Piste de l'album "Terminus" paru en 1968 aux éditions F. Henry. paroles _ Denis Girard musique et interprétation _ Daniel Mathieu
Au creux de ma pensée Tout se trouble Rien qu’à te regarder Je découvre Je pousse l’amour Bien plus haut que l’été Qu’as-tu fait des jours Je n’sais plus les compter
Au noir de mes idées Je m’écroule Te suffit de parler Je me soule Je pousse l’amour Bien plus haut que l’été Qu’as-tu fait des jours Je n’sais plus les compter
Je parle d’amour Au chat et au sucrier L’enfant dans la cour Rêve de t’épouser
Je vis au cœur de tes pensées Un rêve à vivre et à crier (Bis) La tête à rire et à chanter Perdu au creux de ta pensée
Je parle d’amour Au chat et au sucrier L’enfant dans la cour Rêve de t’épouser
Les secrets de famille Qu'on a toujours cachés Il n'aurait pas fallu les dire à la Camille C'est un panier percé Tout l'monde saura en ville Avant que la semaine ne soit toute achevée Et quand les gens sauront Faudra vous expliquer Et vous paierez la note Devant tout le comté
Qu'est-ce qu'une fille peut faire Quand son tchum l'a plaquée Pour une petite cocotte Avec un beau body Elle se met en colère Et pense à se venger Contre François Lemaire Et la belle Camille Elle va placoter Bien sûr elle va tout dire Les vertes et les pas mûres Eh oui ça va faire dur
Il n'y a rien de mal À dire la vérité François baise une mineure René boit comme un trou Julien est une Julienne Julie aime les filles Le père est su'l BS La mère danse au poteau Jean-Paul a tout perdu En jouant au casino Lucille a sa page web Dans un p'tit site porno
Les gens de La Patrie Ne savent pus quoi penser Monsieur François Lemaire Avocat réputé Fréquenterait une fille Qui travaille au marché Elle paraît ses 20ans Mais elle n'en a que seize Son père est mal à l'aise Couches-tu avec lui Qu'il lui a demandé Elle s'est mise à brailler
Monsieur Roger Ménard Truckeur de profession A frappé M'sieur Lemaire Hier chez l'épicier C'est à cause de sa fille Sonia son pt'it bébé Il sortait avec elle Depuis une bonne année Il a entendu dire Qu'il l'aurait abusée Même si c'était pas vrai Il l'a bien arrangé
Les secrets de famille Peuvent parfois nous aider À nous faire justice Quand on est au supplice Avec un courailleux Qui vous a humiliée La famille des Lemaire Tous des collets montés N'osent plus sortir dehors Personne veut leur parler L'avocat en prison Y vont déménager
Le ciel me tombe sur la tête Des tonnes de feuilles comme une tempête Yen a partout. ça m’rend malade J’passe mon temps à les ramasser Le vent les souffle de mon côté La fin d’semaine va y passer Quand est-ce que ça va arrêter
On dirait une malédiction Venue du ciel comme de raison La nuit je rêve que j’roule une pierre Jusqu’en haut d’une montagne de verre Quand je pense que j’suis arrivé Là à déboule de l’autre côté
Dans deux mois ça va être l’hiver Avec la neige la même affaire J’ai toujours détesté pelleter Ça va faire comme l’année passée Le jour de la plus grosse bordée Ma maudite souffleuse va péter Pis là le cave y va rusher
Pourquoi les hommes sont condamnés A toujours toute recommencer Dans les amours et au travail On s’fait souvent donner not’ bleu Là on se retrouve les larmes aux yeux Mais une fois qu’on a tout perdu On regarde d’l’autre côté d’la rue
Le bon Sisyphe très très patient Ramasse toutes ses feuilles en chantant Fait des montagnes pour les enfants Et quand il voit l’hiver venir Heureux il se met à courir Dans les entrées de ses voisins Il aime déblayer le chemin
Après quelques centaines d’années Le vieux Sisyphe a tout pigé La vie prend plaisir à défaire Les Titanic construits en fer Toutes les illusions des humains Qu’ils peuvent contrôler leur destin Il fait son lit à chaque matin
Bien installé dans l’éden A la belle aube des temps Adam dominait sans peine Sa femme et tous les vivants Il vit le fruit défendu Êve couchée toute nue Et sa supériorité Tout d’un coup s’est écroulée Devant les jolies rondeurs De sa belle divinité Et la femme prit le pouvoir Et l’homme refusa d’y croire
Dieu, je suis un homme trahi Par la sale géométrie Ma femme possède l’arme fatale Toutes ses courbes sont géniales Je suis idiot quand je dis Que mon coup droit c’est ma vie Ma femme sait se déhancher Pour totalement me troubler Alors elle prend le contrôle Et je la couvre de roses Pour qu’enfin je puisse entrer Dans le cercle des voluptés
Et me voilà qui exhibe Tous mes attributs virils Comme si c’était mon pouvoir Qui fait glisser son fermoir Car en amour pour grandir Ma femme doit me secourir J’ai beau jouer des biceps Faire de la musculation Même la plus belle érection Peut s’écrouler d’un coup sec L’étalon n’impressionne plus Dès que madame n’en veut plus
Debout devant son miroir Elle se dévêt chaque soir La douce rondeur de ses seins Ses hanches qui roulent si bien Et lorsqu’elle pivote sans bruit Deux sphères parfaites rosées D’un seul coup viennent m’enjôler Comment faire pour dominer Le summum de la beauté C’est Satan qui a créé Ces boules ensorcelées Qui savent nous aguicher
Un soir j’ai bien eu l’idée De diviser pour régner Je me suis pris une maîtresse Une jolie blonde aux grandes tresses Mais le triangle amoureux M’a fait perdre mes cheveux J’étais jaloux de l’amant Qu’elle a pris en souriant Il me fallait pour bander Imaginer ses nénés Sans elle je suis fini Ma prestance ramollit
Je suis un pauvre homme trahi Par la sale géométrie Euclide avait tout compris Le sexe m’a rendu zombi A chaque jour de ma vie J’écoute ma femme et je suis Ma mère l’avait pourtant dit N’écoute pas ton zizi Un homme n’est plus rien sur terre S’il ne mène pas ses affaires Mais je suis un Québécois Vive le matriarcat
Ti-poil, ti-poil merci ti-poil Pour le Québec et le P.Q. Un grand pays imaginé Un grand combat, presque gagné Et tous nos gens en changement
C’était d’la marde la politique Des magouilles et des pots de vin Avant tes p’tits cours théoriques Avec ton émission le point Ça devenait clair tout d’un coup L’idée de nationaliser L’électricité dans nos mains Et des tarifs moins élevés
C’ta cause de toé mon bon René Toé le premier des Québéquois Si tout un peuple s’est retrouvé Fier de parler sa langue chez soi Fier des produits créés ici De son savoir de son génie Et on s’est mis à s’épauler Heureux à s’fêter comme des rois
Pis y a eu les référendums Tu le voulais tant not’ pays Les libéraux te l’ont volé Le fédéral nous a trompés Mais ça fait rien mon cher Ti-poil J’m’habille le cœur de not’drapeau Fier de savoir ce que l’on vaut La fleur de lys pour seule étoile
Tu avais de très bonnes idées L’équipe pour les réaliser Mais notre peuple partait de loin Les bons curés et leurs p’tits pains La confiance c’est long à construire Et tellement facile à détruire Il suffit d’un autre libéral Plus faux que l’bonhomme carnaval
La plus belle des révolutions Tu l’as réussi sans canons Juste à parler d’une nation De travailleurs sans concessions Dans les usines dans les bureaux On s’est senti un peu plus beau Tu nous as fait un vrai cadeau Qu’on peut léguer à nos enfants
Sur not drapeau la fleur de lys C’est un cadeau des rois français Un vieux symbole qui leur restait Avant que les anglais les câlissent En dehors d’ la pauvre Amérique Depuis c’temps-là on est colon Avec les anglais comme patron Merci encore mon bon René Pour leur avoir rivé le nez
Cette chanson n’en finit plus Comme le combat de cette nation On n’en parle plus sus l’coin des rues On rêve de promesses d’élection Et on brandit le gros squelette De la vieille et laide pauvreté On r’met not’av’nir à demain Sous la vieille peur d’être ruiné
Tu sais ti-poil y a beaucoup d’jeunes Qui n’ont jamais eu froid aux yeux Qui savent rêver sans avoir peur De prendre leur place le cœur heureux Ils se moquent des oiseaux d’malheur Qui lèchent le derrière des anglais Ils choisiront eux la bonne heure Pour se faire un pays un vrai
Il manque souvent juste un ti poil Pour changer les choses qu’on voulait Pour travailler la tête haute Pour parler français à Montréal Pour libérer les libéraux De ses menteurs de ses idiots Pour sortir un nouveau Québec De sa terre de froid et d’échecs
Paroles _ Denis Girard Musique _ René Béchard Interprète _ Julie Béchard
Quand je peux plus jouer avec personne Que j’ai plus d’ami au téléphone Que c’est plate à la télévision Que je m’ennuie tout seul à la maison Quand papa et maman sont partis Je vais retrouver mon meilleur ami
Refrain : Il s’appelle Chicouk et moi je le vois Il raconte des histoires à dormir debout On joue à des jeux et on fait les fous
Mon père a dit qu’il n’existe pas Que c’est moi qui invente tout ça Et ma mère veut le voir pour le croire Mais moi je ne raconte pas d’histoire Ils sont bien trop grands pour me comprendre Ils sont trop sérieux pour l’entendre
Refrain
Il m’a dit que l’auto de mon père C’est beaucoup plus sans en avoir l’air Que soudain au milieu de la nuit À minuit quand tous les chats sont gris Elle se transforme en vaisseau spatial Elle s’envole vers les étoiles
Refrain
Ce soir quand tout l’monde dormira Chicouk et moi on s’envolera Et quand viendra le petit matin Et quand viendra le petit matin Papa et maman ils verront bien Papa et maman ils verront bien
Paroles _ Denis Girard Musique _ René Béchard Interprète _ Julie Béchard
Je vis dans la chambre D’un petit garçon Il s’appelle Alexandre Il aime les bonbons Je suis son ami Et comme son ourson Je suis son jouet Son beau perroquet
Perroquet, Placotis Que sais-tu de la vie T’es devenu très savant À écouter les gens Répète, répète C’que tu connais des planètes
Je sais que la Grande Ourse N’est pas un animal Qu’elle peut faire la course Plus vite qu’un orignal Que sur la Voie lactée Ce n’est pas laid du tout Et qu’autour de Saturne On a fait des anneaux C’est pour rouler à vélo
Perroquet, Placotis Que sais-tu de la vie T’es devenu très savant À écouter les gens Répète, répète C’que t’as fait comme découvertes
Je sais que dans la mer Au plus profond des eaux Y a des bateaux pirates Et des requins marteaux Que la baleine à bosses Chante mieux que les oiseaux Que tous les chiens de mer N’ont ni niche ni collier Et ne savent pas japper
Perroquet, Placotis Que sais-tu de la vie T’es devenu très savant À écouter les gens Répète, répète Tous tes trucs et tes cachettes
Je sais que les fantômes Les sorcières les dragons Les lutins et les gnomes C’est pour les cornichons Que les affreux vampires Portent des fausses dents Que tous les animaux Ont appris à parler Dans les bandes dessinées
Perroquet, Placotis Viens plus près de mon lit Si j’te donne mon secret Tu l’répèteras jamais Jure-le moi, jure-le moi Ou je donne ta langue au chat
Je vis dans la chambre D’un petit garçon Il s’appelle Alexandre Il aime les bonbons Je suis son ami Et comme son ourson Je connais son secret Et je l’répèterai jamais
Mi ni my ni mots Pas besoin des mots Les mots sonnent faux Les mots pèsent trop Mi ni my ni mots Les mots sont trop sots Laisse parler ta peau Écoute le tempo Ta dou di dou do Y a rien de plus beau C’est toujours nouveau La clé des châteaux
Chanteuse
Mi ni my ni mots Personne pour parler Les portes sont fermées Bien fermées à clés Depuis des années A dit aie dit Oh Mon père envolé Ma mère trépassée La rue m’a aimée
Mini mini mots Des mots pour chanter La peur sous mes pieds Ma voix pour voler
Dit ma vie les mots En moi c’est la rage Pour briser la cage Tous les mots me jasent Mes mots déménagent Je ne suis plus sage Je fais un carnage C’est mon cri qui jazze
Ne t’en fais pas bonhomme, si t’as moins le goût De parler aux hommes aux chiens et aux loups Les amis ne sont pas toujours en saison d’amour Les amantes écoutent quand on leur fait la cour Les bêtes sont fidèles mais ne peuvent plus rien Contre ce mal étrange qui te cambre les reins
Ne t’en fais pas mon gars, si t’as moins la force De te lever chaque matin avec la faim De faire une journée dont on se souvient D’abattre du boulot vite en t’amusant De tout reconstruire pour le seul plaisir De sentir la vie vibrer et grandir
Ne crains rien toi le mec, si tu ne ris plus Des politiciens, des bouffons et des fous Qui font la manchette dans tous les médias De jolis scandales de sang et de sous De grandes vies gâchées sens dessus dessous La belle pirouette des cons et des minettes
Ne t’en fais pas mon vieux si comme l’automne Tu aimes les ciels de sombres grisailles Les crépuscules turquoise qui n’espèrent plus rien Les fêtes orgiaques de feuilles rouges jaunies Le froid qui frappe toute vie un matin
Ne t’en fais plus mon petit si le monde du travail Te semble rouler trop vite là-bas sur ses rails Si la solitude s’est pendue dans sa chambre Si la performance se vend le gros prix Si les mots disent moins les trésors des gens Je sais une rengaine, secrète et lointaine Qui parle du chagrin d’être rendu à bout Viens me la chanter au creux de mon cou
Tu as fait couler un peu de ton âme mon père De la tienne dans la mienne, une lignée ancienne Et si je marche droit c’est ton pas qui me guide Tu as fait couler un peu de ton âme Ma mère De la tienne dans la mienne de caresses en je t’aime Et quand par bonheur j’aime c’est par tes yeux ta voix Comme une signature inscrite au fond de moi Je deviens homme tu vois comme on suit un chemin Et si je fais les choses comme personne avant moi Cette neuve manière C’est l’empreinte de nos doigts Mes gènes ne gênent pas Ils sèment dans la terre là Et la nouvelle moisson sera bonne tu verras
Je parle souvent trop peu j’aime bien mieux écouter Je souris et j’attends je n’aime pas me presser Je l’ai tant fait jadis à l’heure bête du travail Où je voulais donner le savoir au bétail Qui beuglait d’impatience devant cette abondance De ces biens inutiles qui promettent le plaisir Ces jolies cartes magiques aux couleurs du désir Ils voulaient le premier elles voulaient le meilleur Comme s’ils pouvaient tirer ce fameux numéro Qui leur donne toutes les clés des plus grands rêves idiots Un passeport éternel vers la facilité Comme si faire des efforts était calamité
Il est devenu poète comme ça sans le vouloir Comme cet étrange matin où une belle contrebasse Se laissa trémousser sous le jeu de ses doigts Il n’a de la jeunesse que la fougue l’apparence Cette force tranquille qui défie le silence Cette folle conviction que l’on peut tout risquer Et toute cette tristesse devant la cruauté Les saccages journaliers de l’eau du feu du pain Tous ceux qui en ont trop et qui changent leurs mains Pour des griffes acérées des langues de venin Pour cet environnement abandonné aux chiens Financiers ignorants torves politiciens
Un jour tu, je et il se retrouvent en pensée Dans une cage de mots se promettent plus d’amour Pour hier
Paroles _ Denis Girard Musique _ Jean-Paul Tremblay Novembre 1965
Avec des mots d’six pieds Des gueules d’enterrement Ils nous arrivent chez nous S’écoutent en parlant Ramassent des idées Copiées un peu partout Ils veulent tout changer Sans rien risquer du tout
Les intellectuels
Faut pas les obstiner Leur dire qu’ça a pas d’ bon sens Ils nous prennent pour des fous Nous regardent en riant La réalité Ça‘pas passé partout Ça peut pas changer Les boutons à quatre trous
Les intellectuels
Faut les voir placoter Des vielles en cancan Gueuler contre tout Chialant et braillant Que rien n’a changé En s’disant des mots doux Ça n’a pas pensé A frapper un bon coup
Les intellectuels
Avec une job ben payée Puis un contrat d’un an Ça part de chez nous Vite en se cachant Ils laissent leurs idées Pour faire des gros sous Ils nous laissent tomber Pour rêver à leur goût
Les intellectuels
Mis à jour le Vendredi, 19 Février 2010 22:11
La cuite
Paroles _ Denis Girard Musique _ Jean-Paul Tremblay Novembre 1965
C’est une cuite de bonheurs Que l’on prend dans tes bras C’est une cuite de printemps Qu’offre ton corsage
C’est une cuite de bonheurs Que l’amour d’un soir Qui fait de nos âmes Des lambeaux fruits d’espoir
Toujours sur une cuite Toujours sur un rêve Avec bras de fer On ne construit que prison
Avec toi ma fille La cuite est si facile Ton cœur comme une armoire Offre des drogues suicide
J’ai cassé en ton nom Mille bouteilles Mille illusions Pour en créer de nouvelles
Mis à jour le Vendredi, 19 Février 2010 22:20
L'armure
Texte _ Denis Girard
J’ai fabriqué une armure Pour continuer à travailler J’étais couvert de blessures De toute une vie d’hostilités
Le mépris de mes collègues Pour mes années d’ancienneté La rage pour les privilèges Qu’ils veulent sans les mériter
J’ai caché mon cœur sous le fer J’ai même ganté mes mains d’acier J’ai bien refermé la visière Sur tous ceux qui peuvent approcher
Le chevalier s’en va en guerre Dans la société des guerriers On se bat pour un coin de terre La richesse, la prospérité
Les armes sont très meurtrières Les mots et les regards fermés Les autres sont de grands mystères Qu’on tue à tant les ignorer
J’ai jeté le casque et l’armure J’ai trop de mal à respirer J’aime mieux mourir à l’air pur Les combats peuvent continuer
J’ai mis mon habit de tendresse Et mes regards d’humanité J’offrirai mon cœur tout en liesse Ma forte et bonne volonté
Comme à la guérilla Tu m’as épié Tu m’as suivi Tendu un piège jusqu’au lit Tu m’as très vite touché au coeur Tes rires cascadaient sur mon coeur Ton corps redessinait la volupté À chaque pas sur le pavé
Et le combat a commencé Un corps à corps déchaîné Ton goût de mer et ton odeur Tournaient ma tête et mes idées Vaincu sur le blanc drapeau du lit Je venais de donner ma vie...
Les coups de couteau, les explosions Les coups de feu. Révolution Sonnaient la charge dans mon âme J’étais l’homme d’une femme
Et quand l’amour s’est mis à crier Comme un poème de sang versé C’était plus beau qu’un arc-en-ciel Mes rêves flambaient dans tes cheveux Ta peau m’avait brûlé les yeux Et quand chargèrent nos armées Tu m’avais déjà fait prisonnier
Comme à la guérilla Tu m’as appris Le prix d’la vie Au combat des mille et une nuits C’est le gagnant qui fait sa loi Tu as le choix, faut décider Prisonnier ou handicapé L’amour te donne le pouvoir Pour un instant dans son histoire Une éternelle guérilla
Paroles _ Denis Girard (2000) Musique _ René Béchard
Je me lève à midi Et j’attends la nuit Toutes les toiles fermées Je dois me cacher Si je voyais le soleil Je pourrais en crever
Je suis un vampire Un vampire de l’amour Parce qu’une jolie femme En robe du soir S’est jetée sur moi Comme ça dans le noir
Je me suis laissé faire Moi qui ne sais jamais Ce qu’il faut dire aux femmes Pour leur faire de l’effet Elle m’a dit « Je t’aime » Je me suis dit « Ça y est » Elle m’a mordu au cou J’ai crié « S’il te plaît »
Elle m’a entraîné chez elle Et c’est sur son canapé Que tout doucement Elle m’a bu la santé Sur les ailes d’un vampire Ton amour s’est jeté sur moi Et toutes les nuits Tu dégustes ta proie
Je ne peux résister Sans trop savoir pourquoi Tu bois mon âme Et tu me laisses là
Je vole au-dessus de la ville Mais je ne vois rien Que ton nom inscrit Sur les murs des jardins
J’ai cherché un gros pieu Pour me l’enfoncer dans le cœur J’ai volé une croix Pour mettre fin au malheur Mais le pieu a brûlé Comme je l’enfonçais Et la croix s’est enfuie Comme je t’approchais
Je suis un vampire Qui ne veut mordre personne Je suis condamné à me faire siphonner Par cette jolie dame qui dit m’aimer Bien sûr elle m’aime On ne peut en douter Comme un chou à la crème Une tasse de thé Et je sais bien qu’un jour Je saurai m’évader Dans les bras d’un autre amour Je vais ressusciter
À tous les êtres vivants Qu’on a vampirisés Il faut quitter l’amour des autres Pour un peu vous aimer Moi en fin de compte Je me plais bien Je n’ai plus rien à craindre La nuit dans les jardins La nuit dans les jardins
Paroles _ Denis Girard Musique _ René Béchard Arrangements _ René Béchard, Daniel Loiselle, Paulin Lacroix 2000
Pour un oui Ou pour un non Manon tu dis non Mais c’est oui Manon tu dis oui Et c’est peut-être Comment s’y retrouver Non tu es fâchée Caresses et bisous On s’en fout
Manon Tu dis soleil Mais c’est nuage Tu dis orage Et c’est arc-en-ciel Comment s’y retrouver Non, tu es peinée Souffle chaud et mot doux Tu t’en fous
Pour un oui Ou pour un non Manon Tu dis tranquille Mais c’est passion Tu dis rhabille Et c’est frisson Comment s’y retrouver Non tu es excitée Promesse et tabou On est fou
Manon Tu dis genou Et c’est sein doux Tu dis caillou Et c’est mon chou Comment s’y retrouver Non on va s’aimer Sous l’oeil du hibou Comme deux poux
Pour un oui Ou pour un non
Pour un non Pour un oui Tout est fini On rit la mort On pleure la vie On rit le jour On pleure la nuit Comment s’y retrouver Oui, faut se toucher Louve et minou Font joujou Pour un oui Pour un non Pour un oui Pour un non
Je marche tout seul à chaque jour Je marche pour sortir de ma cour Je marche pour sauver ma raison Je marche pour mieux dormir la nuit Je marche pour faire taire ma colère Je marche pour oublier mes peines Je marche pour voir la lune blême
Comme un chameau perdu dans le désert Je marche pour oublier l’enfer De vivre sans une once d’amour Je marche pour fuir tous les vautours Les profiteurs chacun pour soi Je marche pour retrouver la voie Des rêves de paradis perdus Je marche parce que je n’en peux plus
Je bouffe des milles de pavé Sur mon vélo ou bien à pied Je me parle pour me rassurer Je crie, je pleure sans déranger Sur les trottoirs de liberté Je blâme tous ceux qui m’ont triché Les amoureuses par intérêt Les lèche-culs à bon marché Je cherche un beau ciel étoilé Pour enfin me recommencer
Si Dieu existe en vérité Pourquoi m’a-t-il persécuté J’aime mieux maudire le hasard Le con destin vil charognard La route est belle dans le silence La mort doit être douce je pense
De toutes les joies tous les plaisirs Mes enfants sont ma joie de vivre Voir babiller ma petite fille Les bras tendus vers son papou Je remercie la belle vie Pour mon vieux cœur cent fois meurtri Je me laisse tomber à genoux La douleur ne me rendra pas fou.
Je marche comme un petit soldat Je fuis toutes les guerres à grands pas Je marche pour la paix du cœur La seule la vraie c’est mon bonheur Sur ma route il y a l’amitié Pour rire de tous les constipés Excusez-la mes bons seigneurs On se reverra d’l’autre bord asteur.
Paroles_ Denis Girard Musique _ René Béchard Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix et Daniel Loiselle Mai 2000
Comment faire la barbe sans savon À une fille de mauvais poil Blonde à faire pleurer Qui gueule sans raison Et qui vous dit De ne pas la faire chier Comment, comment, comment donc?
Comment expliquer la détente À une poule qui a l'mors aux dents À un chien enragé Qui vous a de travers Et crie sans arrêt Que vous êtes un crétin! Comment, comment, comment donc?
Question, question, tu me rends fou J'veux pas chercher
Comment faire la paix Attaché à une jolie terroriste Bien armée jusqu'aux dents La bombe dans les cheveux Qui compte un, deux... Avant d'tout faire sauter! Comment, comment, comment donc?
Comment s'évader d'une prison Qu'on a fabriqué soi-même Sans blesser la geôlière Qui pointe son couteau Sur votre cou Avant d'vous faire la peau! Comment, comment, comment donc?
Question, question, tu me rends fou J'veux pas chercher
Comment s'éloigner du soleil Quand on a volé vers lui Fasciné et heureux Qu'on sent sur son dos Fondre ses ailes Plus vite que le vent! Comment, comment, comment donc?
Comment se sortir d'un labyrinthe Où l'on poursuit une femme Moitié folle moitié nue Qui court en riant Et chante à tue-tête Qu'elle vous aimera toujours... Comment, comment, comment donc?
Y’a pas d'façon Y’a pas d'manière Faut oublier Faut pas s'en faire Partir pour une autre galaxie Partir pour une autre galaxie
Paroles _ Denis Girard Musique _ Pierre D’Amour 1983
J’ai aimé une femme Qui me faisait l’amour Comme on fait la vaisselle Sans discours, sans mots doux Parce que ça devait se faire Elle m’aimait plus que tout Mais son corps faisait la grève.
Et vous me demandez Pourquoi je suis corbeau Pourquoi je les méprise comme des animaux Quand je sais très bien Que plusieurs parmi vous Rêvez d’étrangler votre mauvaise baiseuse Qui vous aime sous condition et râle contre tout Et je sais très bien que dans votre cas Il y a les enfants et bien d’autres raisons.
J’ai quitté ma femme Un fil de soie tout doux Une vraie reine de foyer Qui fait tout pour vous plaire Les nuits de passion divine Les soupers tête-à-tête et l’ennui très conjugal
Et vous me demandez Pourquoi je suis corbeau Pourquoi je les méprise comme des petits crapauds Quand je sais très bien Que plusieurs parmi vous Veulent partir à l’aventure, conquérir le monde Sans s’plier aux lois alimentaires Et je sais très bien que dans votre cas Il y a le confort et bien d’autres raisons.
Ah j’aimerais une femme Avec l’audace d’un homme Qui viendrait pour me voir Séduire la proie sensible Sans projet d’avenir en tête Une femme agressive Maîtresse et conquérante
Et vous me demandez Pourquoi je suis corbeau Pourquoi je les méprise comme dans marchandises Quand je sais très bien que plusieurs parmi vous Veulent qu’on les fasse rouler, rouler dans les buissons Qu'on les touche un peu partout en chantant la pomme Et je sais très bien que dans votre cas Il y a votre maîtresse et bien d’autres raisons
J’ai connu un blanc cygne Blanc d’illusion, de rêve Il parlait d’idéal Habillait d’infini Le corps fascinant des dames Il valsait sur l’étang en chantant ses poèmes
Et quand je vous dirai Qu’il est au fond de l’eau D’avoir cru les femmes plus haut que leur cul Vous saurez très bien que dans mon cas Je suis noir corbeau pour bien d’autres raisons
Les bons amis que la mort a surpris Sont toujours avec nous Dans la douce lumière qui enveloppe nos gestes Dans la feuille rougie abandonnée au vent Les amis disparus habitent l’air du temps
On voudrait leur parler Quelque part sur un banc Surprendre leurs regards Dans une foule au hasard Retrouver les odeurs De ces tendres moments Qui nous comblaient le cœur Les fous rires d’antan
Tant les frères que les sœurs Les complices les parents Ceux qui nous devinaient Celles qui nous prévoyaient Les beaux adolescents Tous les amis de cœur Ne nous quittent jamais
Ils ont bien des moyens Pour nous tendre la main Il faut guetter leur pas L’invisible fracas Le vent qui s’attarde Les instants immobiles Où une grande paix Si fragile et si vraie
Les amis qui la vie Aimaient passionnément Toutes ces âmes meurtries Sous la bêtise du temps Vivent toujours en nous Gonflant nos souvenirs Inventant notre chance Un peu de notre ardeur À nommer la beauté À endiguer la peur
Les amis disparus Nous suivent dans la rue Comme des compagnons D’anciennes saisons Ils sont notre mémoire D’une très belle histoire Ils refusent la mort Sans nous
Paroles _ Denis Girard Musique _ Daniel Loiselle Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle
Il faut ouvrir la vie sur les continents intérieurs Descendre au coeur de son usine Où est le coeur de la machine Où est le coeur?
Donnez-moi les mots qui n'ont pas de sens On m'a volé l'adolescence On m'a pris les jurons, les causes justes Je voudrais croire que demain? que demain!
C'est trop facile tous ces beaux mots Vos certitudes sont des cercueils Laissez-moi retrouver mon oeil? mon oeil!
C'est trop facile tous ces beaux mots Vos certitudes sont des cercueils Laissez-moi retrouver mon oeil? mon oeil!
Donnez-moi les nuits d'indifférence Après les désirs, les mains moites et les cris d'oiseau Donnez-moi une autre peau Pour moi, la terre est un étau? est un étau!
Donnez-moi le goût du renouveau Le goût d'absolu inconditionnel Le parfum zodiaque éternel Qu'on brûle au fond des galaxies Où l'amour a refait sa vie Dans un pays sans avenir? sans avenir!
C'est trop facile tous ces beaux mots Vos certitudes sont des cercueils Laissez-moi retrouver mon oeil? mon oeil!
C'est trop facile tous ces beaux mots Vos certitudes sont des cercueils Laissez-moi retrouver mon oeil? mon oeil!
Je veux un coin sombre Où même la nuit n'a plus d'ombre Je veux me refaire une âme Me refaire une âme
Il faut ouvrir la vie sur les continents intérieurs Descendre au coeur de son usine Où est le coeur de la machine Où est le coeur? où est le coeur?
Paroles _ Denis Girard Musique _ René Béchard Arrangements _ René Béchard
Ma maison est de sable Et je ne sais comment Lutter contre les vagues Les pluies et les courants Je me cache dans la tour La plus haute qui soit Mais toujours les vents lourds Et les colères du temps Attaquent ma cachette Et me frappent violemment Je tremble dans ma tête Et ris comme un enfant
Je construis des châteaux Pour beaucoup de clients Je les fais les plus beaux De mémoire d’océan Ils me font des reproches Ils le voulaient plus grand Plus petit ou plus proche Du ciel et du beau temps Je ne sais trop que dire Je pleure au fond de moi Je les laisse médire Et soigne mon désarroi
Les rigueurs de l’hiver La neige et les grands froids Poudrerie et tempête Glace noire et verglas Fissurent mes pauvres murs Abattent mes cloisons Arrachent ma toiture Ébranle ma maison Je suis si épuisé Je ne sens plus mon corps Je vais me retaper Je me battrai à mort
Je trouverai un matin Le plan d’un beau bateau Qui voguera dans les airs Et volera sur l’eau La voilure sera fine Les mâts grands et puissants Je ferai ma cabine À l’épreuve des gens Et pour mes bons amis J’inventerai des châteaux Contre les jours trop gris Les pieuvres, les cachalots
À Vincent Jones, à Earl Lacroix et à tous leurs semblables.
Les assassins modernes n’ont plus de pistolet Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets Ils ont de bonnes manières un sourire discret Convoite les tirelires et les porte-monnaie
Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux Conseillers financiers et monteurs de bateaux Ils donnent des garanties de haute moralité Et montent des combines pour nous entourlouper
Et quand vient le grand jour de dire la vérité Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger Dans des comptes très surs secrets numérotés Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés
Les assassins modernes vont toujours en prison Pour une ou deux semaines pour la comparution Les meilleurs avocats invalident les lois Et les font évader dans l’hôtel de leur choix
Les victimes blessées s’en arrachent les yeux Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps Ils se voient condamnés à des travaux forcés
La vie n’a plus pour eux la plus petite joie L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie Ils guettent sa venue révoltés et ravies
Les assassins modernes n’ont plus de pistolets Ils vous tuent en volant votre porte-monnaie Vos rentes vos placements et vos économies Oyez frères humains la belle tragédie Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)
À Vincent Lacroix, à Earl Jones et à tous leurs semblables.
Les assassins modernes n’ont plus de pistolet
Ils traquent leurs victimes dans de jolis complets
Ils ont de bonnes manières un sourire discret
Convoite les tirelires et les porte-monnaie
Ils ont pignon sur rue dans de vastes bureaux
Conseillers financiers et monteurs de bateaux
Ils donnent des garanties de haute moralité
Et montent des combines pour nous entourlouper
Et quand vient le grand jour de dire la vérité
Ils vident leurs tiroirs très loin à l’étranger
Dans des comptes très surs secrets numérotés
Ils déclarent faillite et vous êtes ruinés
Les assassins modernes vont toujours en prison
Pour une ou deux semaines pour la comparution
Les meilleurs avocats invalident les lois
Et les font évader dans l’hôtel de leur choix
Les victimes blessées s’en arrachent les yeux
Ces gens leur ont tout pris leurs biens les plus précieux
Ils n’ont plus de retraite de voyages de bon temps
Ils se voient condamnés à des travaux forcés
La vie n’a plus pour eux la plus petite joie
L’hiver s’est installé, la faim et les grands froids
Ils ne voient plus la mort comme leur pire ennemie
Ils guettent sa venue révoltés et ravies
Les assassins modernes n’ont plus de pistolets
Ils vous tuent en volant votre porte-monnaie
Vos rentes vos placements et vos économies
Oyez frères humains la belle tragédie
Des voleurs de grands chemins qui nous volent la vie (bis)
Paroles _ Denis Girard Musique _ Daniel Loiselle Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle
Le Temps de dire ici On est déjà là Las d’être là Et pourtant bien mieux qu’ailleurs Si bien qu’on a peur De faire un autre pas On s’assoit sur son cul Et on se dit : « J’aurais donc dû… Partir pour nulle part Quand c’était le temps. » Mais quand est-ce le temps Si ce n’est maintenant? Et tant pis s’il est trop tard Et tant pis si on a niaisé Il faut bien se décider À partir en son temps!
Le temps ma maîtresse Toi qui ne vieillis jamais Toi qui gardes la jeunesse Enfermée dans ton palais Donne-moi rendez-vous N’importe où, où tu voudras Tu n’as qu’à ordonner Tu sais, je serai là
Dans ta boule de cristal Dans tes horloges en furie Secret de ta destinée Qui tique taque ma vie Tu fais jaillir le printemps Où et quand tu veux Mène tes ouragans Comme le jugement d’un dieu Qui tout à coup serait devenu fou Et tuerait pour le goût Les plus pauvres, les riens du tout!
Le temps, c’est bien tentant De vouloir te tuer Toi qui presses le pas Des travailleurs fatigués Dans toutes tes usines Où l’on immole des vies Pour le vernis luisant D’une voiture dernier cri!
Le temps ça me démange D’aller te pourchasser Dans le cœur d’une navette Dans tes projets fusée Qui tournent en rond Dans mille galaxies À coup de millions Du Tiers-Monde Qu’on sacrifie À la grandeur d’un drapeau
Le temps, je t’emmerde Et je m’évade souvent De ta tyrannie Qui brûle mes instants Je pars dans mes rêves Et je défie ta loi Je traîne et gaspille Des minutes et des heures Et je suis de plus en plus jeune Sous le poids des années!
Le temps, je te surveille Je connais ta complice L’espace qui te suit T’enveloppe et te tisse Elle est là quand tu arrives Et te suit à la trace C’est le lieu de tes crimes L’autre côté de ta face
La naissance et la mort L’amour et la vieillesse Le désir et le remords L’ennui et la jeunesse Se plient sous tes pas Quand tu parles On t’obéit Le temps c’est bien toi Le maître de nos vies!
Un jour, j’inventerai Une machine superbe Qui saura remonter Toute cette vie de merde Je naviguerai sur les courbures du temps Des confins de l’espace jusqu’à l’envers de L’instant Où tu vins au monde Au nom de l’ordre et de la vérité Et là tout doucement Je t’assassinerai Puisque l’amour est mort C’est toi qui l’as tué À petit feu, au quotidien Sans te faire remarquer Et je crierai : « Le temps est mort Vive l’amour pour l’éternité Vive l’amour pour l’éternité! »
Paroles _ Denis Girard Musique _ René Béchard Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle
Les hommes sont toujours en voyage Vers le temps qui sans lasse S’efface sous leurs pas Les yeux rougis d’avoir cherché Une main sur le passé Mais le coeur roulant au large
Les hommes repartent en voyage D’un amour à un amour De chair ou de papier Sous les soleils ébouriffés Le coeur gonflé vers les beaux jours Cherchent toujours la douce plage
Les hommes reviennent et repartent Sans avoir pesé les fruits Qui tombaient des arbres Mais le vent leur a servi Sur les plats changeant des images La mer écumeuse de la vie
Les hommes rêvent de voyages Plein de gens, plein de couleurs Pour se refaire le coeur Avant que de prendre de l’âge L’homme est le seul voyage L’homme est le plus long voyage... L’homme est le plus long des voyages...
Paroles _ Denis Girard Musique _ Daniel Loiselle Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle
L’ombre de la peur La peur de soi La peur d’être celui qu’on ne veut pas être La peur vous glace d’effroi La peur fait sa place La peur fait sa loi
La peur de n’être pas à la hauteur Du train de vie de monseigneur Des rêves dorés de sa comtesse Des petits désirs de ses enfants Des ambitions de ses parents
La peur de dire ce qu’il ne faut pas Un mot de trop échappé là Ses désirs fous durant la nuit Criés en rêve devant ses ennemis Toute la bêtise individuelle Les mesquineries financières
La peur de perdre sa place, son job Ses privilèges de petit bourgeois Les petits repas de fin de semaine Les mains collées sur sa bedaine
La peur de vieillir un peu trop vite Le corps malade avant la retraite La peur de se voir laid et bête Dans les yeux las de son amour
La peur de se retrouver seul Au milieu des gens qu’on aime Toujours plus seul de jour en jour Sous les regards de l’intérêt Du calcul et des vieilles promesses
La peur de rentrer au travail Avec de plus en plus de fatigue La peur de trouver le plaisir Dans l’inaction et dans le vide
La peur de s’entendre rire Et de retrouver sa détresse De ne plus croire à la tendresse À l’amour et aux petits oiseaux
La peur de regarder la mort Sans sourciller, comme une amie La peur de voir sa propre vie Derrière soi comme une farce!
La peur d’être arrivé au bout De son temps, joué à la roulette La peur de perdre la tête Sans avoir été prévenu…
La peur de passer à côté de soi Avec son talent dans ses bagages La peur de manquer de courage Pour laisser parler le miroir
La peur a pris la parole Et gueule à tout rompre Au-dessus de la vie La peur est une maladie Que les mères portent dans leur ventre La peur a tué le bonheur La peur a tué le bonheur!
Paroles _ Denis Girard Musique _ Daniel Loiselle Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle
Laisse-moi parler sans me mentir Sans tenter d'ouvrir Un chemin jusqu'à toi Laisse-moi parler sans rien expliquer Sans recommencer les mots d'autrefois
Laisse-moi simplement te regarder Laisse-moi un peu jaser Du regard et du bout des doigts Y'a tant de choses que tu racontes comme ça
Laisse-moi baiser ton front Et tes cheveux et le creux de ta main Laisse-moi dessiner un peu de paix Et de silence autour de toi
Comment ferons-nous pour nous retrouver Au-delà de toutes ces idées Des projets et des chemins étroits J'entends déjà l'horloge gronder
Laisse-moi fermer la TV Il y a tant de choses entre toi et moi Laisse-moi brûler le passé Il y a tant de roses entre toi et moi
Il faut vite nous dénuder Sans rien dire qu'on ne comprendrait pas Laisse-toi tout oublier Tes trophées et tes monstres là-bas
Laisse-toi imaginer l'été Et un homme qui me ressemblera Laisse-toi préparer un diner Le corps dénudé et le coeur en émoi
Laisse l'amour s'inviter Et nous parler tout bas Laisse-moi, laisse-toi Laisse-moi
Paroles _ Denis Girard Musique _ Daniel Loiselle Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle
J’aimerais tant te dire Que je t’ai choisie Toi si belle, si rouge J’aimais te sentir à mon bras J’aimais te goûter de ma bouche Mais toujours nos deux corps Comme une maison condamnée Se refusaient l’entrée
Comment fait-on pour t’aimer Je n’ai jamais su Et je te perds et tu me quittes Pour toujours On m’a déjà abandonné Plus d’une fois, j’ai marché Dans la ville Sans trouver mon chemin Moi l’éternel orphelin L’enfant au regard d’argile Est-ce mon destin De ne plus savoir où aller D’être rejeté Comme un mauvais fruit
Karma, Karma Ce que tu fais te sera remis Karma, Karma Tu es ton propre ennemi Dans le temps et dans l’espace C’est ton passé qui te poursuit
Maintenant c’est toi Qui me refuses l’amour Tu me quittes au point du jour Qui doucement brûle l’espace Tu me préfères un étranger Un ténébreux, un naufragé Je cède la place
C’est la centième fois Une de trop Je pleure plus qu’il ne faut Je n’ai plus rien à perdre
Tu as les yeux de ma mère Ombrageux qui ont souffert Je suis la source de tes larmes Je pars sans rien demander
Vivre toujours les mains tendues Le coeur mis à nu Écorché de l’amour J’ai quêté tes faveurs Sans-abri de coeur Je traîne dans tout mon corps Le bol vide de mon âme
Karma, Karma Ça ne peut plus continuer Karma, Karma Qui ai-je abandonné Où est l’enfant assassiné Qui réclame ma tête?
Paroles _ Denis Girard Musique _ René Béchard Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle
Ils sont perdus les hommes que l’amour a brisés Soudain en un instant, le soleil a crevé Leurs femmes et leurs enfants sont partis un matin Et la terre lentement a cessé de tourner
Il avait mil’ fois fait l’amour et tout donné à chaque jour Le travail lui volait les jours la nuit lui redonnait la foi Il menait la bel’ vie des rois, les voyages au bout de l’été Les enfants le troublaient parfois l’amour venait tout arranger
Il marchait sur un fil étroit, noué de soie et de désir Les mots se cassaient dans sa voix la laideur venait l’envahir Le vin ne chantait plus la joie la gêne la faisait rougir Ses grand’ mains ne la touchaient plus la nuit s’étirait en soupirs
Ils sont perdus les hommes que l’amour a brisés Ils sont tous impotents ivrognes ou détraqués Ils ont tué leurs enfants leur femme leur bien-aimée Ils se pendent en riant pour tenter d’oublier
Paroles _ Denis Girard Musique _ Daniel Loiselle Arrangements _ René Béchard, Paulin Lacroix, Daniel Loiselle
Je suis né à Babylone Une place où plus personne Ne se parle ni ne se fait l’amour Juste une loi, c’est l’horaire T’as des choses à faire Alors fais-les
Dans les rues la cadence Du matin qui lance Les quarts de travail Chacun sa routine Marche l’homme-usine Vers le profit et le succès
Moi je ne comprends rien Je fais semblant de rien Je fais mon boulot Comme il le faut J’essaie de comprendre Pourquoi on recommence Cette roue qui danse Et nous fait marcher au pas
Pourtant la mort ricane Cachée dans la savane À tous les détours du chemin Elle nous dit les secondes Et sa faux qui gronde Cherche mon cou et le tien !
Ce soir dans Babylone Une jeune personne A décidé de tout plaquer Elle a coupé son téléphone Et le cadran qui sonne Ne trouble plus son sommeil
Elle a mis les voiles Ailleurs vers une étoile Et son vaisseau C’est son cœur Elle hurle à la lune Et rêve d’amour Elle hurle à la lune Et rêve d’amour
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Des bonbons pour les fous présente les textes et chansons de Denis Girard.
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