui fait le gouvernement
Y coupe partout c’est écoeurant
Les villes se brisent en mille morceaux
J’ai peur que ça saute à nouveau
Mots clés: paparmane
Mis à jour le Lundi, 12 Octobre 2009 14:52
 
On cache Envoyer
On cache si bien sa détresse
Sous le travail quotidien
Qui nous tient en laisse
On n’est jamais déprimé
Le sourire toujours affiché
Aux quatre coins de nos journées
Quelle noblesse

On connaît de l’amour la déesse
Jolie avec presque rien
Qui nous met en liesse
On coule les plus belles années
Dans un paradis de beauté  
On le paie de sa liberté  
Le bas blesse

On mène une carrière pittoresque
Des défis herculéens
Qui vite nous oppressent
On voudrait tant être aimé
Pour le meilleur qu’on a donné
On rêve de nous voir retraités
Quelle allégresse

On a femme enfants et collègues
Noués au fil de nos mains
Quand parfois on s’arrête
Les devoirs et les beaux soupers
La magie qui part en fumée
Nos rêves qu’on a mis de côté
Quelle richesse

On prend par dépit une maîtresse
Un jupon fleur du matin
Qui nous prend aux fesses
On espère tout recommencer
Tout en préservant le passé
On finit par tout se gâcher
Quelle défaite

On se cache si bien sa détresse
On a le cœur sur la main
Qui toujours nous déserte
On se sent seul exilé
Quand l’amour nous est refusé
Par un ami, un étranger
Quelle faiblesse

Un soir vient nous coincer la détresse
Une tristesse nous étreint
Sauvage et secrète
On a envie de fracasser
La tête contre les rochers
Engourdir le feu des pensées
S.O.S.

On endort si bien sa détresse
On se fait croire qu’on est bien
On comprend on espère
Que la blessure est fermée
Que le vieux dur s’est réparé
Et l’on se jette dans la mêlée
Quelle prouesse

Paroles _ Denis Girard
Mis à jour le Mercredi, 06 Juillet 2011 12:22
 
Les imbéciles Envoyer
Les imbéciles ne font que travailler
Les crétins sont toujours bien fatigués
Les nonos ont pas l’temps de respirer
Les idiots sont souvent découragés

Ils passent leur vie assis d’vant la télé
Sourient un peu d’être enfin libérés
De leur travail qu’ils font pour se payer
Une p’tite vacance au soleil chaqu’année

Les gagnants sont toujours grassement payés
Les brillants réalisent toutes leurs idées
Les futés payent moins cher pour bien manger
Les bollés s’font payer pour s’amuser

Ils se lancent dans la vie sans hésiter
Gaspillent un peu d’argent pour mieux gagner
Font avaler aux autres leur vérité
Remportent des gros lots très bien placés

Les gagnants aiment bien jouer les imbéciles
Passer pour les pires de tous les crétins
Se conduire en idiot pour être bien
Nonos dans leur joli condo tranquille

Les imbéciles rêvent qu’ils seront gagnants
La loto c’est jamais très très brillant
Les idiots prennent un beau p’tit air futé
S’écoutent un peu parler comme les bollés

Quel joli miroir que la société
Un plus petit que soi à mépriser
Un plus puissant que soi à dénigrer
Un bel emmerdeur pour philosopher

Paroles _ Denis Girard
Mis à jour le Mardi, 07 Juin 2011 15:54
 
Les bons amis Envoyer

Paroles _ Denis Girard

Les bons amis que la mort a surpris
Sont toujours avec nous
Dans la douce lumière qui enveloppe nos gestes
Dans la feuille rougie abandonnée au vent
Les amis disparus habitent l’air du temps

On voudrait leur parler
Quelque part sur un banc
Surprendre leurs regards
Dans une foule au hasard
Retrouver les odeurs
De ces tendres moments
Qui nous comblaient le cœur
Les fous rires d’antan

Tant les frères que les sœurs
Les complices les parents
Ceux qui nous devinaient
Celles qui nous prévoyaient
Les beaux adolescents
Tous les amis de cœur
Ne nous quittent jamais

Ils ont bien des moyens
Pour nous tendre la main
Il faut guetter leur pas
L’invisible fracas
Le vent qui s’attarde
Les instants immobiles
Où une grande paix
Si fragile et si vraie

Les amis qui la vie
Aimaient passionnément
Toutes ces âmes meurtries
Sous la bêtise du temps
Vivent toujours en nous
Gonflant nos souvenirs
Inventant notre chance
Un peu de notre ardeur
À nommer la beauté
À endiguer la peur

Les amis disparus
Nous suivent dans la rue
Comme des compagnons
D’anciennes saisons
Ils sont notre mémoire
D’une très belle histoire
Ils refusent la mort
Sans nous

Mis à jour le Mercredi, 28 Octobre 2009 10:22
 
Où est le coeur? Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Daniel Loiselle
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle

Il faut ouvrir la vie sur les continents intérieurs
Descendre au coeur de son usine
Où est le coeur de la machine
Où est le coeur?

Donnez-moi les mots qui n'ont pas de sens
On m'a volé l'adolescence
On m'a pris les jurons, les causes justes
Je voudrais croire que demain? que demain!

C'est trop facile tous ces beaux mots
Vos certitudes sont des cercueils
Laissez-moi retrouver mon oeil? mon oeil!

C'est trop facile tous ces beaux mots
Vos certitudes sont des cercueils
Laissez-moi retrouver mon oeil? mon oeil!

Donnez-moi les nuits d'indifférence
Après les désirs, les mains moites et les cris d'oiseau
Donnez-moi une autre peau
Pour moi, la terre est un étau? est un étau!

Donnez-moi le goût du renouveau
Le goût d'absolu inconditionnel
Le parfum zodiaque éternel
Qu'on brûle au fond des galaxies
Où l'amour a refait sa vie
Dans un pays sans avenir? sans avenir!

C'est trop facile tous ces beaux mots
Vos certitudes sont des cercueils
Laissez-moi retrouver mon oeil? mon oeil!

C'est trop facile tous ces beaux mots
Vos certitudes sont des cercueils
Laissez-moi retrouver mon oeil? mon oeil!

Je veux un coin sombre
Où même la nuit n'a plus d'ombre
Je veux me refaire une âme
Me refaire une âme

Il faut ouvrir la vie sur les continents intérieurs
Descendre au coeur de son usine
Où est le coeur de la machine
Où est le coeur? où est le coeur?

Mots clés: fondant à l'absinthe
Mis à jour le Mercredi, 02 Septembre 2009 08:00
 
L'homme de sable Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Arrangements _ René Béchard

Ma maison est de sable
Et je ne sais comment
Lutter contre les vagues
Les pluies et les courants
Je me cache dans la tour
La plus haute qui soit
Mais toujours les vents lourds
Et les colères du temps
Attaquent ma cachette
Et me frappent violemment
Je tremble dans ma tête
Et ris comme un enfant

Je construis des châteaux
Pour beaucoup de clients
Je les fais les plus beaux
De mémoire d’océan
Ils me font des reproches
Ils le voulaient plus grand
Plus petit ou plus proche
Du ciel et du beau temps
Je ne sais trop que dire
Je pleure au fond de moi
Je les laisse médire
Et soigne mon désarroi

Les rigueurs de l’hiver
La neige et les grands froids
Poudrerie et tempête
Glace noire et verglas
Fissurent mes pauvres murs
Abattent mes cloisons
Arrachent ma toiture
Ébranle ma maison
Je suis si épuisé
Je ne sens plus mon corps
Je vais me retaper
Je me battrai à mort

Je trouverai un matin
Le plan d’un beau bateau
Qui voguera dans les airs
Et volera sur l’eau
La voilure sera fine
Les mâts grands et puissants
Je ferai ma cabine
À l’épreuve des gens
Et pour mes bons amis
J’inventerai des châteaux
Contre les jours trop gris
Les pieuvres, les cachalots

Mots clés: pastille médicinale
Mis à jour le Mardi, 29 Septembre 2009 10:56
 
Les assassins modernes Envoyer

Paroles _ Denis Girard

À Vincent Jones, à Earl Lacroix et à tous leurs semblables.

Les assassins modernes n’ont plus de pistolet
Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets
Ils ont de bonnes manières un sourire discret
Convoite les tirelires et les porte-monnaie

Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux
Conseillers financiers et monteurs de bateaux
Ils donnent des garanties de haute moralité
Et montent des combines pour nous entourlouper

Et quand vient le grand jour de dire la vérité
Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger
Dans des comptes très surs secrets numérotés
Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés

Les assassins modernes vont toujours en prison
Pour une ou deux semaines pour la comparution
Les meilleurs avocats invalident les lois
Et les font évader dans l’hôtel de leur choix

Les victimes blessées s’en arrachent les yeux
Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux
Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps
Ils se voient condamnés à des travaux forcés

La vie n’a plus pour eux la plus petite joie
L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids
Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie
Ils guettent sa venue révoltés et ravies

Les assassins modernes n’ont plus de pistolets
Ils vous tuent en  volant votre porte-monnaie
Vos rentes vos placements et vos économies
Oyez frères humains la belle tragédie
Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)

À Vincent Lacroix, à Earl Jones et à tous leurs semblables.

Les assassins modernes n’ont plus de pistolet

Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets

Ils ont de bonnes manières un sourire discret

Convoite les tirelires et les porte-monnaie

Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux

Conseillers financiers et monteurs de bateaux

Ils donnent des garanties de haute moralité

Et montent des combines pour nous entourlouper

Et quand vient le grand jour de dire la vérité

Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger

Dans des comptes très surs secrets numérotés

Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés

Les assassins modernes vont toujours en prison

Pour une ou deux semaines pour la comparution

Les meilleurs avocats invalident les lois

Et les font évader dans l’hôtel de leur choix

Les victimes blessées s’en arrachent les yeux

Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux

Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps

Ils se voient condamnés à des travaux forcés

La vie n’a plus pour eux la plus petite joie

L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids

Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie

Ils guettent sa venue révoltés et ravies

Les assassins modernes n’ont plus de pistolets

Ils vous tuent en volant votre porte-monnaie

Vos rentes vos placements et vos économies

Oyez frères humains la belle tragédie

Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)

Mots clés: ganache au cognac
Mis à jour le Mercredi, 30 Septembre 2009 11:01
 
Le temps Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Daniel Loiselle
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle

Le Temps de dire ici
On est déjà là
Las d’être là
Et pourtant bien mieux qu’ailleurs
Si bien qu’on a peur
De faire un autre pas
On s’assoit sur son cul
Et on se dit : « J’aurais donc dû…
Partir pour nulle part
Quand c’était le temps. »
Mais quand est-ce le temps
Si ce n’est maintenant?
Et tant pis s’il est trop tard
Et tant pis si on a niaisé
Il faut bien se décider
À partir en son temps!

Le temps ma maîtresse
Toi qui ne vieillis jamais
Toi qui gardes la jeunesse
Enfermée dans ton palais
Donne-moi rendez-vous
N’importe où, où tu voudras
Tu n’as qu’à ordonner
Tu sais, je serai là

Dans ta boule de cristal
Dans tes horloges en furie
Secret de ta destinée
Qui tique taque ma vie
Tu fais jaillir le printemps
Où et quand tu veux
Mène tes ouragans
Comme le jugement d’un dieu
Qui tout à coup serait devenu fou
Et tuerait pour le goût
Les plus pauvres, les riens du tout!

Le temps, c’est bien tentant
De vouloir te tuer
Toi qui presses le pas
Des travailleurs fatigués
Dans toutes tes usines
Où l’on immole des vies
Pour le vernis luisant
D’une voiture dernier cri!

Le temps ça me démange
D’aller te pourchasser
Dans le cœur d’une navette
Dans tes projets fusée
Qui tournent en rond
Dans mille galaxies
À coup de millions
Du Tiers-Monde
Qu’on sacrifie
À la grandeur d’un drapeau

Le temps, je t’emmerde
Et je m’évade souvent
De ta tyrannie
Qui brûle mes instants
Je pars dans mes rêves
Et je défie ta loi
Je traîne et gaspille
Des minutes et des heures
Et je suis de plus en plus jeune
Sous le poids des années!

Le temps, je te surveille
Je connais ta complice
L’espace qui te suit
T’enveloppe et te tisse
Elle est là quand tu arrives
Et te suit à la trace
C’est le lieu de tes crimes
L’autre côté de ta face

La naissance et la mort
L’amour et la vieillesse
Le désir et le remords
L’ennui et la jeunesse
Se plient sous tes pas
Quand tu parles
On t’obéit
Le temps c’est bien toi
Le maître de nos vies!

Un jour, j’inventerai
Une machine superbe
Qui saura remonter
Toute cette vie de merde
Je naviguerai sur les courbures du temps
Des confins de l’espace jusqu’à l’envers de
L’instant
Où tu vins au monde
Au nom de l’ordre et de la vérité
Et là tout doucement
Je t’assassinerai
Puisque l’amour est mort
C’est toi qui l’as tué
À petit feu, au quotidien
Sans te faire remarquer
Et je crierai : « Le temps est mort
Vive l’amour pour l’éternité
Vive l’amour pour l’éternité! »

Mis à jour le Mercredi, 28 Octobre 2009 10:07
 
Les hommes sont toujours en voyage Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle

Les hommes sont toujours en voyage
Vers le temps qui sans lasse
S’efface sous leurs pas
Les yeux rougis d’avoir cherché
Une main sur le passé
Mais le coeur roulant au large

Les hommes repartent en voyage
D’un amour à un amour
De chair ou de papier
Sous les soleils ébouriffés
Le coeur gonflé vers les beaux jours
Cherchent toujours la douce plage

Les hommes reviennent et repartent
Sans avoir pesé les fruits
Qui tombaient des arbres
Mais le vent leur a servi
Sur les plats changeant des images
La mer écumeuse de la vie

Les hommes rêvent de voyages
Plein de gens, plein de couleurs
Pour se refaire le coeur
Avant que de prendre de l’âge
L’homme est le seul voyage
L’homme est le plus long voyage...
L’homme est le plus long des voyages...

Mots clés: fondant à l'absinthe
Mis à jour le Mercredi, 02 Septembre 2009 08:01
 
Le malheur déteste le soleil Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Daniel Loiselle
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle

Le malheur déteste le soleil
Et ne va jamais à la mer
Il a une peur bleue des étoiles filantes

Un jour
Nous déménagerons notre amour au soleil
Et partirons en vacances à chaque fin de semaine

Nous achèterons la mer et deux arcs-en-ciel
Et le sable le plus blanc pour coucher nos vagues

Le malheur déteste le soleil
Et ne va jamais à la mer
Il a une peur bleue des étoiles filantes

Nous écouterons les secrets des amants
Qui vivent l’ivresse au nez de la routine

Nous ne ferons plus jamais l’amour
Mais quelque chose de plus vrai sur une musique de chair

Le malheur déteste le soleil
Et ne va jamais à la mer
Il a une peur bleue des étoiles filantes

Nous partirons en croisière l’un vers l’autre
Et nos bateaux afficheront chacun leurs couleurs

Nous capturerons le temps au coeur d’une boussole
Et lui ferons dans la furie des vents perdre le Nord

Nous nous aimerons ce soir
Je renierai mon nom et toi, le tien

Demain, ailleurs, nous nous rencontrerons
Et nous mènerons notre vie en vacances

Le malheur déteste le soleil
Et ne va jamais à la mer
Il a une peur bleue des étoiles filantes!

Mis à jour le Mercredi, 02 Septembre 2009 08:02
 
La peur Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Daniel Loiselle
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle

L’ombre de la peur
La peur de soi
La peur d’être celui qu’on ne veut pas être
La peur vous glace d’effroi
La peur fait sa place
La peur fait sa loi

La peur de n’être pas à la hauteur
Du train de vie de monseigneur
Des rêves dorés de sa comtesse
Des petits désirs de ses enfants
Des ambitions de ses parents

La peur de dire ce qu’il ne faut pas
Un mot de trop échappé là
Ses désirs fous durant la nuit
Criés en rêve devant ses ennemis
Toute la bêtise individuelle
Les mesquineries financières

La peur de perdre sa place, son job
Ses privilèges de petit bourgeois
Les petits repas de fin de semaine
Les mains collées sur sa bedaine

La peur de vieillir un peu trop vite
Le corps malade avant la retraite
La peur de se voir laid et bête
Dans les yeux las de son amour

La peur de se retrouver seul
Au milieu des gens qu’on aime
Toujours plus seul de jour en jour
Sous les regards de l’intérêt
Du calcul et des vieilles promesses

La peur de rentrer au travail
Avec de plus en plus de fatigue
La peur de trouver le plaisir
Dans l’inaction et dans le vide

La peur de s’entendre rire
Et de retrouver sa détresse
De ne plus croire à la tendresse
À l’amour et aux petits oiseaux

La peur de regarder la mort
Sans sourciller, comme une amie
La peur de voir sa propre vie
Derrière soi comme une farce!

La peur d’être arrivé au bout
De son temps, joué à la roulette
La peur de perdre la tête
Sans avoir été prévenu…

La peur de passer à côté de soi
Avec son talent dans ses bagages
La peur de manquer de courage
Pour laisser parler le miroir

La peur a pris la parole
Et gueule à tout rompre
Au-dessus de la vie
La peur est une maladie
Que les mères portent dans leur ventre
La peur a tué le bonheur
La peur a tué le bonheur!

Mots clés: pastille médicinale
Mis à jour le Mercredi, 02 Septembre 2009 08:02
 
Laisse-moi Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Daniel Loiselle
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle

Laisse-moi parler sans me mentir
Sans tenter d'ouvrir
Un chemin jusqu'à toi
Laisse-moi parler sans rien expliquer
Sans recommencer les mots d'autrefois

Laisse-moi simplement te regarder
Laisse-moi un peu jaser
Du regard et du bout des doigts
Y'a tant de choses que tu racontes comme ça

Laisse-moi baiser ton front
Et tes cheveux et le creux de ta main
Laisse-moi dessiner un peu de paix
Et de silence autour de toi

Comment ferons-nous pour nous retrouver
Au-delà de toutes ces idées
Des projets et des chemins étroits
J'entends déjà l'horloge gronder

Laisse-moi fermer la TV
Il y a tant de choses entre toi et moi
Laisse-moi brûler le passé
Il y a tant de roses entre toi et moi

Il  faut vite nous dénuder
Sans rien dire qu'on ne comprendrait pas
Laisse-toi tout oublier
Tes trophées et tes monstres là-bas

Laisse-toi imaginer l'été
Et un homme qui me ressemblera
Laisse-toi préparer un diner
Le corps dénudé et le coeur en émoi

Laisse l'amour s'inviter
Et nous parler tout bas
Laisse-moi, laisse-toi
Laisse-moi

Mis à jour le Dimanche, 11 Octobre 2009 22:10
 
Karma Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Daniel Loiselle
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle

J’aimerais tant te dire
Que je t’ai choisie
Toi si belle, si rouge
J’aimais te sentir à mon bras
J’aimais te goûter de ma bouche
Mais toujours nos deux corps
Comme une maison condamnée
Se refusaient l’entrée

Comment fait-on pour t’aimer
Je n’ai jamais su
Et je te perds et tu me quittes
Pour toujours
On m’a déjà abandonné
Plus d’une fois, j’ai marché
Dans la ville
Sans trouver mon chemin
Moi l’éternel orphelin
L’enfant au regard d’argile
Est-ce mon destin
De ne plus savoir où aller
D’être rejeté
Comme un mauvais fruit

Karma, Karma
Ce que tu fais te sera remis
Karma, Karma
Tu es ton propre ennemi
Dans le temps et dans l’espace
C’est ton passé qui te poursuit

Maintenant c’est toi
Qui me refuses l’amour
Tu me quittes au point du jour
Qui doucement brûle l’espace
Tu me préfères un étranger
Un ténébreux, un naufragé
Je cède la place

C’est la centième fois
Une de trop
Je pleure plus qu’il ne faut
Je n’ai plus rien à perdre

Tu as les yeux de ma mère
Ombrageux qui ont souffert
Je suis la source de tes larmes
Je pars sans rien demander

Vivre toujours les mains tendues
Le coeur mis à nu
Écorché de l’amour
J’ai quêté tes faveurs
Sans-abri de coeur
Je traîne dans tout mon corps
Le bol vide de mon âme

Karma, Karma
Ça ne peut plus continuer
Karma, Karma
Qui ai-je abandonné
Où est l’enfant assassiné
Qui réclame ma tête?

 

Mis à jour le Mercredi, 02 Septembre 2009 08:02
 
Ils sont perdus les hommes Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ René Béchard
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle

Ils sont perdus les hommes que l’amour a brisés
Soudain en un instant, le soleil a crevé
Leurs femmes et leurs enfants sont partis un matin
Et la terre lentement a cessé de tourner

Il avait mil’ fois fait l’amour et tout donné à chaque jour
Le travail lui volait les jours la nuit lui redonnait la foi
Il menait la bel’ vie des rois, les voyages au bout de l’été
Les enfants le troublaient parfois l’amour venait tout arranger

Il marchait sur un fil étroit, noué de soie et de désir
Les mots se cassaient dans sa voix la laideur venait l’envahir
Le vin ne chantait plus la joie la gêne la faisait rougir
Ses grand’ mains ne la touchaient plus la nuit s’étirait en soupirs

Ils sont perdus les hommes que l’amour a brisés
Ils sont tous impotents ivrognes ou détraqués
Ils ont tué leurs enfants leur femme leur bien-aimée
Ils se pendent en riant pour tenter d’oublier

Mis à jour le Mercredi, 02 Septembre 2009 08:02
 
Babylone Envoyer

Paroles _ Denis Girard
Musique _ Daniel Loiselle
Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle

Je suis né à Babylone
Une place où plus personne
Ne se parle ni ne se fait l’amour
Juste une loi, c’est l’horaire
T’as des choses à faire
Alors fais-les

Dans les rues la cadence
Du matin qui lance
Les quarts de travail
Chacun sa routine
Marche l’homme-usine
Vers le profit et le succès

Moi je ne comprends rien
Je fais semblant de rien
Je fais mon boulot
Comme il le faut
J’essaie de comprendre
Pourquoi on recommence
Cette roue qui danse
Et nous fait marcher au pas

Pourtant la mort ricane
Cachée dans la savane
À tous les détours du chemin
Elle nous dit les secondes
Et sa faux qui gronde
Cherche mon cou et le tien !

Ce soir dans Babylone
Une jeune personne
A décidé de tout plaquer
Elle a coupé son téléphone
Et le cadran qui sonne
Ne trouble plus son sommeil

Elle a mis les voiles
Ailleurs vers une étoile
Et son vaisseau
C’est son cœur
Elle hurle à la lune
Et rêve d’amour
Elle hurle à la lune
Et rêve d’amour

Mots clés: dragée spleenétique
Mis à jour le Jeudi, 03 Septembre 2009 06:44
 
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